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En République démocratique du Congo il faut des actes, pas des paroles

La contribution de l'Organisation des Nations unies à la protection des civils en République démocratique du Congo (RDC) n'est pas suffisante, déclare Amnesty International. Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a demandé qu'il soit mis fin aux atteintes aux droits humains dans ce pays, mais Amnesty International est préoccupée par le fait qu'il n'a pris aucune mesure concrète en ce sens. « Nous regrettons qu'après avoir dépensé tant de temps et d'énergie pour parvenir à un accord sur ces déclarations politiques importantes, le Conseil n'ait pas trouvé le courage politique ni la communauté de vues qui lui auraient permis d'adopter des mesures pour mettre en pratique ces décisions », a déclaré Peter Splinter du bureau d'Amnesty International à Genève. Le Conseil des droits de l'homme a adopté à l'unanimité une résolution exprimant sa préoccupation devant la détérioration de la situation dans le Nord-Kivu. Il a condamné les actes de violence et les atteintes aux droits humains qui y ont été commis et a souligné combien il est important que tous les auteurs soient traduits en justice. Cependant, la résolution ne contient aucune mesure pratique de lutte contre l'impunité. Le Conseil n'a pas fait état de la nécessité pour le gouvernement et la communauté internationale d'achever rapidement la remise sur pied et la réforme de la justice et des services de maintien de l'ordre en RDC. Il n'a rien dit non plus sur la mise en place d'un processus indépendant de contrôle pour exclure des forces de sécurité les individus raisonnablement soupçonnés de crimes relevant du droit international ou d'autres atteintes aux droits humains. Le Conseil n'a pas offert de soutenir la Cour pénale internationale dans sa lutte contre l'impunité ni le gouvernement de la RDC dans sa coopération avec la Cour à cet égard. « Les manœuvres politiques, qui n'avaient rien à voir avec la situation des droits humains dans l'est de la RDC, ont une fois de plus empêché le Conseil des droits de l'homme de se montrer à la hauteur de son potentiel en matière de protection des victimes de violations des droits humains, a ajouté Peter Splinter. « Une fois encore, la majorité des membres du Conseil se sont contentés d'assister en silence à la lutte acharnée entre le Groupe africain et l'Union européenne, au lieu de contribuer activement à la recherche d'une solution rendue nécessaire par la gravité de la situation. » Amnesty International s'est félicitée de ce que le Conseil a insisté sur la nécessité de renforcer le mandat de la MONUC ; l'organisation estime cependant qu'il aurait dû recommander une consolidation de la composante « droits humains » de la mission, et en particulier le déploiement d'un plus grand nombre d'observateurs. Le Conseil n'a rien fait pour faire en sorte que les efforts déployés par l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Olusegun Obasanjo, s'accompagnent aussi d'un examen attentif de la situation dans le domaine des droits humains. « En demandant à des spécialistes des droits humains déjà submergés de le tenir informé de l'évolution de la situation dans le cadre d'une procédure de suivi fragile, le Conseil a pratiquement choisi de fermer les yeux », a déclaré Peter Splinter. Le Conseil aurait plutôt dû mettre en place une structure chargée d'enquêter sur la situation des droits humains dans cette région et d'en faire rapport au Conseil lui-même et à d'autres instances des Nations unies. « Il est temps que l'ensemble des membres du Conseil des droits de l'homme assument la responsabilité qui est la leur de mettre fin aux situations de violations flagrantes et massives des droits humains. Les demi-mesures qu'ils offrent aujourd'hui à la population de l'est de la RDC sont insuffisantes. »