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République démocratique du Congo : crise provoquée par l'accès à des armes

Des affrontements entre des groupes lourdement armés et les forces gouvernementales dans la région du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), ont contraint près de 300 000 personnes à s'enfuir. Des millions de personnes sont mortes au cours des dix dernières années. Malgré l'embargo sur les armes mis en place par les Nations unies depuis plusieurs années, des groupes armés ont réussi à obtenir des armes, des munitions, des équipements militaires ainsi que d'autres fournitures. Ainsi armés, ils ont commis des crimes de guerre et infligé aux civils de nombreuses atteintes aux droits humains. L'armée congolaise est également responsable d'un grand nombre de violations des droits humains. Parmi la population du Nord-Kivu, une personne sur quatre est à présent déplacée. Amnesty International et des dizaines d'autres organisations ont appelé les Nations unies à renforcer l'embargo sur les armes s'appliquant à la RDC. Dans une lettre ouverte adressée au Conseil de sécurité de l'ONU, qui se réunit aujourd'hui pour discuter des termes de l'embargo, les organisations soulignent qu'en RDC les civils continuent d'être quotidiennement victimes de terribles violences, notamment d'homicides, de viols et d'autres graves violations des droits humains, en raison de la prolifération des armes et des munitions. La lettre ouverte insiste sur l'absence de toute procédure qui permettrait à la MONUC, la force de maintien de la paix des Nations unies, de veiller à ce que les équipements militaires soient convenablement protégés, distribués, entreposés et utilisés par des unités identifiées des forces armées, lorsque des armes entrent en RDC. La lettre ouverte appelle le Conseil de sécurité de l'ONU à étendre l'embargo sur les armes à toute la RDC, avec de rares exceptions, ou tout au moins à appliquer cinq recommandations spécifiques portant sur l'amélioration du suivi des armes sous la supervision de la MONUC, afin d'empêcher que ces armes ne soient détournées. Les organisations exhortent le Conseil à inviter la communauté internationale à prendre d'urgence des mesures destinées à répondre aux insuffisances du gouvernement de la RDC, qui ne progresse pas dans la professionnalisation de ses forces de sécurité et la sécurisation de ses stocks d'armes. Enfin, la lettre ouverte appelle également les États membres de l'ONU non seulement à s'en remettre aux embargos sur les armes mais aussi à coopérer en vue de mettre en place au plus vite un traité sur le commerce des armes fondé sur les principes de la Charte des Nations unies et sur le droit international relatif aux droits humains. L'Assemblée générale de l'ONU doit la semaine prochaine voter au sujet de la poursuite du processus d'élaboration d'un traité sur le commerce des armes.