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Le système de santé zimbabwéen en plein chaos

Alors que les partis politiques zimbabwéens se querellent sur la forme que doit prendre le prochain gouvernement, le système de santé du pays est au bord de la désintégration totale. Neuf des dix provinces du pays sont touchées par le choléra, et les principaux hôpitaux ne prennent pas en charge les personnes qui en ont besoin. Les grands hôpitaux chargés de l'accueil et de l'orientation des malades, notamment l'hôpital central d'Harare, l'hôpital de Parirenyatwa et l'hôpital de Bulawayo, ne fonctionnent pratiquement plus. Certains services ont même été fermés. Deux maternités publiques de l'agglomération d'Harare sont fermées. Un grand nombre d'hôpitaux de district et de dispensaires municipaux fonctionnent au minimum de leur capacité, ou sont eux aussi fermés. Le 17 novembre, la faculté de médecine de l'université du Zimbabwe a fermé pour une durée indéterminée. La pénurie de médicaments et de matériel médical, le délabrement des infrastructures, le mauvais état des équipements et la fuite des cerveaux paralysent le système, privant la population de la possibilité de recevoir les soins les plus élémentaires. Quelque 3 000 femmes accouchent chaque mois dans les hôpitaux publics d'Harare. Entre 250 et 300 d'entre elles ont besoin d'une césarienne en urgence. Les maternités de l'hôpital d'Harare et de l'hôpital de Parirenyatwa ayant fermé, de nombreuses femmes démunies ne peuvent bénéficier de cette intervention. La plupart des hôpitaux privés facturent désormais leurs services en dollars des États-Unis, ce qui les rend de fait inaccessibles pour la majorité de la population. L'épidémie de choléra est à l'origine de centaines de morts que l'on pourrait éviter. Selon le Herald, journal qui appartient au pouvoir en place, 45 personnes sont mortes du choléra au cours des sept derniers jours dans le district de Beitbridge, dans la province du Matabeleland (sud du pays). L'épidémie ne peut être maîtrisée en raison de la pénurie d'eau potable et de l'extrême détérioration des systèmes d'assainissement, qui laisse de nombreux habitants vivre au milieu des eaux usées. Selon certaines informations, des policiers antiémeutes lourdement armés ont empêché, le 18 novembre, un groupe de professionnels de la santé de remettre une pétition au ministre de la Santé et de la Protection de l'enfance. Ces personnes voulaient demander au gouvernement de prendre des mesures d'urgence afin de restaurer une offre de soins abordables pour tous. Elles ont donc été contraintes d'exprimer leur mécontentement dans l'enceinte de l'hôpital de Parirenyatwa. La police a pénétré sur les lieux au bout de quatre heures et dispersé les personnes présentes, frappant plusieurs manifestants. « Amnesty International constate avec inquiétude que les responsables politiques du Zimbabwe continuent de se livrer à leur manège politicien alors même que le pays est en train de se désintégrer, a déclaré Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique d'Amnesty International. Des dizaines de Zimbabwéens meurent tous les jours de maladies évitables pendant que ces responsables s'intéressent davantage à leurs problèmes qu'aux souffrances de la population. C'est tout simplement tragique. »