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Nicaragua : déchaînement de la violence politique

Au Nicaragua, on a assisté à la suite des élections municipales à un déchaînement incontrôlé de la violence entre les sympathisants de partis adverses. Le 18 novembre, des centaines de sympathisants du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) et du Parti libéral constitutionnaliste (PLC), dans l’opposition, se sont affrontés dans les rues de Managua. Ils ont utilisé des bâtons, des pierres, des mortiers artisanaux, des fusils et des machettes. De nombreuses personnes ont été blessées, mais on ne dispose pas de chiffres officiels concernant le nombre de victimes. Le PLC a refusé d’accepter les résultats publiés jusqu’à maintenant, qui attribuent la majorité des sièges municipaux au FSLN, y compris le poste de maire de Managua. Les affrontements ont été attisés par des accusations de fraude électorale. « Les partis politiques doivent condamner plus fermement les actes de violence de leurs sympathisants et chercher une solution négociée aux différends électoraux, a déclaré Kerrie Howard, directrice adjointe du programme Amériques d’Amnesty International. Le parti du gouvernement, du fait qu’il se doit de protéger ses citoyens, a une responsabilité particulière : il faut qu’il lance un appel au calme, notamment auprès de ses propres sympathisants. » Au cours des jours qui ont précédé les élections du 9 novembre, des actes de violence sporadiques impliquant des sympathisants des deux principaux partis politiques du pays ont secoué la capitale, Managua, ainsi que d’autres villes. Les tensions étaient déjà très vives avant les élections, en partie en raison du refus du gouvernement d’autoriser la présence d'observateurs locaux et internationaux pour ce scrutin. Des journalistes ayant couvert ces événements ont également été pris pour cibles. Selon des informations transmises par les médias, au moins 20 journalistes ont été agressés, et cinq stations de radio indépendantes ont été attaquées. « La presse devrait pouvoir rendre compte des élections sans craindre de représailles. Elle ne doit pas être prise pour cible dans ce contexte difficile de violence politique, a ajouté Kerrie Howard. « La crédibilité du gouvernement est en jeu : les personnes au pouvoir et ceux qui les soutiennent doivent garder présente à l’esprit l’obligation qu’ils ont de respecter le principe de primauté de la loi et les droits humains, et faire en conséquence le nécessaire pour éviter toute escalade de la violence. »