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Des militantes du Zimbabwe battues, arrêtées et placées en détention

Les dirigeantes de l'un des principaux mouvements militants du Zimbabwe ont été placées en détention provisoire par les tribunaux de Bulawayo depuis le vendredi 17 octobre. Jenni Williams et Magodonga Mahlangu, de Women of Zimbabwe Arise (WOZA, Femmes du Zimbabwe, debout !), avaient été arrêtées le jeudi à Bulawayo après avoir dirigé une manifestation pacifique rassemblant 200 militants, qui exigeaient un accès immédiat à l'aide alimentaire au Zimbabwe. La police a recouru à une force excessive pour disperser la manifestation. Au cours de l'arrestation, les policiers ont battu Magodonga Mahlangu, qui souffrirait toujours de ce passage à tabac. Neuf militants ont été arrêtés, dont Jenni Williams et Magodonga Mahlangu ; sept ont été relâchés le jour même. Jenni Williams et Magodonga Mahlangu ont été détenues au commissariat central de Bulawayo, puis sont passées devant le tribunal le vendredi matin. Toute possibilité d'être libérées sous caution leur a été refusée. Elles resteront en détention provisoire jusqu'à mardi, date de leur nouvelle comparution. Elles ont été accusées d'avoir « porté atteinte à la paix, à la sécurité ou à l'ordre public » au titre de la section 37 de la Loi relative à la codification et à la réforme du droit pénal. Amnesty International a demandé aux autorités zimbabwéennes la libération immédiate et sans condition de Jenni Williams et Magodonga Mahlangu, étant donné qu'elles sont détenues uniquement pour avoir exercé de manière pacifique leur droit à la liberté d'association et de réunion. L'organisation a également exprimé ses préoccupations pour la sécurité de ces femmes, au vu du lourd passif du Zimbabwe en matière de mauvais traitements infligés aux défenseurs des droits humains en détention. « Amnesty International considère Jenni Williams et Magodonga Mahlangu comme des prisonnières d'opinion, a déclaré Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique. Leur arrestation fait partie de la vague de répression du gouvernement zimbabwéen à l'encontre des défenseurs des droits humains qui font campagne pour dénoncer les souffrances de la population. » Jenni Williams et Magodonga Mahlangu avaient déjà été arrêtées en mai 2008. Elle avaient passé trente-sept jours en détention provisoire.