Libération de l’un des plus anciens prisonniers politiques du Myanmar

L’un des plus anciens prisonniers politiques du Myanmar a été libéré en même temps qu’au moins six autres prisonniers d’opinion. U Win Tin – journaliste âgé de soixante-dix-huit ans, dissident bien connu et haut responsable du principal parti d’opposition, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), dirigée par Daw Aung San Suu Kyi –, était emprisonné depuis dix-neuf ans.

Le sort des quelque 2 100 prisonniers politiques toujours maintenus derrière les barreaux au Myanmar demeure toutefois une source d’inquiétude, selon Amnesty International.

« Si la libération d’U Win Tin et des autres détenus est sans conteste la meilleure nouvelle reçue du Myanmar depuis longtemps, ces personnes ne représentent malheureusement qu’à peine un pour cent des prisonniers politiques incarcérés dans le pays, a déclaré Benjamin Zawacki, chercheur d’Amnesty International sur le Myanmar. Ces sept personnes n’auraient jamais dû être emprisonnées et de très nombreux autres détenus devraient aussi être remis en liberté. »

Amnesty International prend note d’informations non confirmées selon lesquelles le gouvernement du Myanmar pourrait accorder la « grâce » à quelque 9 000 prisonniers à l’approche des élections prévues en 2010. On ignore toutefois si ce chiffre englobe des prisonniers politiques.

U Win Tin a refusé d’être gracié par le gouvernement, considérant que l’acceptation de cette grâce aurait signifié qu’il avait été incarcéré pour un motif légitime. D’après certaines informations, il a été libéré sans condition.

« La définition d’un prisonnier d’opinion, comme ceux qui ont été libérés aujourd’hui, correspond exactement au terme qui les désigne : une personne envoyée derrière les barreaux uniquement en raison de ses convictions et des actions pacifiques qu’elle mène au nom de ses convictions, a ajouté Benjamin Zawacki. Ces personnes n’ont rien fait de mal et nous demandons leur libération immédiate et sans condition. »

Les six autres prisonniers d’opinion libérés sont également membres de la NLD, et quatre d’entre eux sont des députés élus lors des élections de 1990 remportées par ce parti. Il s’agit des personnes suivantes :

Daw May Win Myint, âgée de cinquante-huit ans, médecin élue au Parlement, et Than Nyein, âgé de soixante et onze ans, médecin lui aussi élu au Parlement, ont été incarcérés en 1997 pour avoir organisé un rassemblement de la NLD. Leurs condamnations initiales ont été prolongées à plusieurs reprises depuis 2004 et ils souffrent tous deux de problèmes de santé ;
Win Htein, âgé de soixante-six ans, proche collaborateur de la dirigeante de la NLD, Daw Aung San Suu Kyi, a été emprisonné en 1996 pour avoir, entre autres, aidé des paysans et des membres de la NLD à rassembler des statistiques sur l’agriculture. Il a été détenu à l’isolement et souffre de nombreux problèmes de santé, notamment d’hypertension et de troubles cardiaques ;
Aung Soe Myint Oo, député élu de la NLD, a été condamné en août 2003 à sept ans d’emprisonnement pour « possession d’une moto sans permis ». Cependant, de l’avis général, il a été pris pour cible en raison de ses activités politiques ;
U Khin Maung Swe, âgé de soixante-six ans, élu au Parlement sous l’étiquette NLD, a été condamné en août 1994 à une peine de sept années d’emprisonnement ;
U Than Naing, lui aussi membre de la NLD.

« Nous nous réjouissons de la libération de ces sept prisonniers politiques. Mais ce geste n’est pas une fin en soi, et ne saurait être considéré ainsi. Ce n’est qu’un début », a souligné Benjamin Zawacki.

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