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Le nouveau président du Pakistan doit améliorer la situation des droits humains

Asif Ali Zardari, le nouveau président du Pakistan, ayant procédé à sa prestation de serment, le gouvernement pakistanais doit maintenant agir sans délai pour renverser le bilan du pays en matière de droits humains. Amnesty International a instamment prié Asif Ali Zardari et le gouvernement de son parti de : dévoiler ce que sont devenues les centaines de personnes qui ont été victimes de disparitions forcées ; réintégrer dans leurs fonctions tous les juges que l’ancien président Pervez Musharraf avait illégalement suspendus en novembre 2007 ; commuer les peines de mort auxquelles ont été condamnées plus de 7 000 personnes ; protéger les civils dans les zones tribales du Pakistan. « Le gouvernement s’est engagé à se pencher sur les épreuves qu’endurent de nombreuses familles de "disparus" en dressant et en rendant publique une liste de toutes les personnes détenues par les autorités, a déclaré Sam Zarifi, le directeur d’Amnesty International pour la région Asie et Océanie, et il n’a aucune excuse pour reporter à plus tard la tenue de ses engagements. » Amnesty International a également déclaré qu’en l’absence d’un appareil judiciaire efficace et indépendant la situation en matière de droits humains resterait sombre. « Pour que l’indépendance du système judiciaire soit garantie, les juges doivent nécessairement être réintégrés dans leurs fonctions, a déclaré Sam Zarifi. Les juges sont mieux placés que quiconque pour contester les politiques suivies en matière de droits humains, faire abroger des mauvaises lois et protéger les personnes contre les atteintes à leurs droits. Sans un appareil judiciaire efficace et indépendant, la situation en matière de droits humains restera sombre au Pakistan. » L’organisation a également rappelé au nouveau président que son parti et le premier ministre se sont engagés à commuer les condamnations à mort des personnes actuellement en attente d’exécution et dont le nombre s’élève à plus de 7 000 – il s’agirait là de la plus importante commutation de peine collective de notre époque. Ce serait un premier pas vers un moratoire général sur la peine de mort et, à terme, vers son abolition. Dans le dernier point de la déclaration, Amnesty International dit comprendre la légitimité des préoccupations du gouvernement pakistanais en matière de sécurité dans certaines zones tribales du pays. Elle n’en insiste pas moins auprès du nouveau président pour que les opérations des forces de sécurité aient pour objectif de protéger la vie des civils. Ces opérations, ainsi que les actions des militants, ont occasionné le déplacement de plusieurs centaines de milliers de personnes à l’intérieur du pays et causé la mort de nombreux civils. Asif Ali Zardari a été élu à la présidence du Pakistan le 6 septembre. L’ancien président, Pervez Musharraf, avait démissionné le 18 août après que le nouveau gouvernement l’eut menacé d’une procédure de destitution. Asif Ali Zardari est le veuf de l’ancienne Première ministre Benazir Bhutto, assassinée le 7 décembre 2007. Après sa mort, il a été nommé à la tête du Parti du peuple pakistanais (PPP).