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Zimbabwe : l’accord de partage du pouvoir doit être clarifié

Robert Mugabe, le président du Zimbabwe, a signé un accord de partage du pouvoir avec Morgan Tsvangirai et Arthur Mutambara, les dirigeants de deux formations du Mouvement pour le changement démocratique (MDC). Cet accord doit faciliter la création d’un gouvernement de coalition chargé de mettre un terme à la crise qui sévit dans le pays depuis 2000. L'intégralité de l’accord n'a pas encore été rendue publique. Amnesty International a déclaré que la validité de cet accord serait considérablement compromise s’il incluait des mesures d’amnistie ou de grâce qui empêcheraient que les auteurs de violations des droits humains soient jugés, que la vérité soit mise au jour et que les victimes bénéficient de réparations. « Aucune entente ne devrait être conclue qui empêcherait l'émergence de la vérité, et les responsables des violations flagrantes des droits humains qui ont été commises doivent être déférés à la justice », a déclaré Simeon Mawanza, spécialiste d’Amnesty International sur le Zimbabwe, de retour récemment de ce pays où il a rencontré des victimes de violences cautionnées par l’État. « Les victimes de violations des droits humains demandent justice pour les crimes qu'elles ont subis, et la justice leur est due. Ce serait une grande trahison pour ces victimes si les autorités nationales, régionales et internationales apportaient leur soutien à une amnistie pour les auteurs de violations des droits humains. » Simeon Mawanza a ajouté que le Zimbabwe avait des obligations très claires aux termes du droit international et qu'il se devait de les honorer, en particulier à ce stade crucial de son histoire. « Toute solution durable à la crise que connaît le Zimbabwe doit se fonder sur le respect et la protection des droits humains », a conclu Simeon Mawanza.