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En Corée du Sud, des manifestants signalent que la police recourt à une force excessive

Amnesty International a reçu des informations signalant qu’en Corée du Sud la police avait recouru à une force excessive contre des manifestants qui dénonçaient la reprise des importations de bœuf américain. Plus de 300 personnes ont été arrêtées au cours des manifestations silencieuses éclairées à la bougie organisées le 31 mai et le 1er juin. La police a utilisé à faible distance contre les manifestants, qui protestaient pacifiquement pour la plupart, des extincteurs et des cannons à eau, causant ainsi de graves blessures, notamment des fractures osseuses et des commotions cérébrales. Des personnes ont aussi perdu la vue. Amnesty International a reçu des centaines de rapports signalant que la police antiémeute avait arrêté massivement et arbitrairement tous ceux qu’elle avait pu appréhender, y compris des personnes qui manifestaient pacifiquement, des spectateurs et de simples passants. Plusieurs d’entre eux ont fait état de violences policières commises pendant et après les arrestations. Parmi les personnes battues et arrêtées figure un jeune homme âgé de vingt-sept ans. Les policiers lui ont asséné des coups de pied et l’ont frappé avec leur matraque et leur bouclier. Le directeur de la section sud-coréenne d’Amnesty International, Kim Hee-Jin, lui a rendu visite au poste de police de Hyehwa le 2 juin et a constaté que son visage était tuméfié et qu'il avait des coupures et des éraflures sur le visage et sur les bras. Il souffrait de maux de tête et de douleurs dans la poitrine à cause des coups qu’il avait reçus. Au cours des quarante-huit heures qu’a duré sa détention, la police ne lui a fourni aucun soin médical malgré ses blessures et alors qu’il était évident qu’il souffrait. Amnesty International a demandé aux autorités sud-coréennes d'enquêter immédiatement sur les cas de recours excessifs à la force qui ont été signalés. « Le fait que la police ait recouru à la violence a suscité la colère des manifestants pacifiques et augmenté la possibilité de voir la violence se développer, a déclaré Norma Kang Muico, chargée des recherches sur la Corée à Amnesty International. Le gouvernement devrait mettre à profit l’anniversaire des manifestations de 1987 pour faire la preuve de son engagement en faveur des droits humains et des principes du droit. » L’organisation a également exhorté les autorités à garantir la sécurité des personnes lors des prochaines manifestations. De nouvelles violences et arrestations sont à redouter avec le rassemblement du 10 juin marquant l'anniversaire du soulèvement de 1987 qui a conduit à des élections libres et à des réformes politiques. Depuis le début du mois de mai, des dizaines de milliers de manifestants ont protesté contre la reprise des importations de bœuf américain en raison d’inquiétudes sanitaires liées à la maladie de la vache folle (encéphalopathie spongiforme bovine).