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Appel à la retenue à la suite des affrontements au Liban

Au moins 62 personnes ont été tuées et 198 blessées dans les affrontements armés qui ont eu lieu au Liban entre des groupes d’opposition dirigés par le Hezbollah et des forces soutenant le gouvernement, d’après des sources officielles. Les combats ont éclaté à Beyrouth, la capitale, mercredi 7 mai et se sont peu à peu propagés dans d'autres régions du pays. Amnesty International a appelé les dirigeants politiques au Liban à ordonner clairement à leurs sympathisants de respecter pleinement les droits humains et de ne pas mener dans des secteurs densément peuplés des attaques inconsidérées mettant en danger des civils non impliqués dans les affrontements. « Ils doivent également veiller à ce que toute personne placée en détention sous leur responsabilité soit traitée humainement et ne soit pas soumise à des actes de torture ou à d’autres mauvais traitements », a ajouté l’organisation. Les affrontements ont commencé après que le gouvernement eut décidé de fermer le réseau de télécommunications du Hezbollah et de démettre de ses fonctions le chef de la sécurité de l’aéroport de Beyrouth, sympathisant de ce mouvement. Une femme de soixante ans et son fils de trente-trois ans ont été tués vendredi alors qu’ils tentaient de fuir le quartier de Ras al Naba, à Beyrouth. Leur voiture a été touchée par une grenade autopropulsée puis par les tirs en rafale d’hommes armés. Le même jour, dans le quartier al Nwairi de Beyrouth, deux autres fils de cette femme ont été grièvement blessés par un groupe d’hommes armés qui leur ont tiré dans le dos. Ils étaient en route pour tenter de savoir ce qui était arrivé à leur mère et à leur frère. Selon des informations diffusées par les médias, le 10 mai, dans le secteur de Tariq al Jdide, à Beyrouth, deux civils ont été tués lors des funérailles d’un partisan du gouvernement assassiné. Le Hezbollah a annoncé dimanche que trois de ses membres avaient été enlevés à Aley, près de Beyrouth, par des membres du Parti socialiste progressiste (PSP) pro-gouvernemental, et que les corps de deux des hommes avaient été retrouvés. Walid Joumblatt, le dirigeant du PSP, a reconnu que trois hommes du Hezbollah avaient été tués, et a déclaré que si les informations selon lesquelles les hommes avaient été torturés avant d’être abattus se révélaient exactes, il en assumerait la responsabilité. Dans une déclaration rendue publique mardi, Amnesty International a appelé les autorités libanaises à veiller à ce que des enquêtes en bonne et due forme soient menées sur les homicides et toutes les autres violences perpétrés contre des personnes non impliquées dans les affrontements armés. « Les dirigeants politiques doivent veiller à ce que tous ceux qui, dans leurs rangs, sont soupçonnés d’avoir commis des atteintes aux droits humains soient remis aux autorités judiciaires compétentes afin qu’une enquête soit menée et qu’ils soient jugés dans le cadre de procès pleinement conformes aux normes internationales relatives aux droits humains », a déclaré l’organisation. Amnesty International a également exhorté les représentants des États arabes, qui doivent se réunir à Beyrouth ce mercredi afin de discuter de la situation, à faire pression sur toutes les parties impliquées pour qu’elles mettent fin aux atteintes aux droits humains et fassent en sorte que la population civile soit épargnée.