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Ouverture au Guatémala d’un procès pour disparition forcée

C’est la première fois, au Guatémala, que s’ouvre un procès pour des cas de disparition forcée. Les audiences ont débuté la semaine dernière. Felipe Cusanero, un ancien paramilitaire, a été accusé le lundi 10 mars d’avoir participé, avec la complicité de l’armée, à la disparition forcée de six civils. Cet homme est soupçonné d’avoir fait « disparaître » Lorenzo Ávila, Alejo Culajay, Filomena López, Encarnación López, Santiago Sutuj et Mario Tay entre novembre 1982 et octobre 1984. Les poursuites judiciaires ont commencé en 2003, lorsque six habitants du village de Choatalum ont porté plainte contre Felipe Cusanero auprès du bureau du procureur de Chimaltenango. Selon des informations réunies en 1999 par la Commission pour la clarification historique, mise en place sous l’égide de l’ONU, Choatalum, un petit village de la municipalité de San Marin Jilotepeque, a été le théâtre de nombreuses violations des droits humains au cours du conflit armé qui a déchiré le pays. Le terme « disparition forcée » désigne un enlèvement commis avec le soutien de l’État ; de plus, on ignore où se trouve la victime et ce qu’il est advenu d’elle. D’après les estimations, le conflit armé interne qui a débuté en 1960 a fait près de 200 000 morts, ce chiffre incluant quelque 45 000 « disparitions ». Les hostilités ont pris fin avec l’accord de paix conclu en 1996.