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La police s’en prend à des manifestants au Népal

La police népalaise a recours à une force excessive et meurtrière contre les membres de la communauté madheshi qui manifestent actuellement. Mardi, elle aurait tiré sur un groupe de manifestants dans le district de Sirha (région du Terai), tuant une personne de vingt-deux ans. Amnesty International a appelé la police népalaise et la Force de police armée à utiliser la force uniquement lorsque cela est absolument nécessaire pour sauver des vies. « Nous sommes bien conscients de ce que la police népalaise essaie de contenir ce qui, dans certains cas, s’est transformé en un mouvement de protestation violent. Cependant, en tirant à balles réelles sur la foule et en frappant les manifestants après leur arrestation, la police est allée au-delà d'un recours à la force acceptable dans des situations telles que celle-ci, a déclaré Tim Parritt, directeur adjoint du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International. « La police a fait preuve, à l’occasion, de modération face à des manifestants qui jetaient des pierres, mais dans d’autres cas elle semble avoir fait un usage disproportionné et excessif de la force alors que le ministère de l'Intérieur a donné l’assurance que les forces de sécurité avaient reçu comme instruction d’exercer le maximum de retenue. » Aux termes des normes internationales, les responsables de l’application des lois sont tenus autant que possible d’utiliser des méthodes non violentes avant d’avoir recours à la force et aux armes à feu. Lorsque le recours à de tels moyens se révèle inévitable, les responsables de l’application des lois doivent user de la force ou des armes à feu avec modération et leur action doit être proportionnelle à la gravité de l'infraction et à l'objectif légitime à atteindre, comme le prévoient les Principes de base des Nations unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois (Principe 5). Le gouvernement doit immédiatement donner pour instruction claire à la police d’avoir recours à une force proportionnée. Une enquête indépendante et impartiale sur l’homicide et les coups imputables à la police doit par ailleurs être menée, et tout policier soupçonné d’avoir utilisé une force excessive contre les manifestants doit être poursuivi. Amnesty International a appelé les organisations à l’origine des manifestations, notamment le Front madheshi démocratique uni, à veiller à ce que leurs membres et leurs sympathisants fassent preuve de retenue et se montrent responsables dans l'exercice de leur droit de manifester pacifiquement.