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Les affirmations de la France sur les opposants tchadiens disparus sont mises en doute

Amnesty International a reçu des informations prouvant que le gouvernement français était au courant dès le 11 février du lieu où se trouvaient les trois figures de l’opposition tchadienne arrêtées, alors qu’il avait nié publiquement détenir de telles informations. Cette révélation intervient au moment où le président français Nicolas Sarkozy se prépare à rendre visite au président tchadien Idriss Déby à N’Djamena. La capitale assiégée est toujours sous état d’urgence depuis les affrontements avec les groupes d’opposition armés qui ont fait rage au début du mois. Les trois figures de l’opposition – Lol Mahamat Choua, Ngarlejy Yorongar et Ibni Oumar Mahamat Saleh – ont « disparu » le 3 février à N’Djamena alors que les forces de l’opposition armée entraient dans la capitale. Les autorités françaises avaient alors affirmé ne disposer d’aucune information sur le lieu où se trouvaient ces hommes. Or, Amnesty International a consulté aujourd’hui une correspondance privée qui révèle que la France savait à ce moment-là que les trois hommes avaient été arrêtés par des agents des forces de sécurité tchadiennes et qu’ils étaient détenus à la Direction des renseignements généraux, à N’Djamena. Lol Mahamat Choua est maintenant en résidence surveillée, mais on ignore ce que sont devenus Ngarlejy Yorongar et Ibni Oumar Mahamat Saleh. « Le gouvernement français doit immédiatement rendre publiques toutes les informations dont il dispose sur la situation de ces deux hommes, a déclaré Tawanda Hondora, directeur adjoint du programme Afrique d’Amnesty International. « Ces hommes risquent fortement d’être torturés. Le gouvernement français ne devrait pas occulter les excès du gouvernement tchadien, quelles que soient les ententes conclues entre les deux pays. « Lorsqu’il rencontrera le président Idriss Déby, Nicolas Sarkozy devra demander très clairement aux autorités tchadiennes d’indiquer où se trouvent ces deux hommes ; il devra les prier instamment de les inculper ou de les libérer immédiatement. » Amnesty International a également demandé au gouvernement tchadien de cesser d’arrêter systématiquement les sympathisants avérés ou supposés des groupes d’opposition.