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Donner les moyens d’agir aux populations pauvres du Bangladesh

Amnesty International a rencontré une organisation non gouvernementale importante au Bangladesh afin d’en savoir plus sur la manière dont les personnes démunies s’organisent pour vaincre la pauvreté, les inégalités de genre et l’analphabétisme. Dimanche, les délégués d’Amnesty International ont visité des projets menés par l’organisation de développement international BRAC à Tangail et à Rajshahi, dans le nord du Bangladesh. Ils ont rencontré des femmes lors d’une réunion sur le microfinancement de villages, ont assisté à un cours d’éducation aux droits humains pour les femmes et se sont rendus dans une école primaire et dans un centre de santé maternelle. Ils ont pu constater sur le terrain que la participation active des catégories pauvres contribue à renforcer les droits économiques et sociaux des populations rurales marginalisées. À Rajshahi, Amnesty International a rencontré des victimes de violences commises par le groupe islamiste Assemblée des combattants du Bangladesh (JMB). Un grand nombre d’entre elles ont expliqué qu’elles n’avaient reçu aucune indemnisation et qu’elles ne pouvaient pas rentrer chez elles; dans certains cas, leur habitation a été détruite. Malgré les mesures prises par les autorités contre certains dirigeants du JMB, les victimes disent continuer à craindre pour leur sécurité car les cadres et responsables de ce groupe qui ont collaboré avec les pouvoirs publics se déplacent librement dans les environs. La délégation a également rencontré des professeurs de l’université de Rajshahi qui ont été poursuivis en justice, condamnés puis graciés par le chef de l’État après avoir été arrêtés en août 2007. On leur reprochait d’avoir incité les étudiants à manifester contre le gouvernement. Pour Amnesty International, ces poursuites judiciaires étaient motivées par des considérations politiques et s’appuyaient sur des preuves insuffisantes et infondées. Les intéressés ont déclaré qu’ils allaient faire appel, estimant que la mesure de grâce n’était pas suffisante. Amnesty International est d’avis qu’un acquittement constituerait l’issue la plus équitable et demande au gouvernement de ne pas s’opposer à un appel.