Une manifestation marque la visite de Pervez Musharraf à Londres

Un groupe de personnes a manifesté samedi 26 janvier à Londres pour réagir à la visite du président pakistanais Pervez Musharraf. Une quarantaine de personnes, dont certaines portaient des masques représentant le chef de l’État, se sont réunies devant le bureau du Premier ministre britannique, au 10 Downing Street, pour exprimer leurs critiques concernant le bilan de Pervez Musharraf en matière de droits humains. La manifestation, organisée par Amnesty International, s’est déroulée avant une réunion prévue entre le président pakistanais et le Premier ministre britannique, Gordon Brown, dans le cadre de la tournée européenne de Pervez Musharraf. Les manifestants d’Amnesty International ont été rejoints par d’éminents avocats britanniques et pakistanais de la Law Society, de la Society of Asian Lawyers et du Solicitors’ International Human Rights Group. Ils ont brandi des affiches avec des slogans tels que « Gordon, évitons de parler des droits humains », « Quelques atteintes aux droits humains ne m’ont jamais fait de mal » ou « Gordon, je ne me laisse jamais embêter par les problèmes politiques… je les mets en prison ». Lors du récent état d’urgence, des milliers d’avocats et de militants politiques ont été arrêtés au Pakistan. Le 27 novembre 2007, le gouvernement a reconnu avoir libéré 5 748 personnes qui avaient été arrêtées pendant l’état d’urgence, dont un bon nombre d’avocats, de défenseurs des droits humains, de journalistes et de militants politiques. Les propres conclusions d’Amnesty International indiquent que le véritable nombre était nettement plus élevé, étant donné qu’il y a eu une succession d’interpellations et de remises en liberté pendant l’état d’urgence et que de nombreuses arrestations et détentions n’ont jamais été consignées. Le président Musharraf a également suspendu la Constitution durant l’état d’urgence, se dotant ainsi de pouvoirs illégaux. Il a renvoyé 12 des 17 juges de la Cour suprême, qu’il a remplacés par des candidats qu’il avait lui-même choisis. Le Pakistan doit organiser des élections le 18 février. En l’absence d’une justice indépendante et de médias libres, il est permis de se demander si le scrutin sera libre, équitable et transparent.

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