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Cuba libère un prisonnier d’opinion

Le plus ancien prisonnier d’opinion de Cuba a bénéficié d’une libération conditionnelle après plus de treize ans derrière les barreaux. Francisco Chaviano González, président d’un groupe de défense des droits humains non reconnu, avait été arrêté par la police de sûreté cubaine à son domicile, à La Havane, le 7 mai 1994, pour avoir «révélé des secrets ayant trait à la sécurité de l’État» et falsifié des documents publics. D’après certaines informations, juste avant son arrestation, une personne qu’il ne connaissait apparemment pas lui avait remis un document compromettant, qui avait ensuite été découvert par la police de sûreté et utilisé comme prétexte pour placer le suspect en détention au motif qu’il était «très dangereux». En avril 1995, un tribunal militaire avait condamné Francisco Chaviano González à quinze ans d’emprisonnement, la peine maximale prévue par la législation cubaine pour ces infractions. Amnesty International estimait que le procès n’avait pas été conforme aux normes internationales d’équité et avait adopté Francisco Chaviano González comme prisonnier d’opinion. Ce dernier a fait l’objet d’une libération conditionnelle le 10 août, après avoir purgé treize ans et trois mois de sa peine. Ancien professeur de mathématiques, marié et père de trois enfants, il est le président du Consejo Nacional por los Derechos Civiles en Cuba (CNDCC, Conseil national pour les libertés civiques à Cuba), qui s’occupe notamment de rassembler des informations sur les Cubains disparus en mer en tentant de quitter le pays. À la connaissance d’Amnesty International, Francisco Chaviano González a été frappé à plusieurs reprises lors de son arrestation, puis de nouveau le 17 juin 1999, lorsque des gardiens de prison lui ont brisé le tibia et l’ont blessé au visage. Il a fait plusieurs grèves de la faim pour attirer l’attention sur ses conditions de détention. Francisco Chaviano González est le quatrième prisonnier d’opinion libéré cette année. Néanmoins, les groupes de dissidents à Cuba ne pensent pas que ces libérations traduisent une amélioration de la situation en matière de droits humains, car les intéressés avaient déjà purgé la totalité de leur peine ou avaient droit à une libération conditionnelle. Soixante-deux prisonniers d’opinion sont toujours emprisonnés à Cuba et de nombreuses autres personnes sont également détenues pour des motifs politiques.