Une catastrophe humanitaire ravage la Ghouta orientale

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© AMER ALMOHIBANY / AFP / Getty Images

Intensification des attaques

Dernière mise à jour : 28 février 2018

Le gouvernement syrien et son alliée, la Russie, ont intensifié la campagne de bombardements dans la Ghouta orientale, près de Damas, où vivent 400 000 civils. Les attaques ont fait de très nombreux morts et des centaines de blessés au cours du mois écoulé. Ces attaques font suite à un siège cruel imposé à la Ghouta orientale depuis six ans et au cours duquel des Syriens ont été tués et mutilés par les attaques quotidiennes de leur gouvernement. Les bombardements incessants dans la Ghouta orientale constituent un crime de guerre flagrant.

Le 24 février, le Conseil de sécurité des Nations unies a enfin voté une résolution très attendue demandant la livraison d'aide humanitaire dans la Ghouta orientale et un cessez-le-feu partiel. Bien qu’il s’agisse d’une avancée positive, les civils affamés ne devraient pas avoir besoin d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU ni d'un cessez-le-feu pour bénéficier d'une aide vitale et d'une protection contre des bombardements délibérés.

Le 25 février, des informations ont fait état d’une attaque chimique dans la Ghouta orientale.

Un pédiatre, 16 février 2018
La gravité de la situation dans la Ghouta orientale ne peut être exprimée par des mots.

Dites au gouvernement syrien et à la Russie de cesser de bombarder les civils dans la

Ghouta orientale

Agir maintenant
Des panaches de fumée s’élèvent dans le ciel à la suite de bombardements du gouvernement syrien sur Kafr Batna, dans la région assiégée de la Ghouta orientale, en périphérie de Damas, le 22 février 2018. © AMER ALMOHIBANY / AFP / Getty Images
Un Syrien porte un enfant blessé dans un hôpital de campagne après que des avions appartenant au régime de Bachar el Assad ont mené des frappes aériennes sur des zones résidentielles de la ville de Kafr Batna, qui est une zone de désescalade de la région de la Ghouta orientale, en Syrie, le 18 février 2018. Un Syrien porte un enfant blessé dans un hôpital de campagne après que des avions appartenant au régime de Bachar el Assad ont mené des frappes aériennes sur des zones résidentielles de la ville de Kafr Batna, qui est une zone de désescalade de la région de la Ghouta orientale, en Syrie, le 18 février 2018.
Un Syrien porte un enfant blessé dans un hôpital de campagne après que des avions appartenant au régime de Bachar el Assad ont mené des frappes aériennes sur des zones résidentielles de la ville de Kafr Batna, qui est une zone de désescalade de la région de la Ghouta orientale, en Syrie, le 18 février 2018. © Khaled Akasha / Anadolu Agency / Getty Images

Le siège

En février 2017, les autorités syriennes ont pris le contrôle des quartiers de Qaboun et de Barzeh, dans la banlieue de Damas, qui jouxtent la ville de Harasta, dans la Ghouta orientale, et ont fermé tous les tunnels de contrebande qui permettaient depuis plusieurs années de faire entrer un minimum de nourriture, d'eau et de fournitures médicales. Le 3 octobre, le gouvernement syrien a renforcé le siège en fermant le poste de contrôle d'al Wafideen, le dernier point d'entrée dans la ville de Douma, empêchant ainsi l'accès de l'aide médicale et humanitaire et entravant la liberté de circulation de la population civile. Seuls deux convois d'aide ont été autorisés à entrer depuis lors, mais ils étaient tous deux très insuffisamment approvisionnés pour répondre aux besoins humanitaires de la population, et toutes les fournitures médicales qu'ils contenaient ont été saisies par les autorités. Depuis le mois d'octobre, la situation humanitaire dans la Ghouta orientale s'est fortement détériorée, en raison de l'augmentation fulgurante des prix des médicaments et des produits alimentaires de base, comme le lait et le pain.

Les attaques des forces gouvernementales syriennes ne sont plus menées d’une manière permettant aux civils d’éviter les zones dangereuses [...] Toute la région est susceptible d’être visée à tout moment.
Mahmoud, un habitant de Misraba, une ville de la Ghouta orientale

Faits et chiffres

400 000

personnes assiégées

+ de 600

civils tués en 2018

22

hôpitaux attaqués

Une crise humanitaire

Les médecins et autres professionnels de la santé ne sont pas en mesure de dispenser des soins médicaux adaptés aux blessés et aux malades, en raison de la pénurie de matériel chirurgical, de matériel médical et de médicaments, en particulier pour le traitement de maladies chroniques telles que le cancer, les troubles cardiaques et le diabète. Ainsi, les médecins utilisent des médicaments périmés provenant d’hôpitaux détruits. Le nombre de cas de grave malnutrition a par ailleurs augmenté, surtout parmi les enfants ; une augmentation exacerbée par le manque d’accès à la nourriture, à l’aide humanitaire et à d’autres produits de première nécessité vitaux.

Découvrez des témoignages de personnes subissant le siège :

La mère de Rama Helwi, 4 ans. Sa fille est atteinte d’un cancer de la gorge et du nez

Hajji Bahgat Dayy, 76 ans, a besoin de soins médicaux urgents

© ABDULMONAM EASSA/AFP/Getty Images

Les bombardements visant des civils dans la Ghouta orientale doivent cesser

Le gouvernement syrien, avec l’appui de la Russie, bombarde sa propre population dans la Ghouta orientale. Ces bombardements ont fait des dizaines morts et des centaines de blessés au cours des 30 derniers jours.

Cela n’a rien de nouveau pour les habitants de la Ghouta orientale : après avoir été cruellement assiégées pendant presque six ans, ces personnes sont maintenant tuées et mutilées par les attaques quotidiennes de leur gouvernement. Des enfants et des personnes âgées meurent de malnutrition et en raison du manque de soins de santé.

Appelez les gouvernements syrien et russe à mettre fin aux attaques et à lever immédiatement le siège imposé à la Ghouta orientale.

Les attaques doivent cesser. L’acheminement de l’aide humanitaire vers la Ghouta orientale doit être autorisé.

Nous avons réussi à faire pression et à faire entendre notre voix dans le monde pour Alep : nous pouvons réussir à aider les victimes des attaques dans la Ghouta orientale.

Une stratégie délibérée de déplacements forcés

Amnesty International avait déjà recueilli des informations sur la stratégie de sièges, de bombardements et d’évacuations adoptée par le gouvernement syrien