«Patricia» : «Il m'est impossible de vivre dans mon pays.»

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© Amnesty International / Encarni Pindado

Patricia, une femme transgenre de 32 ans, a trop peur de rester dans sa ville d'origine au Salvador depuis que des gangs ont commencé à la menacer et à la harceler en raison de son identité de genre et depuis qu'elle n'a pas pu payer une « taxe » pour avoir le droit de vendre du soda.

Un jour en juin 2015, à trois heures du matin, des agents de police au visage couvert sont arrivés chez Patricia, qui vivait avec sa mère et ses frères et sœurs. Ils ont demandé à voir un de ses frères qui ne vivait plus là depuis plus de trois ans puis l'ont frappée avec leurs armes et lui ont dit qu'elle avait un mois pour quitter son domicile. Elle a déclaré que trois mois plus tard, un voisin l'a prévenue que, la semaine précédente, des agents de police étaient venus la chercher dans la même maison à deux reprises et qu'ils l'avaient également cherchée sur son lieu de travail.

Elle a signalé ces événements au médiateur des droits humains mais n'a jamais vu d'évolution et a donc décidé, pour sa propre sécurité, de fuir vers le Mexique.

Après avoir été agressée et volée pendant le trajet, Patricia a déclaré que sa demande d'asile au Mexique a été rejetée au motif qu'elle avait purgé une peine de prison 12 ans auparavant pour des infractions liées aux stupéfiants. Elle a été renvoyée au Salvador en avril 2016 et a déclaré à l'agent salvadorien des services d'immigration qu'elle avait fui car elle avait peur pour sa sécurité, mais celui-ci ne lui a pas répondu.

Trop effrayée à l'idée de ce qu'il pourrait lui arriver si elle restait au Salvador, elle a de nouveau quitté son pays.

Patricia
J'ai peur qu'il m'arrive à nouveau quelque chose et qu'ils me fassent à nouveau du mal.

« Patricia » « Il m'est impossible de vivre dans mon pays »

Il faut protéger les réfugiés centraméricains de la violence

Le Guatemala, le Honduras et le Salvador doivent veiller à ce que les personnes renvoyées soient protégées à leur retour dans leur pays d’origine.

Aux gouvernements du Guatemala, du Honduras et du Salvador

Nous vous demandons de :

  • protéger vos ressortissants de la violence ;
  • assumer une responsabilité au niveau national pour la protection des personnes renvoyées, en consacrant les ressources nécessaires face à la hausse du nombre de ces personnes ;
  • identifier les personnes renvoyées en danger afin de prévoir une protection particulière en réponse à leurs besoins propres ;
  • veiller à ce que les programmes de protection destinés aux migrants renvoyés dans leur pays tiennent compte des droits et des aspects particuliers de la protection de certains groupes tels que les femmes, les populations indigènes, les personnes LGBTI et les mineurs non accompagnés ;
  • examiner les situations de manière individuelle en vue de procédures d’asile de réadmission.