Enlèvements en Syrie

Chaque semaine en Syrie, des personnes sont enlevées à leur domicile, au bureau, dans leur voiture ou au marché.

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En quatre ans, des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont disparu en Syrie aux mains du gouvernement. Où sont-ils ?

Des milliers de personnes sont mortes dans des prisons dans tout le pays, victimes d’actes de torture, de maladies et de conditions de détention effroyables. De nombreuses autres personnes, dont des enfants âgés de 2 ans, sont entassées dans des cellules.

Les familles des disparus cherchent désespérément à obtenir des informations sur leurs proches. Elles veulent savoir pourquoi leur fils leur a été enlevé, où leur fille est détenue, si leur frère est victime d’actes de torture, si leur père est encore vivant.

Quelqu’un a la réponse.

Monsieur le Président Assad, vous devez nous dire où sont ces personnes. Vous devez laisser entrer des observateurs internationaux indépendants dans le pays pour qu’ils visitent tous les lieux où des personnes sont retenues.

Les familles ont le droit de savoir : leurs proches ont disparu et ils leur manquent.

Une mère dont le fils a disparu en 2011
Je me demande toujours s’il a assez mangé aujourd’hui, s’il est blessé. Mais peut-être que ça ne sert à rien. Peut-être qu’il est mort.
© Shutterstock/Philip Lange
Salam Othman, avocat

Nous étions une trentaine dans la cellule. Je n’ai pas vu le soleil pendant trois ans. Beaucoup de personnes ont perdu la tête.

 

CONSULTER NOTRE RAPPORT
L’étudiante en arts plastiques Raneem Matouq, qui a passé quatre mois en détention en 2014
L’étudiant en soins dentaires Salaheddin, qui a disparu en 2014

Torture et mort dans les cellules de Syrie

« L’une des pires méthodes de torture que j’ai vue était celle de la “chaise allemande”. La personne est attachée à la chaise puis son dos est poussé vers l’arrière. Certaines personnes se sont tout simplement brisées en deux. Leur colonne vertébrale n’a pas supporté la pression. »

Raneem Matouq décrit son séjour en détention l’année dernière. Cette étudiante en arts plastiques de 24 ans avait été enlevée par les autorités syriennes en février 2014. Pendant deux mois, les membres de sa famille sont restés sans nouvelles d’elle.

Certaines personnes se sont brisées en deux. Leur colonne vertébrale n’a pas supporté la pression.
Raneem Matouq

Salaheddin al Tabbaa, étudiant en soins dentaires âgé de 22 ans et venant de Damas, est mort d’une crise cardiaque cette année alors qu’il était en détention. C’est ce que des représentants de l’État ont dit à ses proches qui ont cherché pendant des mois à obtenir des informations. Mais les proches de Salaheddin al Tabbaa ont du mal à croire cette version. « Salah n’a jamais eu de problèmes cardiaques. Il faisait du basketball et se maintenait en forme. »

Salaheddin avait été emmené par des représentants de l’État alors qu’il se trouvait dans un taxi en septembre 2014. En juillet, sa famille était informée qu’il avait été enterré dans une fosse commune.

C’est trop dur pour nous de se dire qu’il ne reviendra pas.
Un proche de Salaheddin
Amer, dont le frère a disparu en 2012
Des centaines de personnes ont disparu et la communauté internationale n’a rien fait. Puis des milliers, puis des dizaines de milliers. Toujours aucune réaction.

Nous sommes des gens comme vous. Pourquoi ne réagissez-vous pas ?

Nous savons que cela se déroule dans l’une des dictatures les plus sanglantes de notre temps. Et pourtant, alors que nous sommes horrifiés par les atrocités commises par l’État islamique, nous fermons les yeux sur les crimes contre l’humanité commis par le gouvernement syrien. Le Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas pris les mesures nécessaires pour mettre un terme à ces souffrances.

« Où est la communauté internationale ? Elle sait que les êtres qui nous sont chers nous sont enlevés et elle ne fait rien. Vous êtes libres, et vous comprenez ce qu’être libre signifie. Nous sommes des gens comme vous, et cela nous arrive à nous. Pourquoi ne réagissez-vous pas ? » Ces mots sont ceux de Hakim, dont le frère Turke a disparu en 2013.

Il est temps d’ouvrir les yeux. Monsieur le Président Assad, vous devez nous dire où sont les personnes disparues.