Utilisation croissante de lois répressives contre les défenseurs des droits humains au Tchad

Au Tchad, le mécontentement populaire dû à la crise économique a incité plusieurs activistes et défenseurs des droits humains à s’exprimer en signe de protestation. Cependant, au cours de ces deux dernières années, les autorités ont déployé un arsenal de procédés/stratégies/méthodes/ pour étouffer les voix des activistes et de la société civile.

Les manifestations pacifiques sont régulièrement interdites.

Les activistes qui planifient ou participent à des manifestations pacifiques sont arrêtés. Certains comme Maoundoe Decladore, porte-parole du mouvement « Ca Doit Changer » a été arrêté par quatre hommes armés le soir du 9 mai 2017. Il a été détenu en secret pendant 25 jours, sans contact avec son avocat et ses proches, avant d’être inculpé et libéré sous caution.

D’autres sont suivis ou reçoivent des appels téléphoniques menaçants venant de personnes se présentant comme des agents de l’Agence nationale des renseignements (ANS), dans le but de les intimider.

L’accès aux réseaux sociaux a également été bloqué au cours de l’année 2016, tandis que les activités en ligne ont fait l’objet d’une surveillance très poussée. Tadjadine Mahamat Babouri a été arrêté le 30 septembre 2016, suite à la mise en ligne d’une série de vidéos dans lesquelles il critiquait la gestion des fonds publics de la part du gouvernement. Il est actuellement en prison, dans une condition de santé inquiétante.

Au Tchad, la liberté d’expression est attaquée.

Des journalistes ont également été victimes de cette répression gouvernementale contre la voix des citoyens. Sylver Beindé Bassandé, le directeur d’une radio communautaire, a été inculpé pour complicité d’outrage à magistrat et condamné à deux ans de prison en juin 2017. Le journaliste avait diffusé un entretien avec un conseiller municipal au cours duquel ce dernier, qui venait d’être condamné par la justice, avait qualifié les juges de « jeunes sans expérience ». Le conseiller lui-même a été poursuivi et condamné pour outrage à magistrat. Sylver a été libéré sous caution tandis que le conseiller municipal est toujours en prison.

Le statut légal des plateformes citoyennes est tacitement refusé, rendant leurs membres susceptibles de poursuites judiciaires. Ce climat hostile rend de plus en plus difficile pour les militants et citoyens tchadiens la possibilité de s’exprimer librement.

Dites au Tchad que vous êtes avec les activistes et les défenseurs des droits humains.

Signez cette pétition demandant aux autorités tchadiennes :


• De libérer immédiatement et sans conditions et abandonner les charges contre Tadjadine Mahamat Babouri, Maoundoe Decladore, Sylver Beindé Bassandé et les autres prisonniers de conscience.
• De ne pas restreindre l’accès à internet et aux réseaux sociaux.
• D’abolir les lois sur l’outrage et la diffamation afin de s’assurer qu’elles ne sont pas utilisées pour restreindre la liberté d’expression.
• Reconnaître l’existence des plateformes de la société civile et leur permettre de mener leurs activités sans crainte.
• Répondre à la question des menaces et attaques contre les défenseurs des droits humains en mettant notamment en place une législation et des mécanismes nationaux de protection des défenseurs des droits humains