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Russie : enquêtez sur l’enlèvement d’un producteur de film demandeur d’asile

Mirsobir Khamidkariev, jeune producteur de cinéma, cherchait à obtenir l’asile en Russie quand il a été enlevé en plein jour et renvoyé en Ouzbékistan, où il a été torturé.

En 2014, par une agréable journée d’été, le producteur de cinéma ouzbek Mirsobir Khamidkariev, alors âgé de 35 ans, était assis dans un taxi devant une pharmacie de Moscou. Il attendait sa femme, qui achetait des médicaments pour leur fils de sept mois. Misrobir Khamidkariev était en Russie depuis trois ans et demi. Il avait fui l’Ouzbékistan par crainte des persécutions.

Soudain, deux hommes sont montés dans le taxi et ont obligé le conducteur à rouler rapidement.

Quand le taxi s’est enfin arrêté, les deux hommes, des agents des forces de sécurité russes, ont conduit Mirsobir Khamidkariev dans un sous-sol, lui ont mis un sac sur la tête et l’ont roué de coups pendant le reste de la journée. Le lendemain, ils l’ont emmené à l’aéroport, où des agents des forces de sécurité ouzbeks l’attendaient sur le tarmac. Mirsobir Khamidkariev a été renvoyé en Ouzbékistan. Sa famille est restée sans nouvelles de lui pendant deux semaines.

En Ouzbékistan, des membres des forces de sécurité ont torturé Mirsobir Khamidkariev pendant les deux mois qui ont suivi. Ils l’ont roué de coups, lui cassant les dents et les côtes, jusqu’à ce qu’il fasse des « aveux » qui ont été utilisés contre lui. Condamné sur la base de ces « aveux » à huit ans de prison pour des infractions « contre l’État », Mirsobir Khamidkariev a été envoyé dans un camp de prisonniers isolé, où il se trouve encore aujourd’hui. Il n’a jamais eu la possibilité de dénoncer son enlèvement.

Le procès de Mirsobir Khamidkariev n’était pas équitable et depuis qu’il a été torturé cet homme n’a pas été autorisé à bénéficier des soins médicaux dont il a besoin. Les autorités russes

n’ont pas mené d’enquête efficace sur son enlèvement. Et ce n’est pas le seul demandeur d’asile venu d’Ouzbékistan à avoir été enlevé en Russie pour être renvoyé aux autorités ouzbèkes et torturé. Ils sont des dizaines dans ce cas.

Appelez les autorités russes à enquêter efficacement sur l’enlèvement de Mirsobir Khamidkariev et son renvoi forcé en Ouzbékistan, qui ont ouvert la voie à deux mois de torture.

Monsieur le Procureur général,

Mirsobir Khamidkariev, demandeur d’asile ouzbek, a été enlevé par des agents du Service fédéral de contre-espionnage en juin 2014 à Moscou. Il a été détenu au secret toute une journée dans un lieu inconnu, où on lui a recouvert la tête d'un sac et infligé plusieurs passages à tabac. Le lendemain, il a été remis à des agents des forces de sécurité ouzbeks sur le tarmac d’un aéroport de Moscou et renvoyé de force en Ouzbékistan, où il a été torturé pendant deux mois par les forces de sécurité ouzbèkes.

Mirsobir Khamidkariev a été accusé d’infractions « contre l’État » et condamné à huit ans d’emprisonnement à l’issue d’un procès manifestement inéquitable. Personne n’a eu à répondre des violations des droits humains subies par cet homme en Russie et en Ouzbékistan.

La Russie est partie à de nombreux traités protégeant les droits fondamentaux, qui interdisent entre autres de transférer des personnes vers des lieux où il existe un risque substantiel qu’elles soient torturées.

Je vous demande instamment de prendre les mesures prioritaires suivantes :

- ouvrir une enquête indépendante, minutieuse et exhaustive sur l’enlèvement, les mauvais traitements et la « restitution » dont Mirsobir Khamidkariev a été victime et déférer à la justice les responsables présumés ;

- appeler les autorités ouzbèkes à rejuger Mirsobir Khamidkariev, dans le cadre d’une procédure équitable cette fois, ou à le libérer.

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