Demandez justice pour la répression violente des manifestations #FreeSenegal

Du 3 au 8 mars 2021, les manifestations au Sénégal ont été réprimées par les forces de sécurité en utilisant la force létale. Agissez maintenant pour exiger justice pour les 11 personnes décédées et la fin des arrestations arbitraires au Sénégal.

Le 3 mars, Ousmane Sonko, un leader de l’opposition, a été arbitrairement arrêté pour « trouble à l’ordre public » et « participation à une manifestation non autorisée ». Il était en route vers le tribunal pour répondre à une assignation d’un juge liée à une affaire criminelle distincte. Son arrestation a provoqué des manifestations spontanées à Dakar et dans de nombreuses autres villes. Certaines d’entre elles étaient violentes et les forces de sécurité ont répliqué  parfois en tirant des balles réelles sur les manifestant·e·s.

Le 8 mars, Ousmane Sonko a été libéré et placé sous contrôle judiciaire après une audition pour une accusation de viol et de menaces de mort. Les charges de trouble à l’ordre public et de participation à un rassemblement non autorisé ont été abandonnées la veille.

Cependant, entre le 3 et le 8 mars, au moins 11 jeunes hommes ont été tués et environ 590 personnes blessées.

À Bignona, trois personnes, dont un garçon de 12 ans, ont été tuées pendant les manifestations lorsque les forces de sécurité ont tiré sur la foule. À Dakar, où sept personnes sont mortes durant les manifestations, la dernière victime de l’utilisation d’armes à feu par la police est Cheikh Wade, un couturier âgé de 32 ans. Il a reçu une balle à la tête tirée par la police. Sa mort a été filmée par un passant et partagée en ligne. La vidéo montre un policier se tenant à plusieurs mètres de lui en train de viser sa tête puis tirer.  Quelques minutes plus tard, nous pouvons voir la voiture de police s’approcher du corps de Cheikh, s’arrêter pendant plusieurs secondes alors que Cheikh se vidait de son sang au sol puis repartir le laissant mourir sans qu’aucun de ses occupants ne tente de l’aider.

Dans de nombreuses manifestations, des hommes armés en civil ont été vus en train de battre des manifestant·e·s avec des bâtons et des gourdins souvent sous les yeux de la police. Dans d’autres vidéos, nous les voyons tirer sur des manifestant·e·s avec des fusils à pompe et des armes de type militaire. Dans certaines vidéos, nous pouvons voir ces hommes sortir du siège de l’Alliance pour la République (APR), le parti au pouvoir au Sénégal.

D’autres vidéos et témoignages montrent des policiers entrant dans des maisons privées, pourchassant des manifestant·e·s, et tirant parfois des coups de feu, sur les résident·e·s, blessant certains d’entre eux.

Une centaine de personnes ont été arrêtées depuis le début des manifestations #FreeSenegal. Avant les manifestations, plusieurs membres de l’opposition et de la société civile ont également été arbitrairement arrêtés par les autorités. L’un d’eux est le célèbre militant Guy Marius Sagna, qui a été arrêté quatre fois au cours des deux dernières années.

Les manifestations #FreeSenegal sont devenues un cri de ralliement pour dénoncer l’effondrement des institutions du pays, la brutalité policière, la corruption et les conditions économiques dégradantes aggravées par la pandémie de COVID-19.

Agissez maintenant et exigez justice.

Envoyer un courriel au Président Macky Sall et au ministre de la justice Malick Sall pour demander une enquête indépendante et crédible sur les décès de Baye Cheikh Diop, Cheikh Coly, Famara Goudiaby, Cheikhouna Ndiaye, Sadio Camara, Moussa Dramé, Alassane Barry, Mansour Thiam, Pape Sidy Mbaye, Bounama Sylla Sagna et Cheikh Wade.

Rejoignez nos membres et sympathisant·e·s pour faire pression sur les autorités pour qu’elles rendent des comptes et mettent fin aux arrestations arbitraires au Sénégal.