Urgent : la répression homophobe s’accentue en Égypte

Plus de 60 membres du Parlement égyptien ont proposé une loi profondément discriminatoire qui érigerait en infraction, pour la première fois dans ce pays, les rapports sexuels entre personnes de même sexe.

Tout a commencé par un drapeau LGBTI+ brandi lors d’un concert, le 22 septembre dernier. Les forces de sécurité égyptiennes et le ministère public ont alors commencé à traquer des personnes en fonction de leur sexualité présumée, à les arrêter et à les soumettre à des examens humiliants.

Le nombre de personnes concernées croît à une vitesse effrayante. Plus de 70 personnes ont été arrêtées pour l’instant. Plus récemment, un tribunal du Caire a déclaré 16 hommes coupables de « débauche » et les a condamnés à une peine de trois ans d’emprisonnement suivis de trois ans de mise à l’épreuve, ce qui porte le nombre de personnes condamnées à près de 50.  De nombreuses autres personnes sont dans l’attente de leur condamnation. En détention, plusieurs personnes ont subi des examens anaux forcés équivalant à de la torture.

À l’heure actuelle, plus de 60 parlementaires ont signé le projet de loi érigeant en infraction les rapports sexuels entre personnes du même sexe en Égypte. Le texte doit être débattu et voté par le Parlement durant la session en cours, et s’il est adopté, il serait envoyé au président pour promulgation. Ce projet de loi prévoit des sanctions allant jusqu’à 15 ans d’emprisonnement, en fonction du nombre de chefs d’accusation et des dispositions juridiques au titre desquelles une personne est condamnée.

Nous devons agir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.

Envoyez un courriel au président Abdel Fattah al Sissi et au ministre de l’Intérieur Magdy Abdel Ghaffar, et demandez-leur de :

  • libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes détenues en raison de leur orientation sexuelle réelle ou présumée, d’abandonner toutes les charges retenues contre elles et d’annuler les condamnations déjà prononcées ;
  • mettre fin sans délai à la pratique des examens rectaux forcés des détenus, qui sont employés dans le but de déterminer l’orientation sexuelle de la victime, car cela constitue une forme de torture ou de mauvais traitements, et de diligenter rapidement une enquête impartiale et efficace sur les examens déjà effectués et de traduier les responsables présumés en justice ;
  • rejeter le projet de loi érigeant en infraction les rapports sexuels entre personnes de même sexe et d’abandonner toute législation qui ne reconnaîtrait et ne protégerait pas les droits de chacun-e, quelle que soit son orientation sexuelle ou son identité de genre, réelle ou supposée, y compris les droits à la liberté d’expression et de réunion, à la non-discrimination et à l’égalité devant la loi.

Campagne terminée