En prison pour s’être exprimés : dites aux autorités d’Égypte de mettre fin à la répression

Des dizaines d’Égyptiens et d’Égyptiennes, notamment des militant-e-s, des journalistes, des personnalités politiques, des supporters de football et des artistes, ont été arrêtés dans le cadre de la pire répression de la liberté d’expression menée par les autorités égyptiennes dans l’histoire récente du pays.

En Égypte, les personnes qui critiquent le gouvernement sont emprisonnées sans bénéficier d’un procès équitable. Ces personnes sont qualifiées de « terroristes » et de « criminels » par les médias, simplement pour avoir exprimé leurs opinions. Une répression de cette ampleur n’a pas été observée depuis des dizaines d’années. Par peur, de nombreuses personnes sont forcées à garder le silence ou même à quitter le pays. Mais certaines personnes continuent courageusement de faire entendre leur voix, malgré les risques pour leur liberté.

Amal Fathy, 34 ans, a publié une vidéo sur Facebook pour dénoncer le fait que le gouvernement n’a pas pris de mesures pour lutter contre le harcèlement sexuel. En mai 2018, la police a effectué une descente à son domicile en pleine nuit et l’a arrêtée avec son mari et leur enfant. Son mari et son enfant ont été libérés, mais Amal Fathy est toujours en prison et est accusée de « diffusion d’une vidéo contenant de fausses informations susceptibles de nuire à l’ordre public ».

Hisham Genena, 63 ans, est un ancien contrôleur de gestion et responsable de la lutte contre la corruption qui a été licencié après avoir dénoncé la corruption de grande ampleur au sein du gouvernement. En janvier 2018, lors d’une interview, il a publiquement soutenu un candidat à l’élection présidentielle contre le président Abdelfatah al Sissi. Il a été arrêté peu après, en février, et purge une peine de cinq ans d’emprisonnement après avoir été déclaré coupable de « diffusion de fausses informations dans le but de diffamer l’armée et des institutions d’État », à l’issue d’un procès inique devant un tribunal militaire.

Wael Abbas, 43 ans, est un blogueur primé connu dans le monde pour avoir recueilli des informations sur les atteintes commises par les forces de sécurité égyptiennes. En mai 2018, des policiers armés ont effectué une descente à son domicile, lui ont bandé les yeux et l’ont arrêté. Il est accusé d’appartenance à une organisation interdite et de « publication de fausses informations dans le but de porter atteinte à la sécurité nationale ».

Il ne s’agit là que de trois personnes parmi des dizaines qui ont été emprisonnées pour avoir simplement partagé leurs opinions ou critiqué les autorités. Le président Abdelfatah al Sissi a déclaré à plusieurs reprises que les Égyptiens étaient libres de s’exprimer. La liberté d’expression est un droit humain que l’Égypte est légalement tenue de respecter. Il est temps qu’il honore cet engagement et qu’il protège le droit à la liberté d’expression.

Joignez-vous à nous et appelez le président égyptien Abdelfatah al Sissi à :

  • libérer immédiatement et sans condition Amal Fathy, Hisham Genena et Wael Abbas ;
  • libérer toutes les autres personnes qui ont été emprisonnées pour avoir simplement exprimé leurs opinions ou mené leur travail de journalistes.