Dites au Tchad de libérer Baradine Berdei Targuio

Le 24 janvier 2020, Baradine Berdei Targuio, président de l’Organisation tchadienne des droits de l’homme (OTDH), a été arrêté devant sa femme et ses enfants à son domicile de N’Djamena par des individus masqués et armés. Bien qu'Amnesty International ait été informée qu'il était détenu à l'Agence nationale de sécurité (ANS), sa famille n'a pas pu le voir.

Le Ministre de la justice a déclaré en février que l’arrestation de Baradine était légale et sous la supervision d’un procureur pour «activités subversives sur les réseaux sociaux».

Ce n’est que le 21 août qu’il a finalement été présenté à un procureur et à un juge d’instruction qui l’ont accusé de violation de la sécurité nationale, de possession illégale d’armes, de voies de fait et de coups et blessures.

Amnesty International craint que Baradine Berdei Targuio ne soit détenu et poursuivi en lien avec son travail en tant que défenseur des droits humains. 

Baradine Berdei Targuio est le président de l'Organisation tchadienne des droits de l'homme, créée en 2006. Il est connu pour avoir adressé une lettre ouverte au président Deby au sujet de la situation des droits humains dans la région nord du Tibesti, au Tchad, dans le contexte de l'état de urgence en novembre 2018.

Le 22 janvier 2020, deux jours avant son arrestation, il a posté sur Facebook à propos de l'état de santé du président en disant qu'il «pourrait être gravement malade et hospitalisé en France».

Le 24 janvier, il a été arrêté et personne de sa famille n'a pu avoir accès à lui. Selon plusieurs sources, il était détenu au secret par l'ANS. Après près de sept mois de détention arbitraire et au secret, M. Baradine a été présenté à un procureur le 21 août. Le 24 août, un juge d'instruction l'a inculpé d'atteinte à la sécurité nationale, de possession illégale d'armes, d'agression et de coups et blessures.

Amnesty International craint que les accusations portées à l'encontre de Baradine ne soient forgées de toutes pièces et liées à son travail en tant que défenseur des droits humains. Nous notons qu'elles sont liées à des actes qui se seraient déroulés lors de son arrestation en janvier, mais n'ont pas été mis en avant par les autorités avant le mois d'août – alors que d'autres allégations faites dans l'intervalle concernaient l'expression en ligne, il n'y a jamais eu auparavant d'allégation de comportement violent.

Nous appelons les autorités tchadiennes à libérer immédiatement M. Baradine et à abandonner les charges retenues contre lui.

Envoyez un courriel au Ministre de la justice du Tchad, Djimet Arabi, pour exiger que la loi soit respectée et que les droits humains de Baradine soient protégés.