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Viêt-Nam: Craintes pour la santé d’un prisonnier d’opinion

, N° d'index: ASA 41/8432/2018

En 2016, Trần Anh Kim a été déclaré coupable d’« activités visant à renverser le gouvernement populaire » et condamné à 13 ans de réclusion. Il est aujourd’hui âgé de 69 ans et sa santé se détériore ; selon son épouse, il « risque de ne pas survivre à sa longue incarcération », les autorités lui refusant des soins médicaux adéquats. Trần Anh Kim est un prisonnier d’opinion ; en tant que tel, il doit être libéré immédiatement et sans condition.

AU 101/18, ASA 41/8432/2018, Viêt-Nam 16 mai 2018
ACTION URGENTE
VIÊT-NAM. CRAINTES POUR LA SANTÉ D’UN PRISONNIER D’OPINION
En 2016, Trn Anh Kim a été déclaré coupable d’« activités visant à renverser le gouvernement populaire »
et condamné à 13 ans de réclusion. Il est aujourd’hui âgé de 69 ans et sa santé se détériore ; selon son
épouse, il « risque de ne pas survivre à sa longue incarcération », les autorités lui refusant des soins
médicaux adéquats. Trn Anh Kim est un prisonnier d’opinion ; en tant que tel, il doit être libéré
immédiatement et sans condition.
Trn Anh Kim a commencé à militer en faveur de la démocratie au Viêt-Nam au début des années 2000, rejoignant alors un
parti politique non enregistré et un autre groupe politique. En décembre 2009, les autorités l'ont arrêté, jugé, déclaré coupable
et condamné à cinq ans d'emprisonnement en raison de ses activités politiques pourtant pacifiques. Il a été libéré en janvier
2015.
En septembre 2015, les autorités ont à nouveau arrêté Trn Anh Kim, neuf mois à peine après le terme de sa précédente
incarcération. Pendant sa détention provisoire, il a été maintenu à l'isolement et au secret durant 14 mois. En décembre 2016,
le tribunal populaire de la province de Thai Binh, dans le nord-est du Viêt-Nam, l'a déclaré coupable d’« activités visant à
renverser le gouvernement populaire » au titre de l'article 79 du Code pénal et condamné à 13 ans de réclusion, suivis de
quatre ans d'assignation à résidence.
Après avoir vu son mari le 1
er
mai 2018, Nguyn Th Thơm a indiqué à Amnesty International que Trn Anh Kim avait de graves
problèmes de santé, et qu’il souffrait notamment d’hypertension artérielle et d’une infection de la prostate, pour laquelle il avait
subi en 2017 une intervention chirurgicale qui n’avait pas apporté d’amélioration. Sa femme a également signalé que les maux
de tête dont il souffre en permanence s’étaient aggravés depuis son incarcération, qu’il était devenu presque aveugle d’un œil,
et qu’il avait du mal à s’alimenter car il avait perdu la plupart de ses dents. Les autorités pénitentiaires ne l’autorisent pas à se
rendre à l'hôpital pour se faire poser des prothèses dentaires, et le privent d’un traitement médical adéquat malgré les
nombreuses demandes formulées par Trn Anh Kim et sa famille.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-
APRÈS (en vietnamien, en anglais ou dans votre propre langue) :
demandez aux autorités de libérer Trn Anh Kim immédiatement et sans condition, car il est détenu uniquement pour
avoir exercé, pourtant pacifiquement, son droit à la liberté de réunion pacifique, d’association et d’expression, et il
s’agit par conséquent d’un prisonnier d’opinion ;
priez-les de veiller à ce que, dans l'attente de sa libération, Trn Anh Kim soit protégé contre la torture et les autres
formes de mauvais traitements, y compris contre le refus délibéré d’un traitement médical approprié ;
engagez-les à fournir immédiatement des soins médicaux appropriés à Trn Anh Kim, conformément à la règle 24 de
l'Ensemble de règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus (règles Nelson Mandela).
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 27 JUIN 2018 À :
Président
Trn Đại Quang
S 2 Hùng Vương, Ba Đình,
Ni, Viêt-Nam
Fax : +844 437 335 256
Courriel : webmaster@president.gov.vn
Formule d’appel : Your Excellency, /
Monsieur le Président,
Ministre de la Sécurité publique
Tô Lâm
44 Yết Kiêu St. Hoàn Kiếm District
Ni, Viêt-Nam
Fax : +844 382 318 72
(via le ministère des Affaires étrangères)
Courriel : ttll.mfa@mofa.gov.vn
Formule d’appel : Dear Minister, /
Monsieur le Ministre,
Copies à :
Premier ministre
Nguyn Xuân Phúc
1, Hoàng Hoa Thám St, Ba Đình
Ni, Viêt-Nam
Courriel :
nguoiphatngonchinhphu@chinhphu.vn
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Viêt-Nam dans votre pays. Insérez les adresses ci-
dessous :
Name, Address 1, Address 2, Address 3, Fax numberEmail addressSalutation.
Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
VIÊT-NAM. CRAINTES POUR LA SANTÉ D’UN PRISONNIER D’OPINION
COMPLÉMENT D’INFORMATION
Trn Anh Kim est un ancien soldat. Il est allé à la guerre en 1979 et a été blessé ; il a servi dans l'armée populaire vietnamienne
pendant une trentaine d’années. En 1991, alors qu'il était lieutenant-colonel, il a été arrêté pour « abus de confiance à travers
l'appropriation de biens socialistes », accusation qu’il a démentie. Déclaré coupable par un tribunal militaire et condamné à
24 mois d'emprisonnement, il a été libéré au début du mois de septembre 1995.
Trn Anh Kim a été arrêté une deuxième fois en 2009 pour avoir rejoint un parti politique non enregistré, le Parti démocratique
vietnamien, ainsi qu’un autre groupe politique, le Bloc 8406, qui avaient pour but déclaré de promouvoir la démocratie au Viêt-
Nam. Le tribunal populaire de la province de Thai Binh l'a condamné à cinq ans et six mois d'emprisonnement, suivis de trois
ans d'assignation à résidence. Amnesty International le considérait comme un prisonnier d’opinion.
En janvier 2015, Trn Anh Kim a fini de purger sa peine d’emprisonnement et a été libéré. Il a continué à militer en formant le
groupe « Quân nhân Dng c Dân ch » (littéralement, « Soldats levant le drapeau démocratique »), dont les membres sont
d'anciens soldats du Viêt-Nam du Nord et du Sud qui s’emploient à promouvoir la démocratie et à lutter contre la corruption. En
raison de cette activité, les autorités ont arrêté Trn Anh Kim en septembre 2015. Il a été jugé, déclaré coupable d’« activités
visant à renverser le gouvernement populaire » au titre de l'article 79 du Code pénal, et condamné à 13 ans de réclusion suivis
de quatre ans d'assignation à résidence en décembre 2016.
Nguyn Th Thơm, l’épouse de Trn Anh Kim, a indiqué à Amnesty International qu'il lui était beaucoup plus difficile de rendre
visite à son mari depuis que le ministère de la Sécurité publique l’avait transféré dans la prison numéro 5, à plus de
200 kilomètres de leur domicile. Selon Nguyn Th Thơm, lors de ses visites, les gardiens les surveillent constamment, elle et
son mari : « il y a environ 5 à 6 agents dans la pièce, qui suivent la conversation », a-t-elle confié. Nguyn Th Thơm a indiqué
que son mari était détenu dans le « quartier des prisonniers politiques », qu'il avait accès à la lumière naturelle et qu'il pouvait
quitter sa cellule quelques heures par jour, mais que les gardiens surveillaient toujours ses moindres faits et gestes et qu'il lui
était interdit de communiquer avec les prisonniers d’autres quartiers. « Les rations de nourriture sont insuffisantes et il ne peut
pas s’alimenter [correctement] car il n’a presque plus de dents », a ajouté Nguyn Th Thơm.
Trn Anh Kim fait partie des 97 prisonniers d'opinion recensés au Viêt-Nam qui figurent sur la liste publiée par Amnesty
International en avril 2018. Le Viêt-Nam est l'un des pays qui incarcèrent le plus de militants pacifiques en Asie du Sud-Est,
les conditions de détention sont particulièrement éprouvantes pour les prisonniers politiques. La torture et les autres mauvais
traitements, y compris la détention au secret prolongée, l'isolement cellulaire prolongé, les passages à tabac et la privation
délibérée de soins médicaux, sont strictement interdits par le droit international, mais restent une pratique courante des
autorités vietnamiennes.
Le Viêt-Nam est partie à la Convention des Nations unies contre la torture et au Pacte international relatif aux droits civils et
politiques (PIDCP). Les conditions de détention dans le pays sont très dures ; les obligations minimales prévues par l’Ensemble
de règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus (règles Nelson Mandela) et par d’autres normes
internationales ne sont pas respectées, notamment en ce qui concerne la nourriture et les soins médicaux. Les prisonniers
d'opinion sont souvent placés à l'isolement à titre punitif pendant de longues périodes, en violation flagrante de ces règles
- d’anciens prisonniers ont dit que c'était comme « une prison dans la prison ». Certains sont fréquemment transférés d’un
établissement carcéral à un autre, bien souvent sans que leurs familles en soient informées.
Nom : Tran Anh Kim
Homme
AU 101/18, ASA 41/8432/2018, 16 mai 2018

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