Corée du Sud: CRAINTES POUR LA SANTÉ D’UNE FEMME EN DÉTENTION
Kim Hye-young, atteinte d’un cancer de la thyroïde, souffre de troubles mentaux depuis qu’elle est en détention, les autorités ne lui ayant pas donné les bonnes doses de médicaments. Elle ne reçoit aucun soin médical approprié et se voit empêcher de se faire soigner ailleurs. Cette femme a été arrêtée en raison de son rôle dans une manifestation pacifique à Séoul.
AU 002/16, ASA 25/3154/2016 - Corée du Sud 7 janvier 2016
ACTION URGENTE
CORÉE DU SUD. CRAINTES POUR LA SANTÉ D’UNE FEMME EN DÉTENTION
Kim Hye-young, atteinte d’un cancer de la thyroïde, souffre de troubles mentaux depuis qu’elle est
en détention, les autorités ne lui ayant pas donné les bonnes doses de médicaments. Elle ne reçoit
aucun soin médical approprié et se voit empêcher de se faire soigner ailleurs. Cette femme a été
arrêtée en raison de son rôle dans une manifestation pacifique à Séoul.
Kim Hye-young a été appréhendée à Séoul le 26 juillet 2015 après avoir participé à un sit-in. Elle a été inculpée au
titre de la Loi relative à la sécurité nationale, qui est de plus en plus souvent utilisée par les autorités sud-coréennes
pour restreindre les droits aux libertés d'expression, d’opinion et d’association, notamment des personnes et groupes
qui réclament la réunification des deux Corées. Cette femme est l’une des quatre membres de l’Alliance coréenne
pour une réunification indépendante et la démocratie (CAIRD). Ses trois collègues ont eux aussi été arrêtés et
inculpés des mêmes charges, et attendent d’être jugés.
Kim Hye-young était déjà atteinte d’un cancer de la thyroïde avant d’être appréhendée. Ayant subi une ablation de
cette glande, elle a désormais besoin d’un traitement hormonal régulier. Elle n’a pas pu prendre ses médicaments
après son arrestation car elle a mené une grève de la faim pendant 10 jours. Le personnel pénitentiaire lui a ensuite
administré des doses plus élevées sans la supervision de professionnels de la santé.
Kim Hye-young est maintenant sujette aux effets secondaires du traitement lorsqu’il est pris en trop grande quantité,
à savoir des palpitations, un sentiment de suffocation, des nausées et des fourmillements. Un psychiatre a rédigé un
rapport dans lequel il note que le lieu de détention où se trouve cette femme n’est pas à même de lui fournir les soins
nécessaires et que celle-ci doit recevoir un traitement ailleurs. Il conclut aussi qu’un examen psychologique doit être
réalisé sans la supervision directe du personnel pénitentiaire.
Le ministère de la Justice refuse que Kim Hye-young accède à ces soins, s’oppose aux journalistes qui souhaiteraient
s’entretenir avec elle et ses trois collègues de la CAIRD, et empêche toute manifestation devant la prison.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES
MENTIONNÉS CI-APRÈS, en coréen, en anglais ou dans votre propre langue :
exhortez les autorités à libérer immédiatement et sans condition Kim Hye-young et les autres membres de la
CAIRD, qui n’ont fait qu’exercer légitimement leur droit à la liberté d'expression et de réunion pacifique ;
en attendant, appelez-les à autoriser cette femme à recevoir les soins médicaux dont elle a besoin en dehors de
la prison, sans ingérence indue ;
demandez-leur de cesser de recourir arbitrairement à la Loi relative à la sécurité nationale et de veiller à ce que
les libertés d'expression, d’opinion et d’association soient pleinement respectées et protégées.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 18 FÉVRIER 2016 À :
Ministre de la Justice
Kim Hyun-woong
Gwanmun_ro 47, 13809 Gwacheon-si
Kyunggi-do, Corée du Sud
Fax : +82-2-2110-0350
Twitter : @happymoj
Facebook :
https://www.facebook.com/mojkorea/
Formule d’appel : Dear Minister, /
Monsieur le Ministre,
Premier ministre
Hwang Kyo-ahn
Government Complex Sejong
261 Dasom-ro, Sejong-si, Corée du Sud
Twitter : @PrimeMinisterKR
Formule d’appel : Your Excellency, /
Monsieur le Ministre,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Corée du Sud dans votre pays (adresse/s à compléter) :
Name Address 1 Address 2 Address 3 fax Fax number courriel Email address formule d’appel Salutation.
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
CORÉE DU SUD. CRAINTES POUR LA SANTÉ D’UNE FEMME EN DÉTENTION
COMPLÉMENT D’INFORMATION
Kim Hye-young et ses trois collègues de la CAIRD sont accusés d’avoir enfreint l’article 7 de la Loi relative à la sécurité nationale,
texte formulé en termes vagues fréquemment utilisé par les autorités sud-coréennes pour placer en détention des personnes qui
ne représentent aucune menace pour la sécurité. Cet article prévoit des sanctions pour quiconque « loue, promeut ou diffuse les
activités d’une organisation antigouvernementale », qu’il soit membre ou non d’une entité ayant de tels objectifs. Néanmoins, les
termes « louer » et « promouvoir » ne sont pas clairement définis dans la loi, ce qui facilite le recours arbitraire à l’article 7 à
l’encontre des membres d’organisations comme la CAIRD, dont l’opinion quant à la manière d’approcher la Corée du Nord peut
différer de celle du gouvernement.
Le 22 décembre 2014, la police a perquisitionné le bureau de l’organisation et les domiciles de ses membres, à la suite de quoi
quelques militants, dont Kim Hye-young, ont organisé un sit-in sur deux sites à Séoul entre le 8 janvier et le 15 juillet 2015. Les
manifestants ont été expulsés et sont entrés dans la clandestinité. Finalement, Kim Hye-young et ses trois collègues ont été
arrêtés et placés en détention à la suite d’une intense surveillance au moyen d’équipements tels que des télévisions à circuit
fermé.
Pour le moment, un responsable du centre de détention est présent lorsque Kim Hye-young reçoit des soins prodigués par un
professionnel de la santé externe. Par ailleurs, cette femme n’est pas autorisée à sortir pour se rendre dans un hôpital
psychiatrique. Pourtant, en vertu de la Loi sur l’administration et le traitement des détenus des institutions correctionnelles, les
détenus ont le droit de recevoir des soins médicaux en dehors des lieux de détention si cela leur est nécessaire. Ce texte prévoit
également que ceux qui semblent souffrir de troubles mentaux doivent se voir proposer un traitement par un spécialiste, selon
les mesures prises par le directeur de l’établissement carcéral.
Selon l’Ensemble de règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus tel que révisé en 2015 (Règles Mandela),
les institutions pénales doivent fournir sans discrimination des soins médicaux adaptés aux prisonniers, ce qui inclut d’être envoyé
dans un service de santé psychiatrique à des fins de diagnostic et de traitement le cas échéant. Par ailleurs, les prisonniers ayant
besoin de soins spécifiques doivent être transférés vers des établissements spécialisés ou des hôpitaux civils. Seuls les
professionnels de la santé concernés sont habilités à prendre des décisions médicales, qui ne peuvent pas être rejetées ou
ignorées par le personnel pénitentiaire non médical, et tous les examens médicaux doivent être réalisés en toute confidentialité.
Nom : Kim Hye-young
Femme
AU 002/16, ASA 25/3154/2016, 7 janvier 2016