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Yémen. Un militant politique détenu au secret. Hassan Baoom

, N° d'index: MDE 31/014/2010

Hassan Baoom, dirigeant d'un groupe politique d'opposition du sud du Yémen, est détenu au secret depuis le 9 novembre. Amnesty International est inquiète pour sa santé et craint qu'il ne soit détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression, ce qui ferait de lui un prisonnier d'opinion.

AU 247/10, MDE 31/014/2010 Yémen 2 décembre 2010
ACTION URGENTE
UN MILITANT POLITIQUE TENU AU SECRET
Hassan Baoom, dirigeant d'un groupe politique d'opposition du sud du Yémen, est détenu au secret depuis le
9 novembre. Amnesty International est inquiète pour sa santé et craint qu'il ne soit détenu uniquement pour
avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression, ce qui ferait de lui un prisonnier d'opinion.
Hassan Baoom, qui a plus de 70 ans, a été arrêté par des membres des forces de sécurité le 9 novembre alors qu'il se
rendait en voiture d'Aden à al Dali, dans le sud du Yémen. Il est maintenu en détention au secret depuis lors. Amnesty
International pense qu'il est détenu à la prison de la Sécurité politique à Sanaa, la capitale. Selon certaines sources, cet
homme est un dirigeant du Mouvement du sud et le président d'une faction appelée Conseil suprême national pour la
libération du sud.
Des informations non confirmées indiquent qu'il a récemment été transféré dans un hôpital. Amnesty International ignore
quelle était la raison immédiate de ce transfert, mais Hassan Baoom souffrirait d'hypertension, de troubles cardiaques et
de diabète. L'organisation est préoccupée par l'apparente dégradation de son état de santé.
Hassan Baoom a déjà été détenu pendant deux mois en 2007 et six mois en 2008 à la suite de manifestations organisées
par des militaires à la retraite originaires du sud du Yémen pour protester contre la discrimination qu'ils ressentaient en
matière d'emploi, de salaires et de pensions. Le Mouvement du sud est une coalition de groupes politiques née des suites
de ces protestations qui, selon le gouvernement yéménite, appelle à l'indépendance de la partie méridionale du pays. Il a
organisé un certain nombre de manifestations dénonçant ce qu'il perçoit comme un manque de détermination du
gouvernement à lutter contre la discrimination envers la population du sud du pays. Les autorités ont répondu avec
brutalité à ces manifestations. Plusieurs dizaines de manifestants ont été tués dans les cortèges ou à proximité de ceux-ci.
Dans de nombreux cas, ils semblent avoir été abattus illégalement car ils ne mettaient pas en danger la vie des membres
des forces de sécurité ou d'autres personnes. Depuis le début des protestations en 2007, les forces de sécurité ont arrêté
et détenu, bien souvent de manière arbitraire, des milliers de manifestants et de passants ainsi que des chefs de file et
des militants du Mouvement du sud.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE AUX DESTINATAIRES
MENTIONNÉS CI-APRÈS (en arabe, en anglais ou dans votre propre langue) :
exhortez les autorités à permettre à Hassan Baoom de bénéficier sans délai de tous les soins médicaux dont il pourrait
avoir besoin ;
demandez-leur instamment de veiller à ce que cet homme soit protégé de la torture et des autres formes de mauvais
traitements, et qu'il soit autorisé sans délai et régulièrement à consulter l'avocat de son choix et à entrer en contact avec
ses proches ;
faites-leur remarquer que, s'il s'avérait qu'il était détenu uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté
d'expression et de réunion sans avoir eu recours à la violence ni prôné son usage, Amnesty International le considérerait
comme un prisonnier d'opinion et appellerait à sa libération immédiate et sans condition ;
priez-les de révéler publiquement la nature des charges éventuellement retenues contre lui et engagez-les à veiller à ce
que toute procédure judiciaire entamée contre lui soit conforme aux normes internationales d'équité.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 13 JANVIER 2011 À :
Ministre de l'Intérieur :
His Excellency Mutaher Rashad al-
Masri
Ministry of Interior
Sana'a, République du Yémen
Fax : +967 1 332 511 /
+967 1 514 532 / +967 1 331 899
Courriel : moi@yemen.net.ye
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Ministre,
Président de la République :
His Excellency Ali Abdullah Saleh
Office of the President of the Republic
of Yemen
Sana'a
République du Yémen
Fax : +967 1 274 147
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Président,
Copies à :
Ministre des Droits humains :
Her Excellency Dr Huda Ali Abdullatef
Alban
Ministry for Human Rights
Sana'a, République du Yémen
Fax : +967 1 444 838 /
+967 1 419 555 / +967 1 419 700
Courriel : mshr@y.net.ye
Formule d'appel : Your Excellency, /
Madame la Ministre,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Yémen dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut
encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
2 décembre 2010
ACTION URGENTE
UN MILITANT POLITIQUE TENU AU SECRET
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Dans le sud du Yémen, des manifestations ont lieu de manière sporadique depuis environ trois ans. Elles ont commencé par les
protestations de militaires à la retraite originaires du sud, qui expriment de manière croissante leur préoccupation quant au fait
qu'ils ne bénéficient pas du même traitement que les militaires du nord du pays en matière d'emploi, de salaires et de pensions
de retraite. La plupart de ces anciens soldats faisaient partie de l'armée de l'ex-République populaire démocratique du Yémen
(RPDY), communément appelée Yémen du Sud. Après la réunification du pays en 1990, les troupes de la RPDY et de la
République arabe du Yémen (RAY), communément appelée Yémen du Nord, ont été rassemblées en une seule armée, celle de la
nouvelle République du Yémen. Cependant, à la suite de la guerre civile de 1994, qui s'est conclue par la défaite du sud, de
nombreux soldats de l'ex-RPDY ont été renvoyés de l'armée. Ces anciens militaires, ainsi que ceux qui appartiennent encore à
l'armée actuelle, affirment subir des discriminations par rapport aux soldats qui avaient fait partie de l'armée de la RAY. Le
Mouvement du sud semble être apparu à la suite de ces manifestations et de celles liées aux discriminations globales dont les
habitants du sud du pays estiment être victimes.
En août 2010, Amnesty International a publié un rapport qui soulignait le recours croissant du gouvernement yéménite à des lois
répressives et des méthodes illégales face aux difficultés qu'il rencontre et pour faire taire ses détracteurs. Pour plus
d'informations, veuillez consulter le document intitulé Yemen: Cracking down under pressure (index AI : MDE 31/010/2010, août
2010), disponible à partir de l'adresse suivante : http://www.amnesty.org/en/news-and-updates/report/yemen-abandons-human-
rights-name-countering-terrorism-2010-08-24.
AU 247/10, MDE 31/014/2010, 2 décembre 2010

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