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Yémen. Un rédacteur en chef libéré. Hisham Bashraheel

, N° d'index: MDE 31/008/2010

Hisham Bashraheel, rédacteur en chef d'un journal yéménite, a été libéré sous caution après avoir été détenu sans inculpation pendant près de trois mois. Ses deux fils, qui sont adultes, sont toujours en détention provisoire mais n'ont pas été inculpés d'une quelconque infraction. Leur détention semble être liée uniquement au fait que leur journal a couvert des manifestations dans le sud du Yémen.

Action complémentaire sur l'AU 03/10, MDE 31/008/2010 Yémen 26 mars 2010
ACTION URGENTE
UN RÉDACTEUR EN CHEF LIBÉRÉ AU YÉMEN
Hisham Bashraheel, rédacteur en chef d'un journal yéménite, a été libéré sous caution après avoir été
détenu sans inculpation pendant près de trois mois. Ses deux fils, qui sont adultes, sont toujours en
détention provisoire mais n'ont pas été inculpés d'une quelconque infraction. Leur détention semble être
liée uniquement au fait que leur journal a couvert des manifestations dans le sud du Yémen.
Hisham Bashraheel, rédacteur en chef du quotidien Al Ayyam âgé de 66 ans, a été libéré sous caution le 25 mars. Hisham et
Hani Bashraheel, un de ses fils, ont été arrêtés le 6 janvier. Son autre fils, Muhammad Bashraheel, a été arrêté le 5 janvier. Les
deux fils d'Hisham Bashraheel travaillaient également pour Al Ayyam. Ces trois hommes ont été détenus au service des enquêtes
criminelles, à Aden, une ville du sud du pays. Ils ont d'abord été détenus au secret, avant de pouvoir finalement entrer en
contact avec leurs proches et leurs avocats. L'état de santé d'Hisham Bashraheel s'est, semble-t-il, détérioré pendant son
incarcération.
Ce rédacteur en chef a été accusé d'avoir constitué une bande armée à la suite d'une manifestation devant les locaux d'Al Ayyam,
à Aden, à laquelle ses fils et lui avaient pris part. Cette manifestation a commencé le 4 janvier, soit huit mois après l'interdiction
effective d'impression et de distribution dont les autorités ont frappé Al Ayyam. Le même jour, les forces de l'ordre ont ouvert le
feu sur les manifestants, et les agents de sécurité du journal ont riposté. Un membre des forces de l'ordre et un agent de sécurité
ont trouvé la mort. Par ailleurs, les autorités souhaitent interroger Hisham Bashraheel au sujet de faits qui se sont déroulés en
février 2008 : des hommes avaient ouvert le feu en direction de son domicile de Sanaa, la capitale, et les agents de sécurité qu'il
employait pour en assurer la protection avaient riposté. Un des agresseurs avait été tué et un autre blessé. Hisham Bashraheel
n'a pas été inculpé officiellement dans le cadre de cette affaire, mais d'autres personnes sont en instance de jugement pour
l'homicide commis. Dans les deux cas cités, il a peut-être été visé parce qu'Al Ayyam avait couvert des manifestations dans le
sud du Yémen.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-
APRÈS (en arabe, en anglais ou dans votre propre langue) :
réjouissez-vous de la libération d'Hisham Bashraheel ;
exhortez les autorités à veiller à ce qu'Hani et Muhammad Bashraheel, ainsi que toutes les autres personnes arrêtées à la
suite de la manifestation organisée devant les locaux d'Al Ayyam, soient protégés contre toute forme de torture ou de mauvais
traitements et qu'ils soient autorisés dans les meilleurs délais à être régulièrement en contact avec les avocats de leur choix et
leurs proches, ainsi qu'à bénéficier de tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin ;
faites remarquer que, s'il s'avérait qu'ils sont détenus uniquement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté
d'expression et de réunion, Amnesty International les considérerait comme des prisonniers d'opinion et demanderait leur
libération immédiate et sans condition ;
exhortez les autorités, s'il existe des éléments prouvant que ces hommes ont commis une infraction dûment reconnue par la
loi, à les inculper sans délai et à veiller à ce qu'ils soient jugés dans le cadre d'une procédure conforme aux normes
internationales d'équité.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 7 MAI 2010 À :
Ministre de l'Intérieur :
His Excellency Mutaher Rashad al-Masri
Ministry of Interior
Sana'a, République du Yémen
Fax : +967 1 332 511 /
+967 1 514 532 / +967 1 331 899
Courriel : moi@yemen.net.ye
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Ministre,
Président de la République :
His Excellency Ali Abdullah Saleh
Office of the President of the Republic of
Yemen
Sana'a, République du Yémen
Fax : +967 1 274 147
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Président,
Copies :
Ministre des Droits humains :
Her Excellency Dr Houda ‘Ali ‘Abdullatif al-
Baan
Ministry of Human Rights
Sana'a, République du Yémen
Fax : +967 1 444 838 /
+967 1 419 555 / +967 1 419 700
Courriel : mshr@y.net.ye
Formule d'appel : Your Excellency, / Madame
la Ministre,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Yémen dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut
encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la deuxième mise à jour de l'AU 03/10 (MDE 31/001/2010). Pour plus
d'informations : http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE31/001/2010 et http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE31/002/2010.
26 mars 2010
ACTION URGENTE
UN RÉDACTEUR EN CHEF LIBÉRÉ AU YÉMEN
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Le 30 avril 2009, les autorités ont saisi tous les exemplaires d'Al Ayyam disponibles dans les kiosques à journaux et autres
points de vente situés à Sanaa, la capitale, et dans des villes du sud du pays. Elles ont appliqué la même mesure à l'encontre de
six autres journaux début mai, tandis que les forces de l'ordre bloquaient l'accès aux locaux d'Al Ayyam pour empêcher la
distribution du journal. Des membres des forces de l'ordre ont été stationnés devant les locaux du quotidien jusqu'au 6 janvier
2010, date à laquelle ils ont effectué une descente dans les bureaux et ont saisi des ordinateurs. Le 5 mai 2009, le
gouvernement a annoncé sa décision d'interdire la publication de tous les journaux qui, selon lui, ont exprimé des points de vue
favorables à la sécession du sud du pays dans leurs articles consacrés aux manifestations dans cette région. Malgré cette
interdiction, Al Ayyam a publié quelques articles sur son site Internet en 2009. Le 13 mai, les forces de l'ordre ont pris d'assaut
les locaux d'Al Ayyam, tuant deux hommes dont un agent de sécurité et en blessant un troisième.
Les mesures prises à l'encontre de sept journaux, dont Al Ayyam, quotidien yéménite à grand tirage qui a vu le jour en 1958,
sont intervenues à la suite de la parution dans ces journaux d'articles consacrés au mouvement de protestation dans le sud du
pays au cours de la période précédant le 27 avril 2009, quinzième anniversaire du début de la guerre civile qui a opposé,
pendant trois mois, le gouvernement yéménite de Sanaa aux séparatistes du sud. Une coalition de groupes politiques appelée
Mouvement du sud qui, selon le gouvernement, appelle à l'indépendance de la région sud du pays, serait à l'origine de ces
manifestations.
Amnesty International a, à plusieurs reprises ces dernières années, recueilli des informations sur certains motifs de
préoccupation en rapport avec la liberté d'expression au Yémen, en particulier la chasse donnée par les autorités aux détracteurs
de l'État, accusés d'« atteinte à l'unité nationale », infraction dont la définition reste vague.
Pour plus d'informations, veuillez consulter la synthèse destinée aux médias en date du 25 janvier 2010, intitulée Yemen.
Security and human rights (index AI : MDE 31/004/2010, http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE31/004/2010/en).
Action complémentaire sur l'AU 03/10, MDE 31/008/2010, 26 mars 2010

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