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Syrie. Un détenu risque la torture

, N° d'index: MDE 24/077/2011

Ahmed Andora a été arrêté le 28 septembre dernier par les forces de sécurité syriennes à Damas. Il est maintenu en détention au secret depuis le 2 octobre et pourrait faire l'objet d'une disparition forcée, ce qui l'expose fortement au risque d'être victime de torture et d'autres mauvais traitements.

AU 343/11, MDE 24/077/2011 Syrie 22 novembre 2011
ACTION URGENTE
SYRIE. UN DÉTENU RISQUE LA TORTURE
Ahmed Andora a été arrêté le 28 septembre dernier par les forces de sécurité syriennes à Damas. Il est
maintenu en détention au secret depuis le 2 octobre et pourrait faire l'objet d'une disparition forcée, ce
qui l'expose fortement au risque d'être victime de torture et d'autres mauvais traitements.
Le 28 septembre, Ahmed Andora se trouvait dans un café de Damas avec deux personnes lorsqu'il a été arrêté par
des membres des forces de sécurité, a déclaré un de ses amis à Amnesty International. Il aurait été autorisé à
appeler sa famille le 2 octobre ; il a alors confirmé son interpellation et insinué qu'il était détenu dans les locaux de
la curité politique à Damas. Personne n'a entendu parler de lui depuis et Amnesty International craint donc qu'il
soit victime d'une disparition forcée.
Selon des informations reçues par l'organisation, la famille et l'avocat d'Ahmed Andora ont plusieurs fois demandé
de ses nouvelles aux autorités et à des contacts non officiels, mais ils n'ont obtenu aucune réponse. Amnesty
International craint pour le bien-être de cet homme étant donné que plusieurs personnes placées en détention
pendant les troubles qui continuent de secouer la Syrie ont signalé que les forces de sécurité ont fréquemment
recours à la torture et à d'autres mauvais traitements.
On ignore pourquoi Ahmed Andora a été interpellé mais un contact en Syrie a affirmé à l'organisation que celui-ci
est peut-être pris pour cible en raison de sa forte implication dans les mouvements de protestation en faveur de
réformes. Si les activités d'Ahmed Andora sont pacifiques, comme cela semble être le cas, Amnesty International le
considérera comme un prisonnier d'opinion et demandera sa libération immédiate et inconditionnelle.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS
CI-APRÈS, en arabe, en anglais, en français ou dans votre propre langue :
faites part de vos inquiétudes quant au fait qu'Ahmed Andora soit détenu au secret dans des conditions qui
s'apparentent à une disparition forcée et demandez des informations sur l'endroit il se trouve, la raison de son
arrestation et sa situation juridique ;
exhortez les autorités à veiller à ce que cet homme soit protégé de la torture et d'autres mauvais traitements, et
qu'il puisse contacter sa famille et l'avocat de son choix ainsi que bénéficier d'un traitement régulier et de tous les
soins médicaux dont il a besoin ;
dites-vous préoccupé-e par l'idée qu'il soit détenu uniquement pour avoir mené des activités pacifiques liées aux
manifestations en faveur de réformes et précisez que si tel est le cas, Amnesty International le considérera comme
un prisonnier d'opinion et demandera sa libération immédiate et inconditionnelle.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 3 JANVIER 2012 À :
Président de la Syrie
Bashar al-Assad
Presidential Palace
al-Rashid Street
Damas, Syrie
Fax : +963 11 332 3410
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Président,
Ministre de l'Intérieur
Major General Mohamed Ibrahim al-
Sha'aar
Ministry of Interior
‘Abd al-Rahman Shahbandar Street
Damas, Syrie
Fax : +963 113 110 554
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Ministre,
Copies à :
Ministre des Affaires étrangères et
des Expatriés
Walid al-Mu'allim
Ministry of Foreign Affairs and
Expatriates
al-Rashid Street
Damas, Syrie
Fax : +963 11 214 625 12 / ou 3
Veuillez également envoyer des copies aux représentants diplomatiques de la Syrie dans votre pays (adresse/s à compléter) :
Nom(s), adresse(s), n° de fax, courriel, formule de politesse
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
22 novembre 2011
ACTION URGENTE
SYRIE. UN DÉTENU RISQUE LA TORTURE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
En Syrie, des manifestations en faveur de réformes ont débuté en février 2011 et se sont transformées en mouvements de
protestation de grande ampleur à la mi-mars. Ces manifestations sont le plus souvent pacifiques ; pourtant, les autorités
syriennes répondent de la manière la plus brutale qui soit pour tenter d'y mettre un terme. Amnesty International a obtenu les
noms de plus de 3 200 personnes qui seraient mortes ou auraient été tuées dans le cadre de ces manifestations depuis la mi-
mars. On pense que beaucoup ont été abattues par des membres des forces de sécurité utilisant des balles réelles alors qu'elles
participaient à des manifestations pacifiques ou assistaient aux obsèques de personnes tuées au cours de précédents
mouvements de protestation.
Des milliers d'autres personnes ont été arrêtées, beaucoup sont détenues au secret dans des lieux inconnus les actes de
torture et d'autres mauvais traitements semblent monnaie courante. À la suite d'un plan d'action conclu le 30 octobre 2011 avec
la Ligue des États arabes, les autorités syriennes se sont engagées le 2 novembre à retirer leurs troupes des villes en proie à des
troubles, à libérer les personnes emprisonnées dans le contexte des événements actuels et à commencer les négociations avec les
groupes de l'opposition. Néanmoins, des manifestants et des partisans supposés des manifestations continuent d'être arrêtés.
Depuis le 1
er
avril, plus de 150 personnes seraient décédées en détention dans des circonstances extrêmement suspectes.
Certaines d'entre elles, dont des enfants, ont été mutilées avant ou après la mort d'une manière particulièrement choquante,
dans le but supposé de provoquer la terreur des familles auxquelles les corps sont renvoyés.
Ces dernières semaines, des informations toujours plus nombreuses font état de la mort de militaires et de membres des forces
de sécurité. Beaucoup auraient été tués au cours d'affrontements avec l'Armée syrienne libre, créée en juillet et composée
notamment de personnes qui ont quitté les forces armées et pris les armes dans le but avoué de protéger leurs quartiers des
opérations de sécurité.
Nom : Ahmed Andora
Genre h/f : h
AU 343/11, MDE 24/077/2011, 22 novembre 2011

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