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Libye. Une femme détenue en Libye après avoir dénoncé son viol. Eman al Obaidi

, N° d'index: MDE 19/013/2011

Une Libyenne est détenue, la plupart du temps au secret, depuis qu'elle a affirmé avoir été violée par des membres des forces du colonel Kadhafi. Elle risque fortement d'être torturée, et les agents qu'elle accuse de l'avoir violée auraient engagé des poursuites contre elle pour diffamation.

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er
avril 2011
ACTION URGENTE
UNE FEMME DÉTENUE EN LIBYE APRÈS AVOIR DÉNONCÉ SON VIOL
Une Libyenne est détenue, la plupart du temps au secret, depuis qu'elle a affirmé avoir été
violée par des membres des forces du colonel Kadhafi. Elle risque fortement d'être torturée, et
les agents qu'elle accuse de l'avoir violée auraient engagé des poursuites contre elle pour
diffamation.
Le 26 mars 2011, Eman al Obaidi a été traînée de force hors de l'hôtel Rixos de Tripoli par des agents en civil des
forces de sécurité libyennes alors qu'elle tentait de parler à des journalistes étrangers et affirmait avoir été
séquestrée et violée par des membres des forces du colonel Kadhafi. Elle criait : « Regardez ce qu'ils m'ont fait ! »,
en montrant des bleus sur son corps, quand elle a été forcée à monter dans une voiture banalisée et emmenée vers
une destination inconnue. Amnesty International est extrêmement inquiète pour sa sécurité ; elle pourrait subir des
actes de torture visant à lui faire retirer ses accusations.
Les autorités libyennes n'ont pas révélé la raison ni le fondement juridique de sa détention. Au lieu d'enquêter sur
ses allégations de viol et d'autres actes de torture ou mauvais traitements, elles tentent de la discréditer
publiquement, en prétendant qu'elle est mentalement déséquilibrée et en l'accusant d'être une prostituée. Elles
disent qu'elles n'enquêtent pas sur ses allégations de viol parce que, selon elles, elle a refusé de subir un examen
médical.
D'après les autorités, les hommes des forces de sécurité accusés de viol nient ces accusations et ont engagé des
poursuites contre elle pour diffamation. On ignore s'il s'agit de poursuites civiles ou d'une procédure pénale
soutenue par le gouvernement.
Le père d'Eman al Obaidi a rejeté les dires des autorités selon lesquels elle souffrirait de problèmes mentaux. Il a
indiqué que sa fille était diplômée en droit et suivait des études supérieures à l'université de Tripoli. Sa mère, qui
vit comme lui dans l'est de la Libye, a déclaré : « Je n'ai pas honte de ma fille. Je garde la tête haute par rapport à
ce qu'elle a fait, car elle a abattu un obstacle qu'aucun homme n'a pu abattre [...]. Ma fille est otage de Mouammar
Kadhafi et de ses partisans. » En Libye, il semble que les femmes craignent de dénoncer le viol à cause de la honte
qui y est associée. La mère d'Eman al Obaidi dit avoir reçu un appel des autorités libyennes lui indiquant que celle-
ci serait immédiatement libérée et sa famille récompensée si elle retirait ses allégations de viol, mais lorsqu'elle a
pu lui parler directement, sa fille lui a répondu qu'elle ne les retirerait pas.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE AUX DESTINATAIRES CI-
APRÈS (en anglais, en français, en arabe ou dans votre propre langue) :
exhortez les autorités à libérer Eman al Obaidi immédiatement et sans condition, à garantir sa sécurité et à
assurer sa protection à sa sortie ;
priez-les instamment de mener sans délai une enquête indépendante, exhaustive et approfondie sur ses
allégations de viol et d'autres actes de torture et mauvais traitements aux mains de membres des forces de sécurité
libyennes, et de conduire les responsables présumés devant la justice.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 12 MAI 2011 À :
Chef de la révolution :
Colonel Mu‘ammar Al-Gaddafi
Office of the Leader of the Revolution,
Tripoli, Libye
Formule d'appel : Your Excellency, /
Excellence,
Directeur exécutif de la Fondation
Kadhafi pour le développement :
Gaddafi Development Foundation
Executive Director
El Fatah Tower, 5th Floor B No.57
PO Box 1101, Tripoli
Libye
Fax : +218 21 3350263
Courriel : media@gdf.org.ly
Formule d'appel : Dear Sir, / Monsieur,
Association caritative Waatassimu :
Waatassimu Charity Association
Omar Almukhtar Street
Tripoli, Libye
+218 21 334 3329/7/6 (merci de vous
montrer persévérant)
Courriel : info@waatasemu.org
Formule d'appel : Dear Madam, /
Madame,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Libye dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut
encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
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ACTION URGENTE
UNE FEMME DÉTENUE EN LIBYE APRÈS AVOIR DÉNONCÉ SON VIOL
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Le 27 mars, la chaîne de télévision Al Libiyya TV a diffusé des enregistrements sonores et des séquences sur lesquels on
entendait Eman al Obaidi parler avec, selon la présentation, une gardienne et sa sœur qui lui rendait visite en détention dans les
locaux de la Direction générale de la sécurité, qui l'enjoignait d'accepter d'être examinée par un médecin de l'État ; on ignore si
sa sœur agissait alors de son plein gré ou sous la contrainte.
Des violations flagrantes et systématiques des droits humains ont été commises en toute impunité tout au long du régime du
colonel Mouammar Kadhafi, qui dure depuis plus de 40 ans en Libye, notamment des arrestations arbitraires et des détentions
sans jugement, des disparitions forcées, des actes de torture et d'autres mauvais traitements, des procès iniques et des
exécutions extrajudiciaires. Les autorités libyennes ne tolèrent pas la dissidence, y compris les critiques pacifiques réclamant le
changement, et elles enferment régulièrement les personnes qui cherchent à exercer leur droit à la liberté d'expression.
Les femmes sont victimes de discrimination, tant dans la législation que dans la pratique. Celles qui sont victimes de viol et
d'autres violences sexuelles sont, semble-t-il, généralement réticentes à signaler ces crimes aux autorités, d'une part parce
qu'elles pourraient être accusées d'adultère un « crime » passible de cinq ans d'emprisonnement et d'une peine de flagellation
et d'autre part parce que subir un viol peut être considéré comme honteux et constituer un affront à l'honneur familial.
AU 98/11, MDE 19/013/2011, 1
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