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Israël et territoires palestiniens occupés. Un village détruit pour la huitième fois

, N° d'index: MDE 15/030/2010

Le village bédouin d'Al Araqib – situé dans le Néguev (sud d'Israël) – a été démoli pour la huitième fois. Une cinquantaine de personnes, dont la moitié sont des enfants, sont concernées. Les habitants, citoyens israéliens, sont déterminés à reconstruire leurs habitations mais le temps se détériore.

Action complémentaire sur l'AU 236/10, MDE 15/030/2010 Israël 23 décembre 2010
ACTION URGENTE
UN VILLAGE DÉTRUIT POUR LA HUITIÈME FOIS
Le village bédouin d'Al Araqib situé dans le Néguev (sud d'Israël) a été démoli pour la
huitième fois. Une cinquantaine de personnes, dont la moitié sont des enfants, sont concernées.
Les habitants, citoyens israéliens, sont déterminés à reconstruire leurs habitations mais le temps
se détériore.
Ce matin, des agents de l'Administration des territoires d'Israël et de la Patrouille verte (sous la responsabilité de la Direction de
la nature et des parcs) sont arrivés au village, équipés d'au moins deux bulldozers et accompagnés de plusieurs dizaines de
policiers circulant à bord d'une vingtaine de camionnettes. Les autorités ont rapidement détruit une trentaine de tentes de
fortune que les habitants avaient récupérées après la dernière démolition, le 22 novembre. Les villageois et les membres du
Forum pour la coexistence dans le Néguev qui les soutiennent ont réussi à préserver certaines des bâches en plastique utilisées
pour couvrir les tentes ainsi que plusieurs des armatures métalliques. Les autorités ont également détruit l'habitation d'une
famille qui s'était installée dans un verger, à environ 2 kilomètres du village principal. De plus, un réservoir d'eau et un camion
servant à le transporter pour aller chercher l'eau aux points d'approvisionnement ont été confisqués.
Lors des démolitions répétées qui ont eu lieu dernièrement à Al Araqib, des enclos où les villageois parquaient leurs chèvres,
leurs moutons et leurs poules ont aussi été détruits. Les animaux vivent maintenant près de l'ancien cimetière ou errent dans le
village, sans abri. Certaines personnes qui avaient perdu leurs habitations lors de précédentes démolitions campent actuellement
dans des tentes au cimetière, à l'extérieur du village.
C'est la huitième fois qu'Al Araqib, l'un des quelque 40 villages « non reconnus » d'Israël dont les habitants ne bénéficient pas
de la sécurité d'occupation ni des services publics, est démoli depuis juillet. Ses habitants sont néanmoins déterminés à rester
sur place et à rebâtir leurs lieux de vie. Une cinquantaine de personnes ont été directement touchées par la démolition
d'aujourd'hui et sont en train de reconstruire avec l'aide de membres du Forum pour la coexistence dans le Néguev et d'autres
groupes.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS
(en hébreu, en anglais ou dans votre propre langue) :
condamnez les destructions répétées du village d'Al Araqib et exhortez les autorités israéliennes à mettre un terme à la
politique de démolition visant des habitations en Israël et en Cisjordanie, notamment à Jérusalem-Est ;
priez-les de respecter le droit de la population bédouine à ses terres ancestrales en lui permettant de reconstruire, et de
prendre des mesures pour reconnaître officiellement Al Araqib et les autres localités « non reconnues » afin que leurs habitants
bénéficient de la sécurité d'occupation et puissent développer leurs villages sans risquer de perdre leur logement et leurs moyens
de subsistance ;
engagez-les à prendre sans délai des mesures, conformément aux recommandations émises par le Comité des droits de
l'homme des Nations unies en juillet 2010, pour garantir l'accès des habitants de ces villages aux structures de santé, à
l'éducation, à l'eau et à l'électricité.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 2 FÉVRIER 2011 À :
Directeur général de l'Administration des
territoires d'Israël
Yaron Bibi
Israel Lands Administration
6 Shamai Street
PO Box 2600
Jerusalem 94631, Israël
Fax : +972 2 620 8427
Courriel : natalil@mmi.gov.il
Formule d'appel : Dear Director-General, /
Monsieur,
Vice-Premier ministre et ministre de
l'Intérieur
Eliyahu Yishai
2 Kaplan Street
PO Box 6158
Kiryat Ben-Gurion ,
Hakirya, Jerusalem 91061
Fax : +972 2 666 2909
Courriel : sar@moin.gov.il
Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur
le Ministre,
Copies à :
Premier ministre
Benjamin Netanyahu
Office of the Prime Minister
3 Kaplan Street, PO Box 187
Kiryat Ben-Gurion ,
Jerusalem, Israël
Fax : + 972 2 566 4838
Courriel : pm_eng@pmo.gov.il
Formule d'appel : Dear Prime Minister, /
Monsieur le Premier ministre,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques d'Israël dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore
intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la deuxième mise à jour de l'AU 236/10. Pour en savoir plus :
http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE15/027/2010/fr et http://www.amnesty.org/fr/library/info/mde15/028/2010/fr.
23 décembre 2010
ACTION URGENTE
UN VILLAGE DÉTRUIT POUR LA HUITIÈME FOIS
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Al Araqib fait partie des quelque 40 villages palestiniens d'Israël non reconnus par les autorités israéliennes malgré le fait que
leurs habitants soient des citoyens israéliens et qu'ils aient des droits sur leurs terres depuis longtemps. Les habitants de ces
villages « non reconnus », situés pour la plupart dans le désert du Néguev, ne bénéficient pas de la sécurité d'occupation et n'ont
pas accès à certains services, notamment à l'eau et à l'électricité.
Al Araqib a été démoli pour la première fois par les autorités le 27 juillet 2010 : les habitants ont été expulsés par une force
constituée de plus de 1 000 policiers antiémeutes ; au moins 46 habitations et d'autres structures, notamment des enclos pour
animaux et des réservoirs d'eau, ont été détruites. Des milliers d'oliviers et d'autres arbres ont été déracinés, privant ainsi les
villageois de leurs moyens de subsistance, et les biens de ces derniers, notamment des générateurs, des réfrigérateurs et des
véhicules, ont été confisqués par la police. Les 4 et 10 août, des abris de fortune que les villageois avaient construits ont été
démolis et enfouis par des bulldozers, à l'appui desquels étaient venus de nombreux policiers en tenue antiémeutes, équipés
d'un canon à eau. Des matériaux de construction et des réservoirs d'eau ont été saisis. Sept habitants ont été arrêtés puis remis
en liberté, dont quatre sous la condition de ne pas retourner à Al Araqib. Le 17 août à l'aube, pendant le ramadan, les autorités
ont recommencé les démolitions alors que les villageois jeûnaient. Le 12 septembre, à l'aube également, plusieurs dizaines de
policiers sont revenus à Al Araqib avec des bulldozers et ont démoli des tentes et d'autres structures qui venaient d'être montées.
La sixième démolition a eu lieu le 13 octobre, lorsque le village entier a été rasé et que le directeur du Forum pour la coexistence
dans le Néguev a été arrêté par la police et interdit d'accès à Al Araqib pendant 10 jours. La septième démolition s'est déroulée
le 22 novembre : une trentaine de constructions ont été démolies, et quelque 1 600 oliviers situés à environ deux kilomètres du
village et appartenant à des membres de la famille d'habitants d'Al Araqib ont été déracinés par les autorités israéliennes.
Dans les observations finales qu'il a présentées en juillet 2010, le Comité des droits de l'homme des Nations unies a exprimé sa
préoccupation face aux allégations d'expulsions forcées de la population bédouine sur la base de la Loi de 1981 relative aux
terrains publics (Expulsion des envahisseurs), modifiée en 2005, et à ce qu'il décrivait comme une « prise en compte
insuffisante » par les autorités israéliennes des besoins agricoles et autres besoins traditionnels de la population bédouine du
Néguev et des difficultés que les Bédouins rencontrent pour accéder aux structures de santé, à l'éducation, à l'eau et à
l'électricité en raison des politiques d'Israël. Il a appelé les autorités israéliennes à respecter le droit de la population bédouine à
ses terres ancestrales et à ses moyens de subsistance traditionnels fondés sur l'agriculture, ainsi qu'à garantir l'accès de la
population bédouine aux structures de santé, à l'éducation, à l'eau et à l'électricité, quel que soit le lieu où elle se trouve en
Israël. Le Comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination raciale s'est également déclaré préoccupé par la
réinstallation des habitants bédouins de villages « non reconnus » dans des villes par Israël et a demandé que leurs villages
soient officiellement reconnus et qu'Israël accentue ses efforts pour consulter les villageois et tenter d'obtenir leur accord ou leur
consentement préalablement à tout processus de réinstallation.
Bien qu'il semble qu'un plan gouvernemental ait été établi pour régulariser le statut de certains villages « non reconnus », les
médias israéliens ont indiqué au début de l'année 2010 que le ministère de l'Intérieur, l'Administration des territoires d'Israël et
la police avaient décidé de tripler le nombre de démolitions de constructions bédouines dans le Néguev, et la nette augmentation
du nombre de démolitions et d'ordonnances de démolition cette année correspond à ces informations.
Outre les démolitions pratiquées à Al Araqib et dans d'autres localités palestiniennes d'Israël, les autorités israéliennes ont
récemment intensifié la destruction d'habitations palestiniennes en Cisjordanie, notamment à Jérusalem-Est. Le 21 décembre,
par exemple, la maison d'une famille de six personnes, dont trois enfants, a été rasée à Sur Baher (Jérusalem-Est). Le même
jour, le domicile d'une famille palestinienne de cinq personnes, dont trois enfants, a également été détruite dans le village de
Numan (Jérusalem-Est). Le 19 décembre, quatre tentes abritant 24 personnes, dont 16 enfants, et quatre enclos pour animaux
ont été démolis à Al Haswa, près de Bethléem.
Action complémentaire sur l'AU 236/10, MDE 15/030/2010, 23 décembre 2010

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