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Israël et territoires palestiniens occupés. Craintes pour la santé d'une détenue palestinienne. Hana Shalabi

, N° d'index: MDE 15/010/2012

La Palestinienne Hana Shalabi observe une grève de la faim depuis le 16 février 2012 pour protester contre sa détention sans inculpation ni jugement par les autorités israéliennes. Celles-ci n'ont pas encore répondu à la requête de son avocat, qui a demandé son transfert dans un hôpital afin qu'elle y reçoive des soins. Or il semble qu'elle soit de plus en plus faible.

AU 71/12, MDE 15/010/2012 Israël/territoires palestiniens occupés 2 mars 2012
ACTION URGENTE
CRAINTES POUR LA SANTÉ D'UNE TENUE
PALESTINIENNE
La Palestinienne Hana Shalabi observe une grève de la faim depuis le 16 février 2012 pour protester
contre sa détention sans inculpation ni jugement par les autorités israéliennes. Celles-ci n'ont pas encore
répondu à la requête de son avocat, qui a demandé son transfert dans un hôpital afin qu'elle y reçoive des
soins. Or il semble qu'elle soit de plus en plus faible.
Des soldats israéliens ont arrêté Hana Shalabi le 16 février 2012 à son domicile de Burqin, village du nord de la
Cisjordanie occupée. Elle a été emmenée au centre de détention de Salem pour y être interrogée, avant d'être
transférée le lendemain au centre de détention de Hasharon, dans le nord d'Israël. Le 23 février, un ordre de
tention administrative, signé par un commandant de l'armée, a été émis à son encontre. Selon ce document, elle
devait être détenue six mois. Un juge militaire a examiné cet ordre le 29 février, sans pour autant annoncer de
décision. Il devrait soit confirmer le placement en détention administrative, soit en réduire la durée.
D'après son avocat, Hana Shalabi, 30 ans, a entamé une grève de la faim le 16 février, jour de son arrestation, pour
protester contre ce qu'elle considérait comme une arrestation arbitraire et des mauvais traitements de la part des
autorités israéliennes. Hana Shalabi est, semble-t-il, de plus en plus faible mais conserve un bon moral. Son avocat
a demandé au Service pénitentiaire israélien (IPS) de la transférer à l'hôpital carcéral de Ramleh, où elle pourrait
bénéficier de soins, et d'autoriser des médecins de l'organisation non gouvernementale Physicians for Human
Rights-Israel de l'examiner. Sa requête est restée lettre morte.
Selon son avocat et l'organisation de défense des droits des prisonniers Addameer, Hana Shalabi a été maintenue à
l'isolement en quasi-permanence entre le 16 et le 27 février, date à laquelle l'IPS l'a transférée dans une cellule
avec d'autres détenues. Les proches de cette femme n'ont pas été autorisés à lui rendre visite depuis son
arrestation. Ils attendent actuellement la permission des autorités israéliennes.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS,
en anglais ou dans votre propre langue :
priez instamment les autorités israéliennes de permettre à Hana Shalabi de bénéficier immédiatement de soins
médicaux, et de veiller à ce qu'elle soit toujours traitée avec humanité et ne soit punie en aucune manière pour sa grève de la
faim ;
exhortez-les à la libérer sans délai ainsi que les autres Palestiniens en détention administrative, à moins qu'ils ne soient
rapidement inculpés d'une infraction reconnue par le droit international et jugés dans le respect des normes internationales
d'équité des procès ;
appelez-les à permettre à cette femme d'être en contact régulier avec ses avocats, ses médecins et sa famille.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 14 AVRIL 2012 À :
Juge militaire et général de brigade
Brigadier General Danny Efroni
6 David Elazar Street
Hakirya, Tel Aviv, Israël
Fax : +972 3 569 4526
Courriel : avimn@idf.gov.il
Formule d'appel : Dear Judge Advocate
General, / Monsieur le Juge,
Commandant des FDI pour la Cisjordanie
Major-General Avi Mizrahi
GOC Central Command
Military Post 01149
Battalion 877
Israel Defense Forces, Israël
Fax : +972 2 530 5724
Formule d'appel : Dear Major-General Avi
Mizrahi , / Monsieur,
Copies à :
Vice-Premier ministre et ministre de la
Défense
Ehud Barak
Ministry of Defence
37 Kaplan Street, Hakirya
Tel Aviv 61909, Israël
Fax : +972 3 69 16940 / 17915
Formule d'appel : Dear Minister, /
Monsieur le Ministre,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques d'Israël dans votre pays (adresse(s) à compléter) :
nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
CRAINTES POUR LA SANTÉ D'UNE DÉTENUE
PALESTINIENNE
COMPLÉMENT D'INFORMATION
Hana Shalabi habite le village de Burqin, près de Djénine, en Cisjordanie occupée. Selon sa famille, elle prévoyait d'entreprendre
des études d'infirmière à l'université Al Rawda de Naplouse avant sa récente arrestation. Elle avait déjà été arrêtée par les
autorités israéliennes le 14 septembre 2009 et a passé 25 mois en détention administrative sans inculpation ni jugement.
Hana Shalabi a été libérée le 18 octobre 2011 quelques jours avant l'expiration de l'ordre de détention administrative émis à
son encontre dans le cadre de l'échange entre Israël et le Hamas portant sur la libération échelonnée de 1 083 prisonniers et
détenus palestiniens contre celle du militaire israélien Gilad Shalit. Elle n'a été inculpée d'aucune infraction.
Hana Shalabi a été de nouveau arrêtée le 16 février 2012 et placée en détention administrative. Selon son avocat, les autorités
militaires israéliennes prétendent qu'elle mène des activités constituant une menace pour la sécurité d'Israël. Elle est détenue
sur la base de « preuves secrètes » que les autorités militaires israéliennes affirment ne pas pouvoir révéler pour des raisons de
sécurité. Ainsi, ces « preuves secrètes » sur lesquelles elles fondent leur décision d'émettre un ordre de détention administrative
ne sont communiquées ni au détenu ni à son avocat, et le premier ne peut pas contester les motifs de sa détention. Aucune
charge pénale n'a été retenue contre Hana Shalabi et aucune réelle perspective de procès ne se profile.
Les détenus ont droit à un procès équitable, comme le prévoient les articles 9 et 14 du Pacte international relatif aux droits civils
et politiques (PIDCP), auquel Israël est partie, ce qui comprend le droit d'être pleinement informés sans délai des raisons de leur
détention, d'être présumés innocents, d'être présents lors de la comparution des témoins et d'être jugés publiquement. Or la
pratique de la détention administrative bafoue constamment ces droits. Les détenus doivent déposer un recours eux-mêmes et,
dans bien des cas, l'audience d'appel constitue pour eux la première occasion, voire la seule, de découvrir la raison de leur
incarcération. Cette audience a lieu des semaines, voire des mois, après l'interpellation. Les éléments à charge sont présentés en
secret, sans que l'accusé ou son avocat soit autorisé à en prendre connaissance et à les contester.
Amnesty International réclame depuis longtemps la fin de cette pratique et réitère cet appel. Tous les individus placés en
détention administrative en raison de leurs opinions ou activités politiques non violentes doivent être libérés immédiatement et
sans condition ; ceux qui ont été appréhendés pour d'autres motifs doivent être relâchés, à moins qu'ils ne soient inculpés d'une
infraction reconnue par le droit international, auquel cas ils doivent être jugés sans délai dans le respect des normes d'équité des
procès, reconnues à l'échelon international.
Selon les services pénitentiaires israéliens, 309 Palestiniens étaient en détention administrative au 30 janvier 2012 mais il est
possible que ce nombre ait augmenté depuis. À l'heure actuelle, 21 membres du Conseil législatif palestinien sont en détention
administrative. Un homme est en détention administrative depuis cinq ans.
Nom : Hana Shalabi
Genre : femme
AU 71/12, MDE 15/010/2012, 2 mars 2012

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