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Irak. Des manifestants détenus risquent la torture

, N° d'index: MDE 14/029/2011

Plusieurs militants favorables à des réformes sont privés de tout contact avec le monde extérieur depuis leur arrestation, survenue les 27 et 28 mai à Bagdad. Ils risquent de subir des actes de torture ou d'autres mauvais traitements.

AU 158/11, MDE 14/029/2011 Irak 2 juin 2011
ACTION URGENTE
DES MANIFESTANTS TENUS RISQUENT LA TORTURE
Plusieurs militants favorables à des réformes sont privés de tout contact avec le monde extérieur
depuis leur arrestation, survenue les 27 et 28 mai à Bagdad. Ils risquent de subir des actes de
torture ou d'autres mauvais traitements.
Ahmed Alaa al Baghdadi, Jihad Jalil Ibrahim, Muayyad Faisal al Tayeb et Ali Abdul Khaliq al Jaf ont été interpellés sur la
place Tahrir, dans le centre de Bagdad, le 27 mai à 9 h 30, peu de temps avant que ne commence une manifestation
planifiée. Ils ont semble-t-il été emmenés à bord d'une ambulance par des hommes vêtus en civil, qui seraient membres
des forces de sécurité. Les quatre militants avaient déjà appelé à manifester et avaient participé à des mouvements non
violents pour protester contre la détérioration de la situation économique et d'autres conditions de vie en Irak.
Les quatre hommes, âgés de 19 à 29 ans, sont détenus à la prison de la base aérienne d'al Muthanna, dans la capitale
irakienne. Ils risquent apparemment d'être jugés le 5 juin pour possession de fausses cartes d'identité. Toutefois, Amnesty
International craint que l'arrestation et la détention de ces hommes ne soient directement liées à leur participation à des
manifestations pacifiques, où ils ont exercé en toute légitimité leurs droits à la liberté d'expression et de réunion. Les
autorités ont refusé d'autoriser les familles et les avocats des détenus à leur rendre visite, ce qui vient renforcer les
craintes qu'ils ne subissent des actes de torture ou d'autres mauvais traitements.
Le 28 mai, les forces de sécurité irakiennes ont interpellé au moins 11 autres militants, dont Ahmed Mohammad Ahmed,
secrétaire général d'Ayna Haqqi (Où est mon droit), une ONG locale, alors qu'ils se trouvaient au siège de l'ONG, à
Bagdad. Quatre d'entre eux ont par la suite été relâchés, mais Ahmed Mohammad Ahmed et d'autres militants sont
toujours maintenus en détention et ne sont pas autorisés à recevoir la visite de leurs familles et de leurs avocats. On pense
qu'ils sont eux aussi incarcérés à la prison de la base aérienne d'al Muthanna, à Bagdad, car ils seraient soupçonnés
d'avoir pris part à l'organisation de manifestations pacifiques sur la place Tahrir, dans la capitale.
Amnesty International a récemment recueilli des informations sur d'autres manifestants qui ont été torturés ou soumis à
d'autres mauvais traitements peu de temps après leur arrestation et pendant leur détention au secret par les forces de
sécurité irakiennes.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-
APRÈS (en anglais ou en arabe) :
demandez aux autorités d'autoriser immédiatement Ahmed Alaa al Baghdadi, Jihad Jalil Ibrahim, Muayyad Faisal
al Tayeb et Ali Abdul Khaliq al Jaf ainsi que les membres de l'ONG Ayna Haqqi qui ont été arrêtés à recevoir la visite de
leurs proches et de leurs avocats ;
engagez-les à libérer sans délai ni condition ces militants s'ils sont détenus uniquement pour avoir exercé
pacifiquement leurs droits à la liberté d'expression et de réunion ;
priez-les de veiller à ce que ces militants et tous les autres détenus soient protégés contre la torture ou d'autres
mauvais traitements et à ce que les représentants de l'État responsables de tels agissements soient traduits en justice ;
exhortez-les à respecter pleinement les droits à la liberté d'expression et de réunion pacifique en Irak.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 14 JUILLET 2011. Veuillez passer par les représentants diplomatiques de l'Irak dans
votre pays, en demandant que vos appels soient transmis aux personnes suivantes :
Premier ministre et ministre par
intérim de la Défense et de l'Intérieur
His Excellency Nuri Kamil al-Maliki,
Prime Minister
Convention Centre (Qasr al-Ma'aridh)
Bagdad, Irak
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Premier ministre,
Ministre des Droits humains
His Excellency Mohammad Shayaa
al-Sudani
Convention Centre (Qasr al-Ma'aridh)
Bagdad, Irak
Courriel : info@humanrights.gov.iq
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Ministre,
Ministre de la Justice
Hassan al-Shammari
Convention Centre (Qasr al-Ma'aridh)
Bagdad, Irak
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Ministre,
Veuillez également envoyer des copies aux représentants diplomatiques de l'Irak dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore
intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
2 juin 2011
ACTION URGENTE
QUATRE MANIFESTANTS DÉTENUS RISQUENT LA
TORTURE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Depuis début février 2011, plusieurs dizaines de milliers d'Irakiens, inspirés par les soulèvements qu'ont connus la
Tunisie et l'Égypte, protestent contre la corruption, le chômage et l'absence de services élémentaires, et réclament
une meilleure reconnaissance de leurs droits civils et politiques. Dans la région du Kurdistan irakien, des personnes
manifestent également contre les deux principaux partis qui dominent la politique locale depuis des décennies.
Les 16 et 17 février, des informations ont fait état des premiers décès, survenus lors de mouvements de protestation
à Al Kut, dans la province de Wassit, et à Sulaymaniyah, dans la région du Kurdistan irakien. En février et en mars,
le pays a été le théâtre de nombreuses manifestations. Le 25 février, date à laquelle a été organisée la « journée de
colère » à travers tout le pays, on a enregistré le nombre le plus élevé à ce jour d'arrestations, de morts et de
blessés.
Les forces de sécurité ont souvent riposté en recourant à une force excessive, à des balles réelles, à des bombes
sonores (qui produisent un très grand bruit mais n'explosent pas) et à d'autres armes pour disperser des
protestataires pacifiques, en particulier lors des manifestations organisées dans tout le pays le 25 février, à
l'occasion de la « journée de colère ». Vingt personnes, voire davantage, ont été tuées depuis le début des
mouvements de protestation en février. Nombre des personnes arrêtées affirment avoir été torturées ou soumises à
d'autres mauvais traitements. Des journalistes tentant de couvrir les manifestations et des militants politiques ont
été la cible d'agressions ou de menaces.
Mi-avril Amnesty International a publié un rapport, Iraq: Days of rage: Protests and repression in Iraq
(MDE 14/013/2011), qui contient des informations sur des violations des droits humains commises lors des
mouvements de protestation qui ont récemment touché l'Irak.
AU 158/11, MDE 14/029/2011, 2 juin 2011

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