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Irak. Sept Iraniens enlevés au camp d'Ashraf

, N° d'index: MDE 14/016/2013

Sept exilés iraniens, membres de l'Organisation des moudjahidin du peuple d'Iran (OMPI), ont été enlevés le 1er septembre dernier au camp d'Ashraf, au nord-est de Bagdad, par des hommes armés qui ont attaqué le camp et tué 52 personnes vivant là. Selon certaines informations non confirmées, ils seraient aux mains des autorités irakiennes. Ils risquent d'être victimes de torture ou d'autres mauvais traitements, et pourraient être renvoyés de force en Iran.

AU 242/13, MDE 14/016/2013 Irak 11 septembre 2013
ACTION URGENTE
IRAK. SEPT IRANIENS ENLEVÉS AU CAMP D'ASHRAF
Sept exilés iraniens, membres de l'Organisation des moudjahidin du peuple d'Iran (OMPI), ont été enlevés
le 1
er
septembre dernier au camp d'Ashraf, au nord-est de Bagdad, par des hommes armés qui ont
attaqué le camp et tué 52 personnes vivant là. Selon certaines informations non confirmées, ils seraient
aux mains des autorités irakiennes. Ils risquent d'être victimes de torture ou d'autres mauvais traitements,
et pourraient être renvoyés de force en Iran.
Le 1
er
septembre 2013, six femmes - Fatemeh Tahoori, Vajihe Karbalaey (alias Vajihe Karbalaey Fatah), Mahnaz
Azizi (alias Mahbobeh Lashkari), Lila Nabahat, Zahra Ramezani (alias Sedegh Ebrahimpour) et Fatema Sakhie -
ainsi qu'un homme, Mohammad Ratebi (alias Mohsen Nicknamei), ont été enlevés au camp d'Ashraf, situé à environ
60 kilomètres au nord-est de Bagdad, dans la province de Diyala, lorsque des hommes armés sont passés à l'attaque
et ont tué 52 résidents. Tous les sept sont membres de l'OMPI, un groupe d'opposition iranien. Amnesty
International condamne l'homicide des 52 habitants du camp et réclame une enquête indépendante et impartiale
sur cet événement.
Dans le camp, plusieurs témoins ont affirmé avoir vu les sept personnes enlevées menottées, battues et jetées à
terre avant d'être emmenées dans un minibus blanc. On ignore elles se trouvent, bien que certains
renseignements laissent penser qu'elles sont incarcérées dans un centre de détention dans l'ancien aéroport Al
Muthana, dans le centre de la capitale. Le gouvernement irakien nie toute implication, bien que les forces
irakiennes aient déjà été responsables d'attaques dans le camp d'Ashraf, provoquant ainsi la mort de dizaines de
résidents.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS
CI-APRÈS, en arabe, en anglais ou dans votre propre langue :
appelez les autorités à révéler immédiatement l'endroit se trouvent Fatemeh Tahoori, Vajihe Karbalaey,
Mahnaz Azizi, Lila Nabahat, Zahra Ramezani, Fatema Sakhie et Mohammad Ratebi, et à clarifier le statut juridique
de ces individus ;
exhortez-les à veiller, s'ils sont en détention en Irak, à ce qu'ils soient protégés de la torture et d'autres mauvais
traitements, et relâchés sans délai à moins d'être inculpés d'une infraction reconnue par le droit international ;
priez-les instamment de ne pas les renvoyer de force en Iran, où ils risqueraient d'être torturés, voire exécutés ;
rappelez-leur qu'elles sont tenues, en vertu du droit international, de ne pas renvoyer des personnes dans un pays
où elles risqueraient d'être victimes de graves atteintes à leurs droits fondamentaux, notamment de torture.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 23 OCTOBRE 2013. Veuillez passer par les représentants diplomatiques de l'Irak
dans votre pays, en demandant que vos appels soient transmis aux personnes suivantes :
Premier ministre
Nuri Kamil al-Maliki
Convention Centre (Qasr al-Ma'aridh)
Bagdad, Irak
Courriel : info@pmo.iq (merci de vous
montrer persévérant-e)
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Premier ministre,
Ministre de la Justice
Hassan al-Shammari
Ministry of Justice
Bagdad, Irak
Courriel, en arabe via le site :
http://www.moj.gov.iq/complaints.php
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Ministre,
Copies à :
Ministre des Droits de l'Homme
Mohammad Shayaa al-Sudani
Ministry of Human Rights
Bagdad, Irak
Courriel : shakawa@humanrights.gov.iq
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Ministre,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Irak dans votre pays (adresse/s à compléter) :
nom(s), adresse(s), n° de fax, adresse électronique, formule de politesse
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
11 septembre 2013
ACTION URGENTE
IRAK. SEPT IRANIENS ENLEVÉS AU CAMP D'ASHRAF
COMPLÉMENT D'INFORMATION
Les résidents du camp d'Ashraf sont des membres et des partisans de l'OMPI, une organisation politique opposée au
gouvernement iranien et interdite en Iran, qui a mené des actions armées contre l'État iranien. Le camp d'Ashraf abritait quelque
3 400 exilés iraniens qui ont été autorisés à entrer en Irak par le gouvernement de Saddam Hussein, dans les années 1980.
Après l'invasion de l'Irak par les États-Unis en mars 2003, ce camp et ses habitants ont été placés sous protection américaine ;
cette situation a néanmoins pris fin à la mi-2009 à la suite d'un accord conclu entre les autorités américaines et le
gouvernement irakien. À peine un mois plus tard, les 28 et 29 juillet 2009, les forces de curité irakiennes ont pris le camp
d'assaut. Au moins neuf résidents ont été tués et de nombreux autres blessés. Trente-six habitants placés en détention auraient
été torturés et battus.
En avril 2011, les troupes irakiennes ont de nouveau attaqué le camp, recourant à une force excessive, notamment en tirant à
balles réelles contre les habitants qui tentaient de leur résister. Au moins 36 personnes ont été tuées et plus de 300 autres
blessées. Aucune enquête minutieuse, indépendante et impartiale n'a été menée sans délai sur ces événements, ce qui est
contraire aux normes internationales, et notamment aux Principes des Nations unies relatifs à la prévention efficace des
exécutions extrajudiciaires, arbitraires et sommaires et aux moyens d'enquêter efficacement sur ces exécutions.
En 2011, le gouvernement irakien a annoncé la fermeture du camp d'Ashraf après avoir installé ses résidents dans le camp
Liberté à Bagdad. Après le relogement de la majorité des habitants, une centaine de personnes ont été autorisées à rester au
camp d'Ashraf afin de résoudre des questions de propriété.
Aux termes d'un protocole d'accord conclu en décembre 2011 entre les Nations unies et le gouvernement irakien, le Haut-
Commissariat pour les réfugiés a la possibilité d'examiner les demandes de protection internationale formulées par les résidents
de ces camps. Ces personnes sont alors considérées comme des demandeurs d'asile en vertu du droit international. La dernière
attaque au camp d'Ashraf a provoqué la mort des 52 personnes qui vivaient encore là. Des vidéos et photos montrent que la
plupart des victimes ont été abattues d'une balle dans la tête, d'autres ont été menottées.
Noms : Fatemeh Tahoori (f), Vajihe Karbalaey (f), Mahnaz Azizi (f), Lila Nabahat (f), Zahra Ramezani (f), Fatema Sakhie (f) et Mohammad Ratebi
(h)
AU 242/13, MDE 14/016/2013, 11 septembre 2013

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