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Iran. De nombreux manifestants libérés, d'autres toujours en détention

, N° d'index: MDE 13/065/2011

Des centaines de personnes arrêtées en Iran à l'approche des manifestations du 14 février ont été libérées, notamment le militant Taghi (ou Taqi) Rahmani. Cependant, certaines sont toujours détenues, comme Akbar Amini, qui a manifesté du haut d'une grue.

Action complémentaire sur l'AU 36/11, MDE 13/065/2011 Iran 8 juillet 2011
ACTION URGENTE
DE NOMBREUX MANIFESTANTS LIS, D'AUTRES
TOUJOURS EN TENTION
Des centaines de personnes arrêtées en Iran à l'approche des manifestations du 14 février ont été
libérées, notamment le militant Taghi (ou Taqi) Rahmani. Cependant, certaines sont toujours détenues,
comme Akbar Amini, qui a manifesté du haut d'une grue.
L'écrivain et journaliste Taghi (ou Taqi) Rahmani, qui avait été arrêté le 9 février 2011, a été libéré le 15 mai de la
prison d'Evin, à Téhéran, moyennant une caution de 150 millions de rials (environ 10 000 euros). À la suite d'une
convocation le 17 mai à la prison d'Evin, où ses avocats n'ont pas pu entrer, Taghi Rahmani a été détenu quelques
heures.
Narges Mohammadi, son épouse, a été inculpée de « propagande contre le régime », « rassemblement et collusion
en vue de commettre un crime contre la sécurité nationale » et « appartenance au Centre de défense des droits
humains (CDDH) » lors d'une audience qui s'est tenue à huis clos le 27 juin 2011 (voir l'AU 133/10). Ces charges,
qu'elle a réfutées au tribunal, sont liées à son travail pour le CDDH, une organisation de défense des droits humains
fermée de force par les autorités en décembre 2008.
Mohammad Hossein Sharif Zadegan, qui a été un proche collaborateur du chef de file de l'opposition Mir Hossein
Moussavi lors de l'élection présidentielle de 2009, a été arrêté le 10 février 2011. Il a été détenu 50 jours à la
prison d'Evin avant d'être libéré sous caution le 31 mars ou aux alentours de cette date. Amnesty International sait
que Fariba Ebtehaj, arrêtée le 11 février 2011, et Sayed Sadreddin Beheshti, interpellé le 10 février 2011, ont été
libérés environ un mois plus tard, en mars. L'organisation n'a pas reçu de nouvelles informations concernant
Gholamhossein Mahmoudi, arrêté à son domicile le 10 février 2011.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS
CI-APRÈS (en persan, en arabe, en anglais, en français ou dans votre propre langue) :
félicitez-vous de la libération sous caution de Taghi (ou Taqi) Rahmani, Mohammad Hossein Sharif Zadegan,
Fariba Ebtehaj et Sayed Sadreddin Beheshti et demandez aux autorités de garantir qu'ils ne seront pas arrêtés de
nouveau pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion ;
demandez que les charges retenues contre Narges Mohammadi soient abandonnées et exhortez les autorités
iraniennes à révéler la situation juridique d'Akbar Amini et de Gholamhossein Mahmoudi et à les libérer s'ils sont
détenus uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d'expression et de réunion ;
rappelez aux autorités iraniennes que la liberté d'association et de réunion est garantie par les articles 26 et 27
de la Constitution iranienne et les articles 21 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques
(PIDCP), auquel l'Iran est partie.
VEUILLEZ ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 19 AOÛT 2011 À :
Guide suprême de la République islamique
d'Iran
Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei
The Office of the Supreme Leader
Islamic Republic Street End of Shahid
Keshvar Doust Street, Tehran, République
islamique d'Iran
Courriel : info_leader@leader.ir
Twitter : Écrivez à #Iran leader
@khamenei_ir pour demander l'abandon des
charges retenues contre Narges Mohammadi
et la libération inconditionnelle de
Gholamhossein Mahmoudi.
Responsable du pouvoir judiciaire
Ayatollah Sadeqh Larijani
[care of] Public relations Office
Number 4, 2 Azizi Street
Vali Asr Ave., above Pasteur Street
intersection
Tehran, République islamique d'Iran
Courriel : bia.judi@yahoo.com (objet : « FAO
Ayatollah Sadegh Larijani ») ou
larijani@dadgostary-tehran.ir
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Ministre,
Copies à :
Secrétaire général du Haut conseil des droits
humains
Mohammad Javad Larijani
High Council for Human Rights
[Care of] Office of the Head of the Judiciary,
Pasteur St., Vali Asr Ave. south of Serah-e
Jomhouri, Tehran 1316814737, République
islamique d'Iran
Courriel : info@humanrights-iran.ir (objet :
« FAO Mohammad Javad Larijani »)
Formule d'appel : Dear Sir, / Monsieur,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Iran dans votre pays. Merci d'insérer leurs adresses ci-après :
Nom(s), adresse(s), numéro de fax, courriel, formule d'appel
8 juillet 2011
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l'AU 36/11.
Pour en savoir plus : http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE13/020/2011/fr.
8 juillet 2011
ACTION URGENTE
DE NOMBREUX MANIFESTANTS LIS, D'AUTRES
TOUJOURS EN TENTION
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Le 5 février 2011, Mehdi Karroubi et Mir Hossein Moussavi, deux des candidats qui n'ont pas remporté l'élection présidentielle
contestée de 2009, ont adressé une lettre ouverte au ministre iranien de l'Intérieur pour demander l'autorisation d'organiser un
rassemblement le 14 février « afin d'exprimer leur soutien à l'égard des mouvements populaires de la région, en particulier des
mouvements en faveur de la liberté des peuples égyptien et tunisien [...] ». Bien qu'elles aient déclaré officiellement soutenir les
manifestations populaires en Égypte, les autorités iraniennes n'ont autorisé aucune manifestation sur leur territoire.
Le 17 février, le procureur de la République a déclaré que nombre des personnes arrêtées avaient été libérées mais que « les
coupables étaient toujours en détention ». En avril, Akbar Amini, un manifestant arrêté après être monté au sommet d'une grue à
Téhéran avec des rubans verts et des photos de personnes tuées lors des précédents troubles, a été transféré de la section 209 à
la section 350. Au moment de la rédaction de ce texte, il était toujours détenu, apparemment sans inculpation ni jugement.
Mehdi Karroubi et Mir Hossein Moussavi, ainsi que l'épouse de ce dernier, Zahra Rahnavard, sont toujours assignés à résidence.
À la suite d'une récente visite à Mir Hossein Moussavi et Zahra Rahnavard, la mère de celle-ci a déclaré le 6 juillet qu'ils
gardaient le moral mais avaient perdu beaucoup de poids. Des représentants de l'État ont demandé qu'ils soient jugés et se
voient infliger le châtiment le « plus sévère » possible.
Taghi Rahmani a été arrêté le 9 février 2011 par quatre ou cinq personnes en civil qui n'ont pas présenté de badge ni de mandat
d'arrêt et ont confisqué des documents. Bien que sa femme, Narges Mohammadi, se soit rendue plusieurs fois à la prison d'Evin
en demandant à le voir, elle n'a pas pu entrer en contact avec lui ni même obtenir la confirmation qu'il se trouvait bien à cet
endroit. Elle n'a pas reçu d'appel téléphonique de lui depuis le 28 mars.
Taghi Rahmani était l'un des conseillers de Mehdi Karroubi lors de l'élection présidentielle de 2009. Il appartient à l'Alliance
nationale religieuse groupe associé au Mouvement pour la liberté de l'Iran, un parti politique interdit qui prône la réforme
sociale et politique. Depuis les années 1980, Taghi Rahmani a été arrêté et incarcéré en tant que prisonnier d'opinion pendant
14 ans au total en raison de son appartenance à l'Alliance nationale religieuse et de ses écrits sur la réforme de la religion. Son
épouse, Narges Mohammadi, est la responsable adjointe du Centre de défense des droits humains (CDDH), dirigé par la lauréate
du prix Nobel Shirin Ebadi, qui a elle-même été frappée d'une interdiction de quitter le territoire et arrêtée (voir l'AU 133/10,
http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE13/065/2010/fr, et ses mises à jour). Après l'une des arrestations de son mari, Narges
Mohammadi est tombée gravement malade. À la suite de la dernière arrestation de celui-ci, elle a fait une dépression nerveuse et
a été emmenée à l'hôpital Iranmehr, à Téhéran.
Beaucoup d'autres personnes ont été arrêtées pendant et après la manifestation qui s'est tenue le 14 février, même si certaines
d'entre elles ont été relâchées depuis (voir l'AU 31/11, http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE13/019/2011/fr, et sa mise à
jour, http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE13/032/2011/fr).
Noms :
Taghi (ou Taqi) Rahmani
Mohammad Hossein Sharif Zadegan
Fariba Ebtehaj
Sayed Sadreddin Beheshti
Narges Mohammadi
Gholamhossein Mahmoudi
Akbar Amini
Genre : Taghi (ou Taqi) Rahmani : homme ; Narges Mohammadi : femme ; Mohammad Hossein Sharif Zadegan : homme ; Fariba Ebtehaj :
femme ; Sayed Sadreddin Beheshti : homme ; Gholamhossein Mahmoudi : homme ; Akbar Amini : homme
Action complémentaire sur l'AU 36/11, MDE 13/065/2011, 8 juillet 2011

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