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Iran. Un journaliste emprisonné en Iran mène une grève de la faim et de la soif. Mohammad Sadiq Kabudvand

, N° d'index: MDE 13/047/2012

Le 14 juillet 2012 au soir, le journaliste Mohammad Sadiq Kabudvand a entamé une grève de la soif à la prison d'Evin, à Téhéran, pour protester contre le refus répété des autorités iraniennes de le laisser rendre visite à son fils gravement malade. Il refuse désormais non seulement de manger, mais aussi de boire. Mohammad Sadiq Kabudvand est un prisonnier d'opinion, condamné à 10 ans et demi d'emprisonnement pour ses activités de journaliste et de défenseur des droits humains. Il est en mauvaise santé.

Informations complémentaires sur l'AU 204/12 Index : MDE 13/047/2012 Iran Date : 17 juillet 2012
ACTION URGENTE
UN JOURNALISTE EMPRISONNÉ EN IRAN MÈNE UNE GRÈVE DE LA
FAIM ET DE LA SOIF
Le 14 juillet 2012 au soir, le journaliste Mohammad Sadiq Kabudvand a entamé une grève de la soif à la prison
d'Evin, à Téhéran, pour protester contre le refus répété des autorités iraniennes de le laisser rendre visite à son fils
gravement malade. Il refuse désormais non seulement de manger, mais aussi de boire. Mohammad Sadiq
Kabudvand est un prisonnier d'opinion, condamné à 10 ans et demi d'emprisonnement pour ses activités de
journaliste et de défenseur des droits humains. Il est en mauvaise santé.
Mohammad Sadiq Kabudvand avait commencé le 26 mai une grève de la faim, n'ingérant que des liquides. Son fils
Pejman est malade depuis janvier 2012 mais les médecins n'ont pas encore pu établir de diagnostic. Mohammad
Sadiq Kabudvand n'a été autorisé à lui rendre visite qu'à quelques rares occasions, dont la plus récente fin
avril/début mai 2012. Les autorités pénitentiaires l'avaient alors amené au chevet de son fils pour une visite
d'environ 30 minutes.
L'état de santé de Mohammad Sadiq Kabudvand, déjà mauvais, s'est détérioré du fait de sa grève de la faim. Les
autorités médicales et les médecins de la prison ont recommandé son transfert à l'hôpital afin qu'il y reçoive le
traitement dont il a besoin ; Mohammad Sadiq Kabudvand a refusé d'y être transféré parce qu'il devait être menotté
et parce qu'il craignait d'être nourri de force, par voie intraveineuse ou autre.
Son épouse, Parinaz Baghbani Hassani, a déclaré qu'il s'était plaint de vertiges et de maux de tête lorsqu'elle lui a
rendu visite le 16 juillet, et qu'il avait du mal à parler. Mohammad Sadiq Kabudvand a accepté, à la demande de sa
famille et d'amis, de recommencer à boire au cours de la semaine du 16 juillet. Il a néanmoins déclaré qu'il
continuerait de refuser toute nourriture tant qu'il ne pourrait pas voir son fils.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS
CI-APRÈS (en persan, en arabe, en anglais ou dans votre propre langue) :
demandez aux autorités iraniennes de libérer Mohammad Sadiq Kabudvand immédiatement et sans condition
car il s'agit d'un prisonnier d'opinion qui n'a fait qu'exercer pacifiquement, par le biais de ses activités de journaliste
et de défenseur des droits humains, son droit à la liberté d'expression et d'association qui le laisserait voir son fils
librement ;
priez-les instamment de veiller à ce que cet homme bénéficie de tous les soins médicaux dont il pourrait avoir
besoin, notamment d'un traitement dans une structure médicale extérieure à la prison, comme le recommandent les
médecins de la prison d'Evin.
VEUILLEZ ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 28 AOÛT 2012 :
Guide suprême de la République
islamique d'Iran
Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei
The Office of the Supreme Leader
Islamic Republic Street End of Shahid
Keshvar Doust Street,
Tehran, République islamique d'Iran
Courriel : info_leader@leader.ir
Twitter : @khamenei_ir
L'#Iran doit libérer #Kabudvand
immédiatement
Formule d'appel : Your Excellency, /
Excellence,
Responsable des autorités judiciaires à
Téhéran :
Mr Ali Reza Avaie
No. 152, corner of 17
th
, Before Shahid
Motahhary Ave, Sanaei Ave, Karmkhan
Zand Ave. Tehran
République islamique d'Iran
Courriel : info@dadgostary-tehran.ir
(dans le champ réservé à l'objet, veuillez
indiquer : FAO Mr. Ali Reza Avaie)
Fax : +9821 883 26700
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur,
Copies à :
Secrétaire général du Haut conseil des
droits humains
Mohammed Javad Larijani
c/o Office of the Head of the Judicary
Pasteur St, Vali Asr Ave
South of Serah-e Jomhouri
Tehran, République islamique d'Iran
Courriel : info@humanrights-iran.ir
(Dans le champ servé à l'objet,
indiquer : FAO Mohammad Javad
Larijani)
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques accrédités dans votre pays. (adresse(s) à compléter) :
Nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de
l'AU 204/12. Pour en savoir plus : http://amnesty.org/fr/library/info/MDE13/046/2012/fr
ACTION URGENTE
UN JOURNALISTE EMPRISONNÉ EN IRAN MÈNE UNE
GRÈVE DE LA FAIM ET DE LA SOIF
COMPLEMENT D'INFORMATION
Dans une lettre ouverte datée du 27 mai 2012, Mohammad Sadiq Kabudvand a écrit : « Le procureur et les forces de sécurité
continuent de me refuser une permission en raison de leur inimitié, de leur ressentiment et de leur malveillance à mon égard
suscités par mes activités en faveur des droits humains, et ce bien que j'aie purgé la moitié de ma peine d'emprisonnement
illégale et injuste et en dépit des maladies incurables de mon fils et de l'extrême urgence de la situation […]. Par conséquent,
pour protester contre le comportement illégal et inhumain de ces autorités judiciaires et policières, j'ai entamé une nouvelle grève
de la faim à durée indéterminée le samedi 26 mai 2012 à 21 heures. »
Après son arrestation, le 1
er
juillet 2007, Mohammad Sadiq Kabudvand a d'abord été détenu dans la section 209 de la prison
d'Evin, dont on pense qu'elle est contrôlée par le ministère du Renseignement. Il a passé 40 jours à l'isolement et a déclaré avoir
été interrogé les yeux bandés, pieds et poings liés. Il a mené une grève de la faim durant huit jours en signe de protestation
contre ses conditions de détention et d'interrogatoire. Pendant ce laps de temps, la direction de la prison lui a imposé de
demander par écrit l'autorisation d'utiliser les toilettes. Cette situation a aggravé un problème rénal dont il souffrait déjà.
Le 19 mai 2008, Mohammad Sadiq Kabudvand a perdu connaissance pendant une trentaine de minutes. Un autre prisonnier,
médecin, lui a apporté les premiers secours. Ses codétenus ont appelé à l'aide et demandé à des gardiens de l'emmener au
centre médical de la prison, mais ceux-ci l'ont laissé dans sa cellule. Le lendemain, il a été contraint d'assister à l'audience
prévue, qui a été annulée parce qu'un représentant du ministère public ne s'est pas présenté. Le juge a ordonné que Mohammad
Sadiq Kabudvand reçoive des soins médicaux adaptés dans un hôpital, à l'extérieur de la prison d'Evin mais Mohammad Sadiq
Kabudvand n'a pas été autorisé à se faire traiter à l'hôpital et des soins lui ont été prodigués au centre médical de la prison.
Mohammad Sadiq Kabudvand a finalement été transféré à l'hôpital le 9 janvier 2012. Selon sa femme, Parinaz Baghbani
Hassani, il s'était dit en proie à des vertiges lorsqu'elle lui avait rendu visite à la prison aux alentours du 30 décembre 2011.
Parinaz Baghbani Hassani a indiqué à Amnesty International que, le 10 janvier, elle avait reçu un appel de son mari l'informant
qu'il avait été emmené la veille à l'hôpital pour y subir des examens médicaux, notamment un examen de la prostate, des
analyses de sang et des examens cardiovasculaires. Sur la base des résultats de ces examens, les médecins avaient recommandé
l'admission de Mohammad Sadiq Kabudvand à l'hôpital pour une opération de la prostate. Au lieu de cela, il a été reconduit à la
prison d'Evin et on ignore s'il a reçu les soins médicaux dont il avait besoin.
Mohammad Sadiq Kabudvand, qui appartient à la minorité kurde d'Iran, est le fondateur et président de l'Organisation des droits
humains du Kurdistan (HROK ou parfois RMMK, initiales de son nom en kurde). Jusqu'en 2004, il était également rédacteur en
chef de l'hebdomadaire Payam-e Mardom-e Kordestan, qui publiait des articles pour la promotion des droits culturels, sociaux et
politiques de la minorité kurde d'Iran. Le 27 juin 2004, le journal a été condamné à trois ans d'interdiction de paraître par les
tribunaux iraniens pour « diffusion d'idées séparatistes et publication de fausses informations ». La Cour suprême a annulé cette
décision mais le journal n'a pas repris ses activités.
Arrêté le 1
er
juillet 2007, Mohammad Sadiq Kabudvand a été détenu essentiellement dans la prison d'Evin. Le 16 juillet 2009, il
avait cependant été transféré à la prison de Mahabad, dans la province de l'Azerbaïdjan occidental, dans le nord-ouest de l'Iran.
Trois jours plus tard, il a comparu devant la première chambre du tribunal révolutionnaire de la ville de Mahabad. Il était accusé
de « propagande contre le régime » pour publication et distribution de brochures sur les femmes kurdes. Il aurait indiqué à la
cour : « Le contenu de la brochure dont il est question dans l'acte d'accusation est sans rapport avec les documents publiés par
la HROK. Ceux-ci portent le logo et l'adresse de l'organisation et nous ne pouvons endosser la responsabilité que des documents
publiés sur le site Internet de l'organisation. » À la connaissance d'Amnesty International, aucune décision n'a été rendue dans
cette affaire. Mohammad Sadiq Kabudvand a été ramené à la prison d'Evin en avril 2010.
Il a fait l'objet précédemment de l'AU 171/07 (MDE 13/081/2007, http://amnesty.org/fr/library/info/MDE13/046/2012/fr) et
d'actions complémentaires.
Nom : Mohammad Sadiq Kabudvand
Sexe : m
Action complémentaire sur l'AU 204/12, index : MDE 13/047/2012, datée du 17 juillet 2012

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