• Campagnes

Iran. Un journaliste sportif toujours en danger

, N° d'index: MDE 13/031/2010

Abdollah Sadoughi, journaliste sportif et membre de la minorité azérie d'Iran, a été libéré le 11 mars, après avoir passé sept semaines en détention à la prison de Tabriz, dans le nord-est de l'Iran. Il sera probablement informé d'ici une dizaine de jours de la date de son procès, qui devrait suivre rapidement. S'il était condamné et incarcéré, Amnesty International pourrait le considérer comme un prisonnier d'opinion.

Action complémentaire sur l’AU 51/10, MDE 13/031/2010 Iran 17 mars 2010
ACTION URGENTE
UN JOURNALISTE SPORTIF TOUJOURS EN DANGER
Abdollah Sadoughi, journaliste sportif et membre de la minorité azérie d'Iran, a été libéré le 11 mars,
après avoir passé sept semaines en détention à la prison de Tabriz, dans le nord-est de l'Iran. Il sera
probablement informé d’ici une dizaine de jours de la date de son procès, qui devrait suivre rapidement.
S’il était condamné et incarcéré, Amnesty International pourrait le considérer comme un prisonnier
d’opinion.
Abdollah Sadoughi a été arrêté à Tabriz le 18 janvier 2010 et inculpé d’« actes nuisant à la sécurité nationale » et de
« soutien au panturquisme » pour avoir publié des posters du Traktor Sazi, équipe qui est devenue le symbole de la
culture turque azérie dans la ville de Tabriz. Ces posters étaient rédigés en turc azéri. Or, cette langue n’est pas reconnue
comme langue officielle en Iran.
Il a été maintenu en détention à l'isolement pendant 22 jours et n’a été autorisé à rencontrer son avocat et à voir sa
famille qu’un mois après son arrestation. Selon ses déclarations, les gardiens l’auraient insulté et menacé. Pendant sa
détention, il devait demander la permission pour utiliser les toilettes et n’avait le droit de le faire qu’une seule fois par
jour.
Amnesty International ignore les conditions précises de la libération d'Abdollah Sadoughi, mais celui-ci a déclaré à
l'organisation qu'il pense être informé de la date de son procès au cours des dix prochains jours. S’il était condamné et
incarcéré pour des faits liés à l’exercice légitime de son droit à la liberté d’expression, Amnesty International considérerait
Abdollah Sadoughi comme un prisonnier d’opinion détenu pour l’expression pacifique de son point de vue et demanderait
sa libération immédiate et inconditionnelle.
Après sa libération, Abdollah Sadoughi a exprimé sa gratitude envers tous ceux qui ont milité pour qu'il soit relâché et a
déclaré : « Sans les appels d’Amnesty International, je n’aurais pas été libéré. Merci à tous ceux qui m’ont soutenu ! ». Il
a confié à Amnesty International qu’il craint d'être arrêté à tout moment.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-
APRÈS (en persan, en turc ou dans votre propre langue) :
réjouissez-vous de la libération d’Abdollah Sadoughi, mais dites-vous préoccupé(e) par le fait qu'il risque toujours
d’être jugé alors que les charges qui pèsent contre lui semblent liées uniquement à l’exercice pacifique de son droit à la
liberté d’expression ;
priez instamment les autorités d’abandonner toutes les charges de ce type retenues contre lui, et affirmez que s'il était
condamné et incarcéré, Amnesty International le considèrerait comme un prisonnier d’opinion ;
demandez l’ouverture d’une enquête impartiale sur les mauvais traitements qu’il aurait subis pendant sa détention et
que tous les responsables présumés de ces atteintes soient traduits en justice.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 28 AVRIL 2010 À :
Responsable du pouvoir judiciaire dans la
province de l’Azerbaïdjan oriental :
Hojjatoleslam Sharifi,
Judiciary of East Azarbaijan,
Central Complex,
Beginning of Vali-Asr Hill,
Tabriz, East Azarbaijan 5157733135,
République islamique d’Iran
Fax : 009841133201109
Formule d’appel : Dear Sir, / Monsieur,
Responsable du pouvoir judiciaire :
Ayatollah Sadeqh Larijani
Howzeh Riyasat-e Qoveh Qazaiyeh (Office
of the Head of the Judiciary)
Pasteur St., Vali Asr Ave., south of Serah-
e Jomhouri, Tehran, 1316814737
République islamique d’Iran
Courriel : via son site Internet :
http://www.dadiran.ir/tabid/75/Default.asp
x (1er champ comportant une étoile :
prénom ; 2e champ : nom de famille ;
3e champ : adresse électronique)
Formule d’appel : Your Excellency, /
Excellence,
Copies à :
Secrétaire général du Haut conseil des
droits humains :
Mohammad Javad Larijani
Howzeh Riassat-e Ghoveh Ghazaiyeh
Pasteur St, Vali Asr Ave., south of Serah-e
Jomhuri
Tehran 1316814737
République islamique d’Iran
Fax : +98 21 3390 4986
Courriel : bia.judi@yahoo.com(objet :
« FAO Mohammad Javad Larijani »)
Formule d’appel : Dear Mr Larijani, /
Monsieur,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l’Iran dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore
intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l’AU 51/10. Pour plus d’informations :
http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE13/030/2010/fr
17 mars 2010
ACTION URGENTE
UN JOURNALISTE SPORTIF TOUJOURS EN DANGER
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Les Azéris d’Iran, de confession musulmane chiite pour la plupart, constituent la plus importante minorité du pays et
représentent, selon certaines estimations, 25 à 30 % de la population. Ils vivent essentiellement dans les provinces du nord et
du nord-ouest. Bien qu'ils soient généralement bien intégrés dans la société, leurs revendications en matière de droits culturels
et linguistiques se sont faites de plus en plus fortes ces dernières années ; ils réclament en particulier le droit de bénéficier
d’une éducation en turc azéri, qui est inscrit, selon eux, dans la Constitution iranienne, et celui de célébrer la culture et l’histoire
des Azéris dans le cadre de manifestations culturelles. Les Azéris qui militent pour ces droits sont victimes de manœuvres de
harcèlement, d’arrestations et de placements en détention.
Selon certaines informations, les matchs de football auxquels participe l’équipe de Tabriz seraient devenu un élément essentiel
dans l’expression de la culture turque azérie. Pendant les matchs, des supporters réclameraient, en turc azéri, des droits
linguistiques et culturels pour les Azéris d’Iran.
Avant et, surtout, depuis les élections contestées de juin 2009, les autorités iraniennes ont continué à réprimer sévèrement la
liberté d'expression dans le pays : elles arrêtent des journalistes, dont beaucoup seraient toujours derrière les barreaux,
restreignent l'utilisation d'Internet, y compris l'accès aux sites de réseaux sociaux, et ferment des journaux. Les revendications
pour plus de droits de la part de militants en faveur des droits des minorités ethniques sont étouffées depuis des années. Cette
tendance se poursuit dans le contexte de la suppression généralisée et à grande échelle de la plupart des formes de dissension
autour de la politique gouvernementale.
En février 2001, dans le cadre de l'examen périodique universel, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU s'est penché sur la
situation des droits humains en Iran. L’Iran a accueilli favorablement plusieurs recommandations destinées à garantir la liberté
d’expression et l’activité de la presse formulées par d’autres États (voir § 90, recommandations 52-58, http://www.upr-
info.org/IMG/pdf/A_HRC_WG-6_7_L-11_Iran.pdf - en anglais) mais a rejeté d’autres recommandations préconisant qu’il soit mis
un terme aux actes de harcèlement et aux arrestations arbitraires à l’encontre d’écrivains, de journalistes et de blogueurs. Malgré
ces engagements pris publiquement, il s’avère que les autorités iraniennes, dans les faits, continuent à ne pas tenir compte des
obligations qui leur incombent en matière de droits humains en ce qui concerne la liberté d’expression. L’Iran a également rejeté
les recommandations préconisant de prendre toutes les mesures adaptées pour mettre fin à la discrimination et au harcèlement à
l'encontre des personnes qui appartiennent à une minorité religieuse, ethnique, linguistique ou autre (voir § 92).
Action complémentaire sur l’AU 51/10, MDE 13/031/2010, 17 mars 2010

Dans quelle langue voulez-vous lire le rapport ?