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Égypte. Arrestations de défenseurs des droits humains en Égypte

, N° d'index: MDE 12/008/2011

Des défenseurs des droits humains, des journalistes et d'autres personnes ont été arrêtés par les forces de sécurité égyptiennes dans le cadre de manœuvres manifestement destinées à réprimer les activités consistant à rendre compte des troubles en Égypte de manière indépendante. Deux membres du personnel d'Amnesty International et un délégué de Human Rights Watch sont au nombre des personnes appréhendées. Ils sont actuellement incarcérés dans un lieu inconnu. Amnesty International craint que toutes les personnes placées en détention ne soient exposées au risque d'être torturées ou soumises à d'autres formes de mauvais traitements.

AU 20/11, Index AI : MDE 12/008/2011 - Égypte 3 février 2011
ACTION URGENTE
ARRESTATION DE DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS EN ÉGYPTE
Des défenseurs des droits humains, des journalistes et d'autres personnes ont été arrêtés par les forces de sécurité
égyptiennes dans le cadre de manœuvres manifestement destinées à réprimer les activités consistant à rendre
compte des troubles en Égypte de manière indépendante. Deux membres du personnel d'Amnesty International et
un délégué de Human Rights Watch sont au nombre des personnes appréhendées. Ils sont actuellement incarcérés
dans un lieu inconnu. Amnesty International craint que toutes les personnes placées en détention ne soient
exposées au risque d'être torturées ou soumises à d'autres formes de mauvais traitements.
Amnesty International a reçu des informations selon lesquelles une trentaine de personnes ont été arrêtées dans les locaux du
Centre Hisham Moubarak pour le droit, après que la police militaire eut investi les lieux. Les personnes appréhendées incluaient
des personnes travaillant pour le Centre, des bénévoles du Front de défense des manifestants égyptiens, ainsi que des délégués
d'Amnesty International et de Human Rights Watch. Parmi les personnes ainsi placées en détention figurent Ahmed Saif Al
Islam, directeur du Centre Hisham Moubarak pour le droit, ainsi que : Mostafa ElHassan, Ahmed Taher, Mohsein Bashir, Nadin
Abou Shadi, Nada Sadek, Mouna Al Masry, Fatma Abed et Shahdan Abou Shad. Des membres du personnel du Centre égyptien
des droits économiques et sociaux voisin, dont son directeur, Khaled Ali, auraient également été appréhendés. Amnesty
International les considère tous comme des prisonniers d'opinion.
Des membres du personnel du Centre Hisham Moubarak pour le droit représentaient des manifestants arrêtés lors d'actions de
protestation. Le Centre égyptien des droits économiques et sociaux soutenait par ailleurs un centre médical improvisé établi dans
une mosquée près de la place Tahrir, où les personnes blessées au cours des manifestations pouvaient se faire soigner.
Ces arrestations font suite à de vastes mesures de répression adoptées par les autorités égyptiennes contre les journalistes et les
militants des droits humains jeudi 3 février, dans le but semble-t-il de mettre un terme à la circulation d'informations
indépendantes faisant état des troubles qui perdurent dans le pays. Certains journalistes ont semble-t-il été attaqués par des
partisans du gouvernement. D'autres auraient été arrêtés par les forces de sécurité. Selon certaines informations, Rajesh
Bhardwaj, un journaliste travaillant pour CNN-IBN a été arrêté puis relâché quelques heures plus tard. Les délégués d'Amnesty
International en Égypte avaient par ailleurs indiqué que l'on ignorait toujours où se trouvait Malak Adly, un avocat de 29 ans
spécialisé dans la défense des droits humains travaillant pour le Centre Hisham Moubarak pour le droit, arrêté par l'armée
égyptienne le 1
er
février.
Amnesty International se soucie également du sort réservé à un civil qui aurait été déféré devant un tribunal militaire, et dont le
procès devrait s'ouvrir vendredi 4 février. Mohamed Atef a été arrêté jeudi 3 février par la police militaire, qui l'a accusé de
transporter des tracts hostiles au gouvernement. Les tribunaux militaires ne respectent pas certaines garanties d'équité des
procès, dont le droit d'appel.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS
(en anglais, en arabe ou dans votre propre langue) :
demandez aux autorités égyptiennes de libérer immédiatement et sans conditions les personnes appréhendées dans l'après-
midi du 3 février au Centre Hisham Moubarak pour le droit et au Centre égyptien des droits économiques et sociaux, car il s'agit
de prisonniers d'opinion, arrêtés pour avoir exercé de manière pourtant pacifique leurs droits à la liberté d'expression et
d'association ;
exhortez-les à relâcher immédiatement et sans conditions l'ensemble des autres personnes interpellées en relation avec
l'exercice pacifique de leur droit à la liberté d'expression ;
engagez-les à révéler immédiatement où se trouvent les personnes placées en détention, à permettre sans délai à celles-ci de
s'entretenir avec leur famille et un avocat de leur choix, et à veiller à ce qu'elles soient protégées de toutes les formes de torture
et de mauvais traitements.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 17 MARS 2011 À :
Responsable du système de justice
militaire
Major-General Ahmed Abd Allah
Military Judicial Department
Cairo, Égypte
Fax : +202 2 402 4468 ou +202 2
411 3452 (veuillez demander la ligne
de fax)
Procureur militaire
Major-General Medhat Radwan
Military Judicial Department
Cairo, Égypte
+202 2 412 0980 (veuillez demander
la ligne de fax)
Ministre de la Défense
His Excellency Muhammad Tantawi
Ministry of Defence
Cairo, Égypte
mmc@afmic.gov.eg ;
mod@afmic.gov.eg
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Égypte dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut
encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
Action urgente 20/11, index AI : MDE 12/008/2011

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