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Bahreïn. Un étudiant détenu alors que des actes de torture ont été signalés

, N° d'index: MDE 11/001/2012

Hassan Oun, étudiant de 18 ans accusé de rassemblement public illégal, aurait été victime d'actes de torture et d'autres mauvais traitements pendant sa détention dans un poste de police. Son frère vit dans la clandestinité et risque aussi d'être soumis à la torture et à d'autres formes de mauvais traitements s'il est arrêté.

AU 4/12, MDE 11/001/2012 Bahreïn 5 janvier 2012
ACTION URGENTE
UN ÉTUDIANT DÉTENU ALORS QUE DES ACTES DE
TORTURE ONT ÉTÉ SIGNALÉS
Hassan Oun, étudiant de 18 ans accusé de rassemblement public illégal, aurait été victime
d'actes de torture et d'autres mauvais traitements pendant sa détention dans un poste de police.
Son frère vit dans la clandestinité et risque aussi d'être soumis à la torture et à d'autres formes
de mauvais traitements s'il est arrêté.
Hassan Oun, 18 ans, est étudiant à l'institut de technologie Shaikh Khalifa, dans le quartier de Busaiteen (nord de Manama,
capitale de Bahreïn). Il a été arrêté le 3 janvier 2012 dans un garage du district voisin d'Arad, où il effectuait sa formation
professionnelle. Plusieurs policiers en civil l'ont emmené dans un véhicule de police au poste de Samaheej, où il a été interrogé.
Il a réussi à joindre ses proches par téléphone mais, lorsque des membres de sa famille se sont rendus au poste de police pour
demander de ses nouvelles, on leur a répondu que personne de ce nom n'était détenu à cet endroit. La police leur a d'abord dit
que Hassan Oun pouvait se trouver au parquet de Manama ou dans une prison. Lorsqu'ils ont indiqué que celui-ci les avait
contactés depuis le poste, la police a admis qu'il y était détenu mais ne les a pas autorisés à le voir. Elle a affirmé disposer d'un
mandat d'arrêt mais Hassan Oun a expliqué plus tard à un avocat que les agents qui l'avaient arrêté n'avaient produit aucun
document de ce type.
Le 4 janvier, Hassan Oun a été déféré au parquet, où il a été interrogé en présence d'un avocat. Il a alors déclaré que, lorsqu'il se
trouvait au poste de police, on lui a demandé quelles informations il avait fournies au Centre bahreïnite des droits humains au
sujet des actes de torture et des menaces dont il aurait été victime lors d'une précédente arrestation. Sa famille a indiqué à
Amnesty International que l'avocat et d'autres détenus qui se trouvaient dans les locaux du parquet avaient constaté que Hassan
Oun présentait des traces de torture sur le corps et avait une jambe enflée. Ce jeune homme a expliqué à l'avocat qu'il avait été
contraint à se tenir debout pendant 11 heures, frappé aux pied au moyen d'un tuyau et menacé de viol.
Le parquet a décidé de placer Hassan Oun en détention pendant 45 jours, le temps de l'enquête. Cet étudiant a été inculpé de
rassemblement public illégal. Il avait déjà été détenu à la suite de manifestations antigouvernementales, en 2011. Son frère
Ahmed, âgé de 16 ans, vivrait dans la clandestinité. La police avait, semble-t-il, l'intention de l'arrêter et a assuré à sa famille
qu'elle disposait d'un mandat à son nom. Ce jeune homme doit passer des examens dimanche prochain et sa famille craint non
seulement qu'il risque la torture mais aussi qu'il rate ses examens.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS
(en anglais, en arabe ou dans votre propre langue) :
dites-vous inquiet du fait de la détention de Hassan Oun et demandez qu'il soit libéré immédiatement s'il est détenu
uniquement pour avoir critiqué les autorités bahreïnites de manière non violente ;
exhortez les autorités bahreïnites à protéger ce jeune homme de la torture et des autres formes de mauvais traitements ;
demandez-leur instamment d'ouvrir sans délai une enquête indépendante et impartiale sur les actes de torture ou autres
mauvais traitements qu'il aurait subis, de rendre les conclusions publiques et de traduire les responsables présumés en justice ;
engagez-les à ne pas arrêter son frère Ahmed s'il celui-ci n'a commis aucune infraction dûment reconnue par la loi.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 16 FÉVRIER 2012 À :
Roi de Bahreïn
Shaikh Hamad bin ‘Issa Al Khalifa
Office of His Majesty the King
P.O. Box 555
Rifa'a Palace, al-Manama, Bahreïn
Fax : +973 17664587
Formule d'appel : Your Majesty, / Sire,
(Votre Majesté, dans le corps du texte)
Premier ministre
Prince Khalifa bin Salman Al Khalifa
Office of the Prime Minister
P.O. P.O. Box 1000, al-Manama, Bahreïn
Fax : +973 17533033
Formule d'appel : Your Highness, /
Monsieur le Premier ministre,
Ministre de la Justice et des Affaires
islamiques
Shaikh Khalid bin Ali bin Abdullah Al
Khalifa
Ministry of Justice and Islamic Affairs,
P.O. Box 13, al-Manama, Bahreïn
Fax : +973 175 31 284
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Ministre,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de Bahreïn dans votre pays (adresse(s) à compléter) :
Nom(s), adresse(s), numéro de fax, courriel, formule d'appel.
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
UN ÉTUDIANT DÉTENU ALORS QUE DES ACTES DE
TORTURE ONT ÉTÉ SIGNALÉS
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Près de 11 mois ont passé depuis que des milliers de personnes ont manifesté au rond-point de la Perle, en février et mars
2011. Cependant, des dizaines de professionnels de la santé, de militants de l'opposition, de défenseurs des droits humains et
d'enseignants, entre autres, sont encore jugés ou purgent des peines d'emprisonnement à Bahreïn. Bien que les forces de
sécurité aient réprimé violemment les manifestations, les protestations antigouvernementales se poursuivent à plus petite
échelle. Elle se soldent toujours par des arrestations de militants.
La Commission d'enquête indépendante de Bahreïn a été instaurée par décret royal du 29 juin ; elle a pour mission d'enquêter
sur les violences commises pendant les manifestations de février et mars, ainsi qu'au cours des mois suivants. Le 23 novembre,
elle a publié un rapport de 500 pages.
Elle y évoque des centaines de cas, notamment ceux de manifestants battus par les forces de sécurité, de militants de
l'opposition, principalement chiites, arrêtés arbitrairement en masse et de nombreuses victimes de torture, dont cinq sont
décédées en détention des suites de ces sévices. Au moins 46 personnes auraient trouvé la mort dans le cadre des
manifestations, dont cinq membres des forces de sécurité. Le rapport exhorte le gouvernement bahreïnite à créer immédiatement
un organe indépendant composé de représentants de la société civile, de l'opposition et du gouvernement, à surveiller la mise en
place des recommandations de la Commission d'enquête indépendante, à introduire des réformes législatives pour garantir que
les lois soient conformes aux normes internationales relatives aux droits humains, et à amener les responsables présumés à
rendre des comptes pour les violences commises.
Noms : Hassan Oun et son frère Ahmed
Genre : hommes
AU 4/12, MDE 11/001/2012, 5 janvier 2012

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