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Ouzbékistan. Un écrivain risque une nouvelle peine de prison. Mamadali Makhmoudov

, N° d'index: EUR 62/001/2013

Le 5 mars dernier, l'écrivain ouzbek Mamadali Makhmoudov a été informé que de nouvelles poursuites pénales avaient été engagées contre lui car il aurait bafoué le règlement carcéral. Cet homme devait être enfin relâché au bout de 14 ans d'emprisonnement dans des conditions cruelles, inhumaines et dégradantes. Ses proches, qui ne sont pas autorisés à le voir, craignent qu'il ne survive pas à une nouvelle peine de prison.

AU 75/13, EUR 62/001/2013 Ouzbékistan 26 mars 2013
ACTION URGENTE
OUZBÉKISTAN. UN ÉCRIVAIN RISQUE UNE NOUVELLE PEINE DE PRISON
Le 5 mars dernier, l'écrivain ouzbek Mamadali Makhmoudov a été informé que de nouvelles poursuites pénales
avaient été engagées contre lui car il aurait bafoué le règlement carcéral. Cet homme devait être enfin relâché au
bout de 14 ans d'emprisonnement dans des conditions cruelles, inhumaines et dégradantes. Ses proches, qui ne
sont pas autorisés à le voir, craignent qu'il ne survive pas à une nouvelle peine de prison.
Mamadali Makhmoudov, 72 ans, écrivain très célèbre en Ouzbékistan, a été condamné à 14 ans de prison en août 1999
pour tentative de renversement de l'ordre constitutionnel, fondation d'organisations publiques et religieuses interdites et
création d'un groupe criminel. Cet homme a toujours nié ces accusations et affirme avoir subi des actes de torture lorsqu'il
était en détention provisoire, dont le but était de le forcer à « avouer » avoir commis ces infractions. Le 5 mars 2013,
Mamadali Makhmoudov a appris que le procureur avait signé un acte d'accusation contre lui pour avoir supposément
bafoué le règlement carcéral à 31 reprises. Il affirme que les autorités de la prison ne lui ont jamais rien dit à ce sujet. Il
risque maintenant une nouvelle peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à cinq ans, en vertu de l'article 221 du Code
pénal (« désobéissance à des ordres légitimes émanant de l'administration des institutions chargées de l'application des
peines »). Ses proches essayent en vain de lui rendre visite depuis février. Cet homme n'a pas vu sa famille depuis le
14 novembre dernier, date à laquelle sa fille lui a rendu visite à la prison de l'hôpital de Tachkent, la capitale du pays, où
il avait été transféré le 26 octobre 2012. Mamadali Makhmoudov souffre de tuberculose, d'hypertension et de fatigue
intense.
Les études menées par Amnesty International révèlent que certaines catégories de prisonniers - tels que les défenseurs
des droits humains, les prisonniers d'opinion, les détracteurs du gouvernement et les personnes déclarées coupables
d'appartenance à des partis ou groupes islamistes, ou à des mouvements islamiques interdits en Ouzbékistan - font
souvent l'objet de sanctions sévères dans les prisons ils purgent leurs peines et voient leurs sentences prolongées pour
de longues périodes, y compris pour des infractions mineures aux règlements carcéraux. L'organisation craint que les
nouvelles poursuites engagées à l'encontre de Mamadali Makhmoudov s'inscrivent dans le cadre des manœuvres de
harcèlement que les autorités ouzbèkes infligent depuis longtemps aux militants de la société civile et aux défenseurs des
droits humains.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-
APRÈS, en ouzbek, en russe ou dans votre propre langue :
appelez les autorités à relâcher immédiatement Mamadali Makhmoudov en raison de son état de santé défaillant, et
faites remarquer que depuis 13 ans, elles ignorent les requêtes demandant que les investigations sur cette affaire soient
menées dans le respect des normes internationales d'équité des procès et comprennent l'ouverture sans délai d'une
enquête impartiale sur toutes les allégations de torture, ce qui constitue une raison supplémentaire de libérer cet homme ;
exhortez-les à veiller à ce qu'il puisse immédiatement bénéficier des soins médicaux nécessaires et recevoir la visite de
sa famille ;
rappelez-leur qu'aux termes du droit international relatif aux droits humains, elles sont tenues de protéger le bien-être
physique et psychologique des détenus.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 7 MAI 2013 À :
Président de l'Ouzbékistan
Islam Karimov
Ul. Uzbekistanskaya 43
Tashkent, Ouzbékistan
Fax : +998 71 139 55 25
Formule d'appel : Dear President, /
Monsieur le Président,
Procureur général
Rashidzhon Kodirov
Prokuratura Respubliki Uzbekistan
ul. Gulyamova. 66
Tashkent 700047, Ouzbékistan
Fax : +998 71 133 39 17/+998 71 133
73 68
Courriel : prokuratura@lawyer.uz
Formule d'appel : Dear Prosecutor
General, / Monsieur le Procureur général,
Copies à :
Ministre de l'Intérieur
Bahodir Ahmedovich Matlubov
Ministerstvo vnutrennikh del
ul. Junus Rajabiy 1
Tashkent 100029, Ouzbékistan
Fax : + 998 71 233 89 34
Courriel : mvd@mvd.uz ou info@mvd.uz
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Ouzbékistan dans votre pays (adresse/s à compléter) :
nom(s), adresse(s), n° de fax, adresse électronique, formule de politesse
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
26 mars 2013
ACTION URGENTE
OUZBÉKISTAN. UN ÉCRIVAIN RISQUE UNE NOUVELLE PEINE DE PRISON
COMPLÉMENT D'INFORMATION
Le 11 février 2013, le fils de Mamadali Makhmoudov est venu lui rendre visite au camp pénitentiaire de Tchirtchik, dans l'est de
l'Ouzbékistan, son père purgeait sa peine depuis juin 2001. Néanmoins, il n'a pas été autorisé à le voir, et les autorités du
camp ont refusé de prendre les colis de médicaments et de nourriture qu'il avait apportés. Plus tard dans la même journée, les
proches de Mamadali Makhmoudov ont appris que celui-ci avait été transféré vers une prison à Tachkent, sont détenues les
personnes attendant d'être jugées ou conduites dans une autre prison à la suite de leur condamnation. Le 12 février 2013, la
fille de l'écrivain a essade lui rendre visite, en vain, mais elle a réussi à donner aux employés de la prison des médicaments
destinés à son père.
Mamadali Makhmoudov a été condamné pour son implication présumée à une série d'attentats perpétrés en février 1999 à
Tachkent, que les autorités considèrent comme une tentative d'assassinat du président ouzbek Islam Karimov. Ce dernier a
rapidement attribué ces événements à des « extrémistes islamistes » et d'autres individus souhaitant nuire au gouvernement.
Mamadali Makhmoudov a été détenu au secret avant son procès pendant près de trois mois en 1999. Dans une déclaration
écrite, il a décrit les actes de torture qui lui ont été infligés de façon systématique pendant cette période. Il a notamment été très
fréquemment battu, brûlé aux mains et aux pieds, suspendu par les mains attachées dans le dos, menacé de viol et de mort, et
on lui a planté des aiguilles sous les ongles et mis un masque à gaz sur le visage sans ouvrir l'arrivée d'air. De plus, on lui a dit
que sa femme et ses enfants avaient été placés en détention et qu'ils seraient violés devant lui s'il ne faisait pas des « aveux »
devant une caméra. D'avril à juillet 2000, Mamadali Makhmoudov était incarcéré dans la colonie pénitentiaire de Jaslik, dans la
région de Karakalpakie (nord du pays). Le rapport concernant l'Ouzbékistan établi en 2003 par le Rapporteur spécial des Nations
unies sur la torture recommandait d'« envisager de toute urgence la fermeture de la colonie pénitentiaire de Jaslik, qui, par sa
situation géographique même, engendre des conditions de détention équivalant à une peine ou un traitement cruel, inhumain et
dégradant, à la fois pour les détenus et leurs proches ». Mamadali Makhmoudov a écrit dans une lettre qu'il avait été
constamment battu à Jaslik et qu'il avait perdu 24 kilos. Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty
International, ont signalé le cès en détention de dizaines de personnes dans des circonstances troubles depuis l'ouverture de
cette colonie en 1999.
Les études réalisées par Amnesty International indiquent que certaines catégories de prisonniers sont souvent placées dans des
cellules disciplinaires, que d'anciens prisonniers ont décrites comme des petites pièces, souvent sans fenêtre et en béton, sans
chauffage, lumière naturelle ou ventilation, et ne pouvant accueillir un lit. Les prisonniers se voient souvent refuser tout accès à
des soins médicaux et sont obligés de travailler de longues heures durant. Ils sont fréquemment amenés à réaliser des travaux
manuels pénibles - tels que construire des bâtiments ou fabriquer des briques - avec des outils rudimentaires, vêtus de façon
inadaptée, et ne disposant que de peu de nourriture et d'eau. D'anciens détenus ont raconavoir été fréquemment battus par
des gardiens de prison ou d'autres prisonniers.
Nom : Mamadali Makhmoudov
Genre : homme
AU 75/13, EUR 62/001/2013, 26 mars 2013

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