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Kirghizistan. Un prisonnier d'opinion en danger. Azimjan Askarov

, N° d'index: EUR 58/011/2010

Les autorités du Kirghizistan ont refusé d'ouvrir une enquête sur les allégations selon lesquelles le prisonnier d'opinion Azimjan Askarov aurait été torturé. Il doit être libéré immédiatement.

Action complémentaire sur l'AU 135/10, EUR 58/011/2010 Kirghizistan 5 août 2010
ACTION URGENTE
KIRGHIZISTAN. UN PRISONNIER D'OPINION EN DANGER
Les autorités du Kirghizistan ont refusé d'ouvrir une enquête sur les allégations selon lesquelles le
prisonnier d'opinion Azimjan Askarov aurait été torturé. Il doit être libéré immédiatement.
Azimjan Askarov, qui appartient à l'ethnie ouzbèke, est toujours détenu par la police à Bazar Korgan, dans la région
de Djalal-Abad, dans le sud du Kirghizistan. Il a été inculpé pour avoir « organisé des troubles de masse » et « incité
à la haine à l'égard d'une ethnie ». Ces chefs d'inculpation sont liés à la mort d'un policier au cours des violences
qui ont sévi en juin dans le sud du pays. Azimjan Askarov est détenu par la police dans le centre de détention où
travaillait le policier qui a été tué, ce qui rend le défenseur des droits humains particulièrement vulnérable.
Le 26 juillet, un tribunal de la ville de Djalal-Abad a confirmé la décision du bureau du procureur général de ne pas
enquêter sur les allégations selon lesquelles Azimjan Askarov aurait été torturé après son arrestation le 15 juin. Les
autorités soutiennent que les importantes ecchymoses présentes sur le corps d'Azimjan Askarov et photographiées
par son avocat ont été causées par son compagnon de cellule. D'après le bureau du procureur, Azimjan Askarov
aurait confirmé qu'il n'a pas été maltraité par des agents et il a également refusé de demander l'ouverture d'une
information judiciaire sur son codétenu. Son avocat, Nourbek Toktakounov, estime qu'il y a peu de chances
qu'Azimjan parle de la manière dont il a été traité tant qu'il restera dans ce centre de détention. En outre, Azimjan
Askarov n'est pas autorisé à rencontrer Nourbek Toktakounov en privé, contrairement à ce que prévoit le droit
international. Les demandes pour que cet homme soit transféré vers un centre de détention provisoire d'une autre
ville ont été ignorées.
Le 21 juillet, un groupe de femmes a jeté des pierres à la belle-sœur d'Azimjan Askarov à l'intérieur du centre de
détention alors qu'elle essayait de lui apporter un colis de nourriture. Le 2 août, Nourbek Toktakounov a lui aussi été
agressé dans les locaux du centre de détention de la police, par un groupe constitué d'hommes et de femmes. Il a
déclaré que ces personnes l'auraient encerclé, auraient prit son porte-documents et l'auraient menacé de
représailles s'il continuait à défendre un Ouzbek. Dans les deux cas, on ignore comment ces personnes ont pu
pénétrer dans le centre de détention et les agents de police présents ne sont pas intervenus. Amnesty International a
appris que les deux fois, ces groupes comptaient des proches du policier qui a été tué. Nourbek Toktakounov a
immédiatement signalé ces faits aux autorités.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS
CI-APRÈS (en russe, en kirghize, en anglais ou dans votre propre langue) :
réclamez la libération immédiate et sans condition du prisonnier d'opinion Azimjan Askarov ;
demandez aux autorités de faire en sorte que cet homme soit autorisé à rencontrer son avocat en privé ;
exhortez-les à mener dans les meilleurs délais une enquête approfondie et impartiale, incluant notamment un
examen médical indépendant, sur les allégations selon lesquelles Azimjan Askarov aurait été torturé en détention ;
priez instamment les autorités de prendre des dispositions pour assurer la sécurité d'Azimjan Askarov durant sa
détention, ainsi que celle des personnes qui lui rendent visite ;
invitez-les à ouvrir une enquête sur les allégations selon lesquelles la belle-sœur et l'avocat d'Azimjan Askarov
auraient tous les deux été agressés dans les locaux du centre de détention de la police.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 16 SEPTEMBRE 2010 À :
Ministre de l'Intérieur :
Kubatbek Baibolov
Frunze Street, 469
Bishkek 720040 Kirghizistan
Fax : +996 312 68 20 44
Courrier électronique : pressa@mail.mvd.kg
Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur
le Ministre,
Procureur général :
Baitemir Ibraev
72, Orozbekova Street
Bishkek 720040 Kirghizistan
Fax : +996 312 66 54 11
Courrier électronique :
genproc@bishkek.gov.kg
Formule d'appel : Dear General
Prosecutor,/ Monsieur le Procureur général,
Copies à :
Présidente de l'Ouzbékistan :
Roza Otunbaeva
Dom Pravitelstva
Bishkek 720003 Kirghizistan
Fax : +996 312 62 50 12
Courrier électronique : admin@kyrgyz-el.kg
Formule d'appel : Dear president, / Madame
la présidente,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Kirghizistan dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut
encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la deuxième mise à jour de l'AU 135/10 (AFR 58/003/2010). Pour plus
d'informations : www.amnesty.org/fr/library/info/EUR58/003/2010/fr et www.amnesty.org/fr/library/info/EUR58/005/2010/fr
5 août 2010
ACTION URGENTE
KIRGHIZISTAN. UN PRISONNIER D'OPINION EN DANGER
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Amnesty International pense qu'Azimjan Askarov a été visé en raison de ses activités légitimes de défenseur des droits humains.
Son arrestation et les mauvais traitements qu'il aurait subis, ainsi que le harcèlement dont sa belle-sœur et son avocat ont été
victimes, s'inscrivent dans la lignée des nombreuses informations indiquant que les membres de la communauté ouzbèke sont
actuellement pris pour cible de manière disproportionnée par les autorités locales chargées d'enquêter sur les violences qui ont
éclaté au mois de juin.
Azimjan Askarov a été arrêté par la police le 15 juin à Bazar Korgan. Selon le parquet, il a été inculpé le 17 juin pour avoir
« organisé des troubles de masse » et « incité à la haine à l'égard d'une ethnie ». Le parquet enquête sur les liens que cet homme
pourrait avoir avec la mort d'un policier kirghize à Bazar Korgan le 13 juin, lors des récents épisodes de violence qui ont eu lieu
dans le sud du pays.
Azimjan Askarov est le directeur de l'organisation de défense des droits humains Vozdukh (Air), qui fait partie d'un réseau
régional basé dans le sud du Kirghizistan. Depuis de nombreuses années, il recueille des informations concernant des mauvais
traitements de détenus commis par la police dans le village de Bazar Korgan et dans d'autres parties de la région de Djalal-Abad.
Le procureur des droits humains au Kirghizistan a déclaré publiquement que les charges pesant actuellement sur Azimjan
Askarov étaient infondées et a indiqué que cet homme était un « défenseur des droits humains bien connu dans la région ». Des
défenseurs locaux des droits humains, tant ouzbeks que kirghizes, affirment eux aussi que les charges retenues contre lui sont
injustifiées.
Azimjan Askarov a filmé et photographié certains actes de violence, homicides et incendies volontaires visant principalement des
foyers ouzbeks et d'autres bâtiments de Bazar Korgan. Ces faits seraient imputables à des groupes d'hommes armés qui se disent
kirghizes. Le 15 juin, un groupe d'hommes armés et masqués, qui ont prétendu appartenir à la section du ministère de l'Intérieur
de la région de Djalal-Abad, sont arrivés au domicile d'Azimjan Askarov et ont demandé à son épouse d'ouvrir le portail et de leur
remettre l'équipement vidéo et l'appareil photo de son mari. Lorsqu'elle a refusé, ils auraient commencé à tirer en l'air avant de
casser le portail.
Action complémentaire sur l'AU 135/10, EUR 58/011/2010, 5 août 2010

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