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Kirghizistan. Un défenseur des droits humains battu en garde à vue. Azimjan Askarov

, N° d'index: EUR 58/005/2010

Le défenseur des droits humains Azimjan Askarov, actuellement en détention au Kirghizistan, risque d'être de nouveau battu durant sa garde à vue. Amnesty International a vu des photographies, prises par son avocat, montrant la présence d'importantes ecchymoses sur le corps d'Azimjan Askarov. Son avocat, Nourbek Toktagounov, a été menacé de représailles violentes s'il continue de représenter le défenseur des droits humains.

Action complémentaire sur l'AU 135/10, EUR 58/005/2010 Kirghizistan 25 juin 2010
ACTION URGENTE
UNFENSEUR DES DROITS HUMAINS BATTU EN GARDE À VUE
Le défenseur des droits humains Azimjan Askarov, actuellement en détention au Kirghizistan, risque
d'être de nouveau battu durant sa garde à vue. Amnesty International a vu des photographies, prises par
son avocat, montrant la présence d'importantes ecchymoses sur le corps d'Azimjan Askarov. Son avocat,
Nourbek Toktagounov, a été menacé de représailles violentes s'il continue de représenter le défenseur des
droits humains.
Le 22 juin, l'avocat d'Azimjan Askarov, Nourbek Toktagounov, a pu rendre visite à son client, maintenu en garde à
vue à Bazar Korgan, dans le sud du Kirghizistan. L'homme de loi n'a cependant pas pu rencontrer Azimjan Askarov
en privé. D'après lui, le procureur adjoint du district et plusieurs agents de police ont assisté à tout l'entretien.
Nourbek Toktagounov a confié à Amnesty International qu'Azimjan Askarov lui avait à peine parlé et qu'il semblait
effrayé. L'avocat a été autorisé à inspecter le corps du défenseur des droits humains à la recherche d'éventuels
signes de torture ou de mauvais traitements, et il a photographié plusieurs ecchymoses importantes sur le côté et
dans le bas du dos d'Azimjan Askarov. Il a demandé qu'un médecin indépendant examine son client et décide des
soins nécessaires, mais le procureur adjoint du district a rejeté cette requête en se référant à un examen médical
officiel précédent qui n'avait décelé aucun signe de torture ou d'autre mauvais traitement. À la connaissance
d'Amnesty International, Azimjan Askarov n'a pas été soigné pour ses blessures. Cet homme pourrait de nouveau
être battu ou subir d'autres actes de torture ou mauvais traitements en guise de « punition » pour les actions de son
avocat.
Le 23 juin, des personnes ont abordé Nourbek Toktagounov alors qu'il déposait une plainte officielle auprès du
bureau du procureur. Ces personnes ont déclaré être des proches d'un policier tué au cours des émeutes qui avaient
eu lieu la semaine précédente à Bazar Korgan et l'ont menacé de violentes représailles s'il continuait à défendre
Azimjan Askarov. Les fonctionnaires du bureau du procureur qui ont assisté à la scène ne semblent pas être
intervenus pour aider Nourbek Toktagounov.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS
CI-APRÈS (en russe, en kirghize, en anglais ou dans votre propre langue) :
réclamez la libération immédiate et sans condition d'Azimjan Askarov ;
priez instamment les autorités de lui permettre de bénéficier de tous les soins médicaux nécessaires pendant sa
détention ;
exhortez-les à mener dans les meilleurs délais une enquête approfondie et impartiale, incluant notamment un
examen médical indépendant, sur les allégations selon lesquelles Azimjan Askarov aurait été torturé en détention ;
demandez-leur de veiller à ce que Nourbek Toktagounov puisse s'acquitter de ses fonctions d'avocat sans entrave
ou intimidation, conformément aux Principes de base des Nations unies relatifs au rôle du barreau.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 06 AOÛT 2010 À :
Ministre de l'Intérieur du
gouvernement provisoire
Bolotbek Sherniazov
Frunze Street, 469
Bishkek 720040
Kirghizistan
Fax : +996 312 68 20 44
Courriel : pressa@mail.mvd.kg
Formule d'appel : Dear Acting
Minister, / Monsieur le Ministre par
intérim,
Chef adjoint du gouvernement
provisoire
Azimbek Beknazarov
Dom Pravitelstva
Bishkek 720003
Kirghizistan
Fax : +996 312 21 86 27
Courriel : admin@kyrgyz-el.kg
Formule d'appel : Dear Deputy Head
of Interim Government, / Monsieur,
Copies à :
Présidente par intérim :
Roza Otunbaeva
Dom Pravitelstva
Bishkek 720003
Kirghizistan
Fax : +996 312 21 86 27
Courriel : admin@kyrgyz-el.kg
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Kirghizistan dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut
encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l'AU 135/10 (EUR 58/003/2010). Pour plus
d'informations : www.amnesty.org/fr/library/info/EUR58/003/2010/fr
25 juin 2010
ACTION URGENTE
UNFENSEUR DES DROITS HUMAINS BATTU EN GARDE À VUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Nourbek Toktagounov est un avocat indépendant engagé par l'organisation de défense des droits humains Spravedlivost
justice », en russe) pour défendre Azimjan Askarov, placé en détention.
Azimjan Askarov a été arrêté par la police le 15 juin à Bazar Korgan, dans la région de Djalal-Abad, dans le sud du Kirghizistan.
Il est incarcéré pour avoir « organisé des troubles de masse » lors des récents épisodes de violence qui ont eu lieu dans le sud du
pays. Azimjan Askarov a filmé et photographié certains actes de violence, homicides et incendies volontaires visant
principalement des foyers ouzbeks et d'autres bâtiments de Bazar Korgan. Ces faits seraient imputables à des groupes d'hommes
armés qui se disent kirghizes. Le 15 juin, un groupe d'inconnus armés et masqués, qui ont prétendu appartenir à la section du
ministère de l'Intérieur de la région de Djalal-Abad, sont arrivés au domicile d'Azimjan Askarov et ont demandé à son épouse
d'ouvrir le portail et de leur remettre l'équipement vidéo et l'appareil photo de son mari. Lorsqu'elle a refusé, ils auraient
commencé à tirer en l'air avant de casser le portail. Amnesty International pense qu'Azimjan Askarov a été visé en raison de ses
activités légitimes de défenseur des droits humains et appelle les autorités à le libérer immédiatement et sans condition.
Les violences meurtrières qui ont dévasté une grande partie du sud du Kirghizistan auraient commencé par des affrontements
entre bandes rivales de jeunes, principalement kirghizes et ouzbeks, le 10 juin 2010. Ces affrontements ont rapidement
dégénéré en attaque de grande ampleur contre les quartiers majoritairement ouzbeks d'Och, avec des incendies, des pillages et
des agressions violentes, dont des homicides. Les violences ont ensuite gagné Djalal-Abad ainsi que les villes et villages alentour.
Le sud du Kirghizistan accueille une importante communauté ouzbèke et était le fief de l'ancien président Kourmanbek Bakiev,
qui a été renversé en avril après une violente confrontation entre les sympathisants du gouvernement et ceux de l'opposition.
L'origine des affrontements n'est pas claire, mais le gouvernement provisoire impute cette violence aux partisans de l'ancien
président Kourmanbek Bakiev et accuse des groupes criminels organisés de vouloir déstabiliser le pays avant le référendum
constitutionnel du 27 juin prochain.
Le 15 juin, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a déclaré que les violences qui sont apparues étaient
« orchestrées, ciblées et bien planifiées » et qu'elles avaient été déclenchées par cinq attaques simultanées lancées par des
hommes armés et masqués à Och.
Le 17 juin, les Nations unies estimaient que le nombre de personnes déplacées, ouzbèkes et kirghizes, avait atteint les 400 000.
Selon des chiffres qui n'ont pas été confirmés, plus de 2 500 personnes auraient été tuées depuis le 10 juin.
Action complémentaire sur l'AU 135/10, EUR 58/005/2010, 25 juin 2010

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