• Campagnes

Bélarus. Un chef de file de l'opposition torturé en détention. Andreï Sannikov

, N° d'index: EUR 49/015/2010

Andreï Sannikov, militant de l'opposition au Bélarus et candidat à l'élection présidentielle du 19 décembre dernier, a été torturé en détention. Son avocat a déclaré que son client aurait des fractures aux jambes et que sa façon de parler et de se tenir laissait croire à des lésions cérébrales. Andreï Sannikov a besoin de soins médicaux de toute urgence.

Action complémentaire sur l'AU 264/10, EUR 49/015/2010 Bélarus 23 décembre 2010
ACTION URGENTE
LARUS. UN CHEF DE FILE DE L'OPPOSITION TORTURÉ EN DÉTENTION
Andreï Sannikov, militant de l'opposition au Bélarus et candidat à l'élection présidentielle du
19 décembre dernier, a été torturé en détention. Son avocat a déclaré que son client aurait des
fractures aux jambes et que sa façon de parler et de se tenir laissait croire à des lésions
cérébrales. Andreï Sannikov a besoin de soins médicaux de toute urgence.
Andreï Sannikov a été blessé lorsque la police a interrompu un mouvement de protestation contre la fraude
électorale qui aurait eu lieu lors de l'élection présidentielle du 19 décembre. Selon des témoins, il aurait été agressé
par des policiers qui l'ont maintenu au sol avec un bouclier antiémeute sur lequel ils ont sauté plusieurs fois, lui
infligeant de graves blessures aux jambes. Des amis ont essayé de le conduire à l'hôpital mais la police a bloqué la
voiture et tiré Andreï Sannikov hors du véhicule avant de l'arrêter. Des témoins affirment qu'il n'avait aucune
blessure à la tête visible à ce moment-là. Sa femme, Irina Khalip, qui se trouvait avec lui dans le véhicule, a été
frappée au visage et également arrêtée.
Le 20 décembre au soir, l'avocat d'Andreï Sannikov a pu rendre visite à son client en détention. Il affirme que celui-
ci présentait de nouvelles coupures et contusions aux bras, au visage et à la tête, qu'il ne pouvait pas se tenir
debout et pouvait à peine bouger. Ces blessures laissent fortement penser qu'Andreï Sannikov a été de nouveau
battu en détention. Son avocat a décrit son état comme « terrible » et a affirmé que la façon de parler et de se tenir
de son client laissait croire à des lésions cérébrales.
Amnesty International est très préoccupée à l'idée qu'Andreï Sannikov puisse souffrir de lésions cérébrales
irréversibles et d'autres blessures s'il n'est pas conduit immédiatement dans un hôpital où il pourra recevoir les soins
adaptés. L'organisation s'inquiète également du fait qu'il risque d'être victime de torture aussi longtemps qu'il sera
maintenu en garde à vue.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS
CI-APRÈS (en russe ou dans votre propre langue) :
demandez qu'Andreï Sannikov soit conduit immédiatement dans un hôpital où il pourra recevoir tous les soins
nécessaires ;
appelez les autorités bélarussiennes à prendre des mesures immédiates pour garantir qu'Andreï Sannikov et les
autres candidats à l'élection présidentielle ne soient pas victimes de tortures ou d'autres mauvais traitements aux
mains de la police ;
faites remarquer qu'Amnesty International pense qu'il n'est détenu que pour avoir exercé son droit de protester
de façon pacifique ;
demandez sa libération immédiate et inconditionnelle.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 2 FÉVRIER 2011 À :
Président du Bélarus
Alyaksandr Lukashenka
Administratsia Prezidenta Respubliki Belarus
ul.Karla Marksa, 38
220016 Minsk, BÉLARUS
Fax : +375 17 226 06 10/ +375 17 222 38 72
Courriel : contact@president.gov.by
Formule d'appel : Dear President Lukashenka, / Monsieur le Président,
23 décembre 2010
Veuillez adresser des copies aux représentants diplomatiques du Bélarus dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore
intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l'AU 264/10. Pour plus d'informations :
http://www.amnesty.org/fr/library/info/EUR49/010/2010/fr
23 décembre 2010
ACTION URGENTE
LARUS. UN CHEF DE FILE DE L'OPPOSITION TORTURÉ EN DÉTENTION
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Andreï Sannikov est un militant bélarussien bien connu qui a travaillé comme rédacteur en chef de Charter'97, un site Internet
d'information indépendant ; il s'est présenté comme candidat de l'opposition à l'élection présidentielle bélarussienne qui s'est
déroulée le 19 décembre. Alexandre Lukachenko a été réélu avec un peu moins de 80 % des voix.
Avant l'élection, des groupes d'opposition avaient appelé leurs partisans à se rassembler dans le centre de Minsk après la clôture
du scrutin, le 19 décembre. Quelque 30 000 manifestants se sont réunis et ont marché en direction du parlement, sans en être
empêchés par les forces de l'ordre, qui ont arrêté la circulation pour leur permettre de passer. Vers 21 heures, ils se sont
rassemblés à l'extérieur du parlement et les dirigeants de l'opposition ont pris la parole. Aux alentours de 22 heures, une
vingtaine de jeunes hommes masqués, qui se tenaient près des portes du bâtiment armés de matraques, ont appelé la foule à
prendre le parlement d'assaut et ont commencé à casser des fenêtres. Des témoins ont indiqué que Nikolaï Statkevitch, qui avait
la parole à ce moment-là, a appelé les manifestants à rester calmes. La police antiémeute est arrivée sur les lieux peu après et a
chassé toutes les personnes présentes.
De nombreux militants de l'opposition ont été placés en détention pendant la manifestation et dans la nuit qui a suivi. Andreï
Sannikov a été blessé lorsque la foule a été dispersée et des policiers l'ont interpellé alors qu'il se rendait à l'hôpital. Sa femme,
Irina Khalip, qui se trouvait avec lui, commentait l'événement en direct pour une station de radio russe. Vladimir Nekliaev a été
battu par des agents des forces de l'ordre alors qu'il se rendait à la manifestation ; des policiers l'ont ensuite traîné hors du
service de soins intensifs d'un hôpital. Natalia Radzina, rédactrice en chef du site Internet Charter'97, figure également parmi les
18 personnes placées en détention.
Amnesty International pense que ces personnes ont été visées pour avoir exercé de façon légitime leur droit à la liberté
d'expression, et les considérera comme prisonniers d'opinion si elles sont condamnées pour avoir organisé les événements du
19 décembre ou y avoir participé.
Action complémentaire sur l'AU 246/10, EUR 49/015/2010, 23 décembre 2010

Dans quelle langue voulez-vous lire le rapport ?