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Pakistan. Action complémentaire: Craintes de torture. Deux étudiants

, N° d'index: ASA 33/005/2011

Abdullah et Ibrahim Mohamed El Sharkawi auraient été enlevés par les services de renseignement nationaux au Pakistan, les 25 et 29 mai. Ibrahim a été localisé neuf jours plus tard dans un centre de détention. Son frère Abdullah est toujours porté disparu. Amnesty International craint que les deux frères ne soient torturés et ne subissent d'autres mauvais traitements et que la vie d'Abdullah ne soit gravement menacée.

Action complémentaire sur l'AU 162/11, ASA 33/005/2011 Pakistan 9 juin 2011
ACTION URGENTE
PAKISTAN. CRAINTES DE TORTURE. DEUX ÉTUDIANTS
Abdullah et Ibrahim Mohamed El Sharkawi auraient été enlevés par les services de renseignement
nationaux au Pakistan, les 25 et 29 mai. Ibrahim a été localisé neuf jours plus tard dans un centre de
détention. Son frère Abdullah est toujours porté disparu. Amnesty International craint que les deux frères
ne soient torturés et ne subissent d'autres mauvais traitements et que la vie d'Abdullah ne soit gravement
menacée.
Ibrahim Mohamed El Sharkawi n'a que 17 ans. Sa famille a découvert le 6 juin qu'il avait été transféré à la prison d'Adyala, à
Rawalpindi, ville située à proximité de la capitale Islamabad, par la police judiciaire fédérale. Selon un défenseur des droits
humains s'exprimant au nom de la famille, l'administration pénitentiaire d'Adyala a déclaré que la police judiciaire fédérale avait
inculpé le jeune homme de séjour illégal au Pakistan et de rébellion lors de son arrestation. Lorsque sa mère lui a rendu visite en
prison le 6 juin, Ibrahim lui a dit qu'il avait été battu et menotté pendant quelques jours, et qu'il était incarcéré dans une cellule
avec des détenus adultes. Les charges retenues contre lui semblent dénuées de tout fondement puisqu'Ibrahim possède la
nationalité pakistanaise au regard du droit interne.
Selon des témoins oculaires, Ibrahim aurait été enlevé à Attock par plusieurs individus habillés en civil, après avoir quitté son
domicile dans la matinée du 29 mai pour faire des courses. On est sans nouvelles de son frère, Abdullah Mohamed El Sharkawi,
qui suit des études d'ingénieur à Islamabad. Il a disparu après avoir quitté l'auberge de jeunesse où il réside pour faire quelques
courses dans le quartier, le 25 mai vers 18 heures. À ce jour, il n'a été inculpé d'aucune infraction. Sa famille craint qu'il n'ait
été victime d'une disparition forcée et qu'il ne soit détenu dans un lieu secret, où il court tout particulièrement le risque d'être
torturé ou de subir d'autres formes de mauvais traitements. Elle craint aussi vivement que sa vie ne soit en grave danger.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS
(en ourdou, en français ou dans votre propre langue) :
dites-vous inquiet à l'idée qu'Abdullah Mohamed El Sharkawi ait pu être victime d'une arrestation arbitraire et qu'il soit
maintenu en détention secrète depuis le 25 mai dans des circonstances s'apparentant à une disparition forcée ;
engagez les autorités pakistanaises à ouvrir immédiatement une enquête et à révéler sans délai le lieu où le jeune homme se
trouve, à veiller à ce qu'il puisse recevoir la visite de sa famille, consulter l'avocat de son choix et bénéficier de tous les soins
médicaux dont il pourrait avoir besoin, et à s'assurer qu'il est protégé contre la torture ou d'autres mauvais traitements ;
insistez auprès des autorités pour qu'elles le libèrent immédiatement si elles le détiennent, à moins qu'il ne soit transféré
dans un centre de détention officiel, inculpé sans délai d'une infraction universellement reconnue et placé en détention
provisoire par un tribunal indépendant ;
déplorez le fait qu'Ibrahim Mohamed El Sharkawi, qui est mineur, ait été maintenu en détention secrète pendant neuf jours
sans qu'on connaisse le sort qui lui avait été réservé ni le lieu où il se trouvait, ce qui s'apparente à une disparition forcée, qu'il
ait subi de mauvais traitements et qu'il se trouve derrière les barreaux depuis le 6 juin alors que les charges retenues contre lui
semblent dénuées de tout fondement ;
demandez aux autorités de traiter Ibrahim conformément à la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant, à
laquelle le Pakistan est partie, de l'autoriser à entrer en contact avec sa famille, ses avocats et une juridiction civile
indépendante, de le protéger contre la torture ou d'autres mauvais traitements durant sa détention, et de le maintenir séparé des
détenus adultes ;
demandez-leur également de diligenter une enquête et d'amener les responsables de la disparition forcée des deux frères à
rendre des comptes.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 21 JUILLET 2011 À :
Premier ministre
Syed Yousuf Raza Gilani
Pakistan Secretariat
Constitution Avenue
Islamabad, Pakistan
Fax :
+92 51 9213780 ; +92 51 9221596
Courriel : secretary@cabinet.gov.pk
Formule d'appel : Your Excellency, /
Monsieur le Premier ministre,
Conseiller / Ministre de l'Intérieur
Rehman Malik
Room 404, 4th Floor, R Block,
Pakistan Secretariat
Islamabad, Pakistan
Fax : +92 51 9202624
Formule d'appel : Dear Minister, /
Monsieur le Ministre,
Veuillez également envoyer des copies aux représentants diplomatiques du Pakistan dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut
encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
9 juin 2011
ACTION URGENTE
PAKISTAN. CRAINTES DE TORTURE. DEUX ÉTUDIANTS
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Après leur disparition, la famille d'Abdullah et d'Ibrahim Mohamed El Sharkawi a contacté Défense des droits humains et, par
l'intermédiaire de cette ONG pakistanaise, divers représentants de l'État pour en savoir plus sur les enlèvements présumés des
deux frères. Elle a fait une déclaration de disparition aux postes de police d'Islamabad et d'Attock.
Selon leurs proches, Abdullah et Ibrahim ne sont affiliés à aucun mouvement politique.
Abdullah, qui suit des études d'ingénieur à Islamabad, la capitale pakistanaise, a été porté disparu après avoir quitté l'auberge de
jeunesse où il réside pour aller faire des courses dans le quartier, le 25 mai vers 18 heures.
Le 27 mai, alors qu'elle participait à une conférence de presse sur la disparition d'Abdullah, sa mère a déclaré avoir reçu un
appel d'Ibrahim, qui lui a dit que des hommes affirmant appartenir à la « section spéciale de la police » étaient en train de
l'interroger ainsi que ses plus jeunes frères et sœurs, au domicile familial à Attock, ville située à 90 kilomètres au nord-ouest
d'Islamabad.
Ibrahim a disparu à Attock deux jours plus tard, après avoir quitté la maison dans la matinée pour faire quelques courses. Un
commerçant, qui a affirmé avoir été témoin de la scène, a dit que le jeune homme avait été contraint de suivre plusieurs
individus habillés en civil, qui l'avaient frappé et emmené en voiture. Il a ajouté qu'il avait vu les véhicules des agresseurs
stationnés devant le domicile familial la nuit précédente.
Les charges retenues contre Ibrahim semblent a priori dénuées de fondement pour plusieurs raisons. Le père comme la mère du
jeune homme sont pakistanais et, comme il est né au Pakistan, il a le droit de prétendre à la nationalité pakistanaise
conformément au droit interne. En outre, les personnes âgées de moins de 18 ans ne peuvent avoir leur propre carte d'identité au
Pakistan.
Malgré cela, la famille rencontre depuis plusieurs années des difficultés pour obtenir des cartes d'identité pakistanaises, car le
père était jusqu'à récemment maintenu en détention administrative en Égypte et n'était pas autorisé à se rendre au Pakistan pour
signer les documents nécessaires. La haute cour de Peshawar a statué en faveur de la famille en janvier 2010, ordonnant aux
autorités concernées de lui remettre des cartes d'identité et des passeports pakistanais. Celles-ci ne lui ont cependant pas remis
ces papiers, ce qui expose la famille à des atteintes aux droits humains.
Le père des deux frères, Mohamed Abdel Rehim El Sharkawi, et leur frère aîné, Abdel Rahman, ont tous les deux subi des actes
de torture au Pakistan avant d'être « restitués » à l'Égypte, respectivement en 1995 et 2006, où ils ont de nouveau été torturés.
Abdel Rahman avait été arrêté en 2004 par les services de renseignement pakistanais, qui l'ont maintenu en détention pendant
14 mois avant sa « restitution » à l'Égypte.
Action complémentaire sur l'AU 162/11, ASA 33/005/2011, 9 juin 2011

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