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Indonésie. Craintes accrues pour une congrégation religieuse

, N° d'index: ASA 21/031/2011

La congrégation de l'église chrétienne indonésienne de Taman Yasmin, située à Bogor (Java-Ouest) a reçu de nouvelles menaces. Un groupe radical prévoit de perturber l'office hebdomadaire qui se tiendra le dimanche 9 octobre, ce qui renforce les craintes pour la sécurité de la congrégation.

Action complémentaire sur l'AU 212/11, ASA 21/031/2011 Indonésie 5 octobre 2011
ACTION URGENTE
CRAINTES ACCRUES POUR UNE CONGRÉGATION
RELIGIEUSE
La congrégation de l'église chrétienne indonésienne de Taman Yasmin, située à Bogor (Java-
Ouest) a reçu de nouvelles menaces. Un groupe radical prévoit de perturber l'office
hebdomadaire qui se tiendra le dimanche 9 octobre, ce qui renforce les craintes pour la sécurité
de la congrégation.
Selon des sources crédibles, un grand nombre de membres d'un groupe appelé Forum de communication islamique
indonésien (FORKAMI) prévoient de se rendre à l'église chrétienne indonésienne de Taman Yasmin (également
appelée Gereja Kristen Indonesia, GKI) le dimanche 9 octobre. Leur objectif est de perturber l'office hebdomadaire
de la congrégation pour protester contre l'existence de l'église. Ces deux dernières années, la congrégation a déjà été
victime d'actes de harcèlement et de manœuvres d'intimidation orchestrées par des membres du FORKAMI, qui
espéraient ainsi les forcer à quitter les lieux. Le 2 octobre, plusieurs membres de la congrégation ont été attaqués,
malgré la présence de la police administrative municipale (Satpol PP). Le maire de Bogor aurait été présent lors des
deux dernières manifestations contre la congrégation. L'administration municipale a bouclé le trottoir devant l'église
pour empêcher la congrégation de procéder à l'office. Les membres de cette dernière craignent d'être victimes
d'actes d'intimidation et d'agressions lorsqu'ils arriveront pour le service dominical du 9 juillet, et ceux d'après.
En 2008, à la suite de pressions exercées par des groupes islamistes radicaux, le permis de construire de l'église a
été annulé par l'administration de la ville de Bogor et l'édifice a été condamné. Depuis, la congrégation dirige le
service hebdomadaire sur le parvis de l'église, ce qui, selon des riverains, trouble l'ordre public et conduit à des
mouvements de protestation menés par la population locale, qui serait soutenue par des groupes islamistes
radicaux, contre cette congrégation. Malgré une décision de justice rendue en décembre 2010 par la Cour suprême
indonésienne, ordonnant aux autorités de Bogor de rouvrir l'église, l'édifice reste condamné. Cette église a été
attaquée au moins sept fois depuis 2008.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS,
en anglais, en bahasa indonesia ou dans votre propre langue :
appelez les autorités à prendre des mesures adéquates pour assurer la sécurité des membres de la congrégation de l'église
chrétienne indonésienne de Taman Yasmin, dans le respect de leur droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ;
priez-les de mener sans délai des enquêtes indépendantes et impartiales sur tous les signalements d'actes d'intimidation, de
harcèlement et d'agressions subis par les membres de cette église, et de traduire en justice les responsables présumés dans le
respect des normes internationales d'équité des procès ;
exhortez-les à respecter la décision de la Cour suprême indonésienne et à rouvrir l'église, ainsi qu'à prendre des mesures pour
veiller à ce que toutes les minorités religieuses soient protégées et autorisées à pratiquer leur culte sans craindre d'être victimes
de manœuvres d'intimidation ni d'agressions.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 16 NOVEMBRE 2011 À :
Maire de Bogor
Diani Budiarto
Balaikota Bogor, Jl. Ir. H. Juanda No 10,
Bogor, West Java
Indonésie
Courriel : kominfo@kotabogor.go.id ou
inspektorat@kotabogor.go.id
Formule d'appel : Dear Diani Budiarto, /
Monsieur le Maire,
Chef de la police indonésienne
General Timur Pradopo
Indonesian National Police Headquarters
Jl. Trunojoyo No. 3
Jakarta Selatan
Indonésie
Fax : +62 21 722 0669
Formule d'appel : Dear General Timur
Pradopo, / Monsieur,
Copies à :
Médiateur de la République d'Indonésie
Danang Girindrawardana
Jl. HR. Rasuna Said Kav. C-19 (Gedung
Pengadilan TIPIKOR)
Jakarta Selatan, Indonésie
Fax : +62 21 5296 0908
Courriel : ombudsman@ombudsman.go.id
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Indonésie dans votre pays (adresse(s) à compléter) :
Nom(s), adresse(s), numéro de fax, courriel, formule d'appel
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
CRAINTES ACCRUES POUR UNE CONGRÉGATION
RELIGIEUSE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
L'église chrétienne indonésienne de Taman Yasmin, implantée à Bogor, dans la province de Java-Ouest, a été fermée et
condamnée en 2008 par l'administration de la ville de Bogor, après que le permis de construire de la congrégation a été annulé.
Les autorités municipales affirmaient que ce permis avait été obtenu en falsifiant les signatures des citoyens. Cependant, en
décembre 2010, la Cour suprême indonésienne a annulé cette décision et ordonné que l'église soit rouverte. Le maire de Bogor
refuse de respecter ce jugement en prétendant craindre que cela ne provoque des troubles sociaux ; il a offert à la congrégation
un bâtiment à un autre endroit pour qu'elle puisse mener ses services hebdomadaires, ce qu'elle a refusé.
Le 18 juillet 2011, le médiateur de la République, chargé de superviser les agents de l'État et les services publics, a donné
60 jours à l'administration municipale de Bogor pour se conformer à la décision de la Cour suprême. Le 18 septembre 2011, à
l'expiration du délai imparti, il aurait annoncé qu'il allait transmettre l'affaire au président indonésien, comme l'y autorise la Loi
de 2008 relative au médiateur (Loi n° 37/2008).
L'église fait l'objet d'actes d'intimidation et d'agressions perpétrés par des membres de la population locale, qui auraient été
soutenus dans le passé par des groupes islamistes radicaux. Début juillet 2011, des membres de la congrégation ont reçu une
copie d'une lettre envoyée par des habitants du village de Curug Mekar, à Bogor ; cette lettre appelait les autorités du
gouvernement local et la police à mettre fin aux services religieux et aux activités de la congrégation. La lettre, datée du 28 juin,
avertissait que la situation actuelle « invit[ait] la population et d'autres personnes à réagir d'une façon qui pourrait provoquer
d'éventuels troubles » et demandait que toutes les activités de l'église cessent avant le 3 juillet. Lorsque la congrégation a ignoré
cette requête, des dizaines de résidents se sont réunis devant l'église pour protester. La police de Bogor a déployé environ
200 agents sur les lieux pour empêcher d'éventuels débordements violents.
En Indonésie, le droit à la liberté de religion est garanti par la Constitution et le Pacte international relatif aux droits civils et
politiques (PIDCP), auquel cet État est partie. Néanmoins, Amnesty International continue de recevoir des signalements
d'agressions et d'actes d'intimidation commis à l'encontre de minorités religieuses dans ce pays, notamment les chrétiens. En
2010, au moins 30 églises ont été attaquées ou contraintes de fermer leurs portes. Certaines ont été incendiées ou dégradées
par des groupes violents. Les membres des églises sont également visés et agressés.
L'église chrétienne indonésienne de Taman Yasmin a récemment reçu le soutien de GP Ansor, un groupe associatif de jeunes
affilié à Nahdatul Ulama (NU) l'une des plus grandes organisations islamiques populaires d'Indonésie. Le 2 octobre, le groupe a
organisé un événement destiné à mobiliser les soutiens en faveur de l'église et a invité le président de la Cour constitutionnelle,
le responsable de la Commission nationale des droits humains (Komnas HAM), des personnalités politiques et d'autres groupes
islamiques à participer.
Nom : congrégation de l'Église chrétienne indonésienne de Taman Yasmin
Genre : hommes et femmes
Action complémentaire sur l'AU 212/11, ASA 21/031/2011, 5 octobre 2011

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