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États-Unis. Exécution d'une femme en Virginie. Teresa Lewis

, N° d'index: AMR 51/090/2010

Teresa Lewis, une femme dont le quotient intellectuel a été évalué comme se situant à la limite du retard mental, a été exécutée par injection létale en Virginie, aux États-Unis, le 23 septembre dans la soirée, pour le meurtre de son mari et de son beau-fils.

Informations complémentaires sur l'AU 181/10 - AMR 51/090/2010 États-Unis 24 septembre 2010
ACTION URGENTE
EXÉCUTION D'UNE FEMME EN VIRGINIE
Teresa Lewis, une femme dont le quotient intellectuel a été évalué comme se situant à la limite
du retard mental, a été exécutée par injection létale en Virginie, aux États-Unis, le 23 septembre
dans la soirée, pour le meurtre de son mari et de son beau-fils.
La Cour suprême des États-Unis a rejeté le dernier recours déposé par Teresa Lewis le 19 septembre pour obtenir un
sursis. Deux membres de la Cour, la juge Ruth Ginsburg et la juge Sonia Sotomayor ont voté en faveur d'un sursis
pour l'exécution.
Le gouverneur de la Virginie, Bob McDonnell, a refusé de gracier Teresa Lewis, le 19 septembre également. Il a
déclaré qu'à l'issue des nombreuses évaluations réalisées, aucun professionnel de la santé n'avait conclu que la
définition médicale ou légale de déficient mental pouvait s'appliquer à Teresa Lewis. La Cour suprême a statué en
2002 que l'exécution d'individus ayant fait l'objet d'un diagnostique de déficience mentale était interdite aux États-
Unis. Le gouverneur McDonnell a ajouté qu'après avoir étudié avec soin la demande de grâce, la jurisprudence
concernant cette affaire et d'autres documents pertinents, il ne voyait aucune raison de revenir sur la sentence
prononcée par le tribunal de circuit et confirmée par tous les tribunaux chargés de réexaminer le dossier. Il a conclu
par ses mots : « Je refuse donc d'intervenir et j'ai informé les avocats concernés et la famille de ma décision ». Le
gouverneur aurait reçu environ 7 300 appels à la clémence.
Teresa Lewis a été conduite dans la chambre d'exécution à 20h55 le 23 septembre. Elle a été déclarée morte à
21h13.
Matthew Shallenberger et Rodney Fuller ont abattu Julian Lewis et son fils adulte, Charles Lewis, chez eux, très tôt
le 30 octobre 2002. Le 15 mai 2003, Teresa Lewis a plaidé coupable sur le chef d'accusation de meurtre passible
de la peine capitale pour son rôle dans ces deux homicides. L'accusation a affirmé que cette femme avait attiré
Matthew Shallenberger et Rodney Fuller en ayant des relations sexuelles avec eux, en leur offrant des cadeaux et
en leur promettant de partager le montant de l'assurance vie et qu'elle les avait poussés à commettre ces
meurtres. Le juge a estimé que Teresa Lewis était « le cerveau » derrière les deux meurtres et l'a condamnée à mort.
Rodney Fuller et Matthew Shallenberger ont été condamnés à la réclusion à perpétuité.
Un psychologue a fait passer un test à Teresa Lewis avant qu'elle ne plaide coupable et a évalué son quotient
intellectuel (QI) à 72, niveau à la limite du retard mental. Des examens menés après sa condamnation ont apporté
d'autres éléments mettant en évidence ses handicaps mentaux. Un second psychologue, désigné par l'État, a évalué
le QI de cette femme à 70. Des experts médicaux ont diagnostiqué chez elle un trouble de la personnalité et une
dépendance aux analgésiques, deux problèmes dont elle souffrait déjà avant le double homicide, remettant encore
plus en cause l'idée qu'elle puisse avoir été « le cerveau » derrière ces meurtres.
Teresa Lewis est la troisième personne à être exécutée en Virginie cette année et la 39
e
dans tout le pays. Aux
ÉtatsUnis, 1 227 condamnés à mort - 1215 hommes et 12 femmes - ont été exécutés depuis la reprise des
exécutions judiciaires dans ce pays en 1977. Les autorités de Virginie ont exécuté 108 de ces condamnés.
Aucune action complémentaire n'est requise de la part des membres du Réseau Actions urgentes.
Un grand merci à tous ceux qui ont envoyé des appels.
Ceci est la première mise à jour de l'AU 181/10 (AMR 51/074/2010). Pour en savoir plus : www.amnesty.org/fr/library/info/AMR51/074/2010/fr

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