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États-Unis. Les États-Unis s'opposent à la libération d'un détenu de Guantánamo. Adnan Farhan Abdul Latif

, N° d'index: AMR 51/087/2010

Le 17 septembre, le ministère américain de la Justice a annoncé que le gouvernement fédéral ferait appel de la décision d'une cour de district ordonnant que le ressortissant yéménite Adnan Farhan Abdul Latif soit libéré de Guantánamo. Il y est détenu depuis janvier 2002.

Action complémentaire sur l'AU 125/09, AMR 51/087/2010 États-Unis 22 septembre 2010
ACTION URGENTE
LES ÉTATS-UNIS S'OPPOSENT À LA LIBÉRATION D'UN DÉTENU DE GUANTÁNAMO
Le 17 septembre, le ministère américain de la Justice a annoncé que le gouvernement fédéral
ferait appel de la décision d'une cour de district ordonnant que le ressortissant yéménite Adnan
Farhan Abdul Latif soit libéré de Guantánamo. Il y est détenu depuis janvier 2002.
Le 21 juillet, le juge Henry Kennedy, qui siège à la cour fédérale de district de Washington, a ordonné au
gouvernement américain de « prendre toutes les mesures diplomatiques nécessaires et appropriées pour faciliter la
libération immédiate » d'Adnan Farhan Abdul Latif. Estimant que le gouvernement n'avait pas su démontrer « par
des preuves suffisantes » qu'Adnan Farhan Abdul Latif faisait partie d'Al Qaïda ou d'un groupe qui y serait lié, il a
conclu que la détention de cet homme était illégale.
Adnan Farhan Abdul Latif est détenu à Guantánamo sans inculpation ni jugement depuis plus de huit ans. Amnesty
International a lancé une action urgente en sa faveur en mai 2009, après qu'il a vraisemblablement tenté de se
suicider au cours d'un entretien avec son avocat. Selon ce dernier, il avait déjà fait plusieurs tentatives de suicide, y
compris alors qu'il était détenu à l'isolement dans l'unité psychiatrique de Guantánamo. En mars 2010, Adnan
Farhan Abdul Latif a affirmé avoir été maltraité à plusieurs reprises par des membres de la Force de réaction
immédiate de Guantánamo. Il a également indiqué dans une lettre que les circonstances dans lesquelles il vivait
« [donnaient] plus envie de mourir que de vivre » et qu'il « [n'avait] plus goût à la vie, au sommeil ou au repos ».
Amnesty International demeure très inquiète pour sa santé physique et psychologique, en particulier maintenant que
le gouvernement fédéral a décidé de contester la décision du juge Kennedy ordonnant sa libération. Sa détention
illimitée par l'armée pourrait être encore prolongée.
La procédure d'appel se déroulera devant la cour d'appel de circuit du District de Columbia.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS
CI-APRÈS (en anglais ou dans votre propre langue) :
faites part de votre déception face à la décision de faire appel de l'ordre de libération d'Adnan Farhan Abdul
Latif ;
déclarez-vous préoccupé par son état de santé physique et psychologique ;
exhortez les autorités à le libérer sans délai, à moins qu'il ne soit inculpé d'une infraction dûment reconnue par
la loi et jugé par un tribunal indépendant et impartial, dans le respect des normes internationales d'équité des
procès.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 2 NOVEMBRE 2010 À :
Président des États-Unis :
Barack Obama
The White House
Office of the President
1600 Pennsylvania Avenue NW
Washington DC 20500, États-Unis
Fax : + 1 202 456 2461
Courriel : www.whitehouse.gov/contact/
Formule d'appel : Dear Mr President, /
Monsieur le Président,
Représentant par intérim du
gouvernement fédéral auprès de la Cour
suprême :
Neal Katyal
US Department of Justice
950 Pennsylvania Avenue, NW
Washington, DC 20530-0001
États-Unis
Fax : + 1 202 514 9769
Courriel : askDOJ@usdoj.gov
Formule d'appel : Dear Solicitor General,
/ Monsieur,
Copies à :
Ministre de la Justice :
The Honorable Eric H. Holder
U.S. Department of Justice
950 Pennsylvania Avenue, NW
Washington DC 20530 0001
États-Unis
Fax : + 1 202 514 4507
Courriel : askDOJ@usdoj.gov
Formule d'appel : Dear Attorney General,
/ Monsieur le Ministre,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques des États-Unis dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut
encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la cinquième mise à jour de l'AU 125/09. Pour en savoir plus :
www.amnesty.org/fr/library/info/AMR51/066/2010/fr.
22 septembre 2010
ACTION URGENTE
LES ÉTATS-UNIS S'OPPOSENT À LA LIBÉRATION D'UN DÉTENU DE GUANTÁNAMO
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Environ la moitié des personnes toujours incarcérées à Guantánamo sont des ressortissants yéménites. Le groupe de travail
chargé de mettre un terme aux détentions à Guantánamo, formé sur décret du président Obama, a approuvé le rapatriement de
36 ressortissants yéménites. Trente autres ont été désignés pour un éventuel transfert lorsque les conditions de sécurité seraient
jugées suffisantes. Pour l'instant, seuls huit Yéménites ont été rapatriés par le gouvernement américain. En décembre 2009, les
autorités américaines ont suspendu les transferts de Yéménites détenus à Guantánamo en invoquant des problèmes de sécurité.
Le 13 juillet 2010, un autre ressortissant yéménite, Mohammed Hassan Mohammed Odaini, a été rapatrié au Yémen après avoir
été libéré sur ordre d'un tribunal. Le ministère de la Justice n'avait pas fait appel de cette décision, mais des représentants du
gouvernement ont clairement indiqué que ce rapatriement devait être vu comme une exception et que la libération de cet homme
ne devait pas être considérée comme reflétant la politique générale en ce qui concerne les autres détenus yéménites ; ils ont
ajouté que la suspension des transferts vers le Yémen était toujours en application.
Amnesty International appelle depuis longtemps les États-Unis à libérer immédiatement tous les détenus de Guantánamo que les
autorités n'inculpent pas et ne défèrent pas devant un tribunal indépendant et impartial, conformément aux normes
internationales d'équité des procès. L'organisation remarque que les États-Unis n'ont jamais montré la moindre intention de
poursuivre Adnan Farhan Abdul Latif mais uniquement de le maintenir en détention illimitée sans inculpation.
Adnan Farhan Abdul Latif a demandé à son avocat de remercier Amnesty International et d'autres organisations pour leur action
en sa faveur.
Action complémentaire sur l'AU 125/09, AMR 51/087/2010, 22 septembre 2010

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