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États-Unis. Un juge fédéral suspend une exécution dans l'Oklahoma. Jeffrey Matthews

, N° d'index: AMR 51/072/2010

Jeffrey Matthews a bénéficié d'un sursis de 60 jours prononcé par un juge fédéral le 17 août, quelques heures avant le moment où il devait être exécuté. C'est la troisième fois en trois mois que son exécution est suspendue.

Informations complémentaires sur l'AU 140/10, AMR 51/072/2010 États-Unis 18 août 2010
ACTION URGENTE
UN JUGE FÉDÉRAL SUSPEND UNE EXÉCUTION DANS L'OKLAHOMA
Jeffrey Matthews a bénéficié d'un sursis de 60 jours prononcé par un juge fédéral le 17 août,
quelques heures avant le moment où il devait être exécuté. C'est la troisième fois en trois mois
que son exécution est suspendue.
Le juge fédéral de district Stephen Friot a prononcé ce sursis après que les avocats de Jeffrey Matthews ont
introduit, le 17 août, une requête d'urgence portant sur la procédure d'injection létale qui devait être utilisée pour
son exécution, prévue ce jour-là à 18 heures. Ces derniers avaient appris, lors d'un appel téléphonique d'un
substitut du procureur général de l'Oklahoma reçu la veille, que l'administration pénitentiaire n'avait pas pu se
procurer le thiopental de sodium, anesthésique utilisé selon le protocole d'injection létale de cet État. Ils ont été
informés que les autorités avaient l'intention de remplacer celui-ci par un autre médicament, le Brevital, également
appelé méthohexital, pour l'exécution de Jeffrey Matthews. Leur requête indique que cette substance n'a jamais été
utilisée par aucun État pour une exécution, et ils y qualifient la solution envisagée par les autorités de « purement et
simplement expérimentale », en soulignant que « la modification de dernière minute de leur protocole crée le risque
que M. Matthews n'endure une souffrance et une douleur conscientes qui pourraient être évitées pendant son
exécution ».
Par ailleurs, ils s'interrogent dans cette requête sur la raison pour laquelle les autorités ont attendu le dernier
moment pour les informer du changement prévu. L'administration pénitentiaire avait apparemment appris dès la mi-
juillet que la dose de thiopental de sodium destinée à l'exécution de Jeffrey Matthews était périmée. Dans sa
décision, le juge Friot conclut : « Les considérations très importantes qui imposent normalement un refus des
demandes de dernière minute comme celle-ci sont inapplicables dans le cas présent. » Le sursis prononcé doit
actuellement expirer le 16 octobre 2010. Le juge Friot a prévu une audience dans la matinée du 15 octobre.
À l'origine, Jeffrey Matthews devait être exécuté le 17 juin 2010. Le 26 mai, le Comité des grâces et des libérations
conditionnelles de l'Oklahoma a refusé, par trois voix contre deux, de lui octroyer une grâce. Début août, le directeur
de cette instance a annoncé qu'elle consacrerait une deuxième audience à son recours en grâce afin de réexaminer
sa décision.
En Oklahoma, le gouverneur ne peut pas commuer une condamnation à mort sans que le Comité des grâces et des
libérations conditionnelles le lui ait préalablement recommandé. Cependant, il a le pouvoir d'accorder des sursis
temporaires. Le 16 juin 2010, le gouverneur Brad Henry a accordé à Jeffrey Matthews un sursis jusqu'au 20 juillet.
Le 15 juillet, il a prolongé cette mesure jusqu'au 17 août. Ces deux sursis ont été prononcés afin de laisser
davantage de temps aux avocats de la défense pour faire examiner des empreintes digitales relevées sur la scène du
crime.
Jeffrey Matthews n'est relié au crime pour lequel il a été condamné en 1995 par aucune preuve matérielle
cheveux, fibres, sang, ADN, empreintes digitales ou résidus de poudre. En 2007, l'un des policiers chargés de
l'enquête a signé une déclaration sous serment indiquant qu'il estimait « qu'il exist[ait] une probabilité raisonnable
que [Jeffrey] Matthews soit innocent ».
Trente-six exécutions ont eu lieu aux États-Unis depuis le début de l'année, ce qui porte à 1 224 le nombre total de
femmes et d'hommes auxquels les autorités de ce pays ont ôté la vie depuis la reprise des exécutions judiciaires en
1977.
Aucune action complémentaire n'est requise de la part des membres du Réseau Actions urgentes. Un grand merci à tous ceux
qui ont envoyé des appels.
Ceci est la deuxième mise à jour de l'AU 140/10. Pour en savoir plus : www.amnesty.org/fr/library/info/AMR51/054/2010/fr.

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