• Campagnes

États-Unis. Première exécution dans dans l'Utah depuis 11 ans. Ronnie Lee Gardner

, N° d'index: AMR 51/052/2010

Ronnie Lee Gardner a été passé par les armes le 18 juin peu après minuit, dans l'Utah. Il s'agit de la première exécution dans cet État depuis 1999. Cet homme était dans le quartier des condamnés à mort depuis vingt-cinq ans.

Informations complémentaires sur l'AU 113/10, AMR 51/052/2010 États-Unis 18 juin 2010
ACTION URGENTE
PREMIÈRE EXÉCUTION DANS L'UTAH DEPUIS 11 ANS
Ronnie Lee Gardner a été passé par les armes le 18 juin peu après minuit, dans l'Utah. Il s'agit de la
première exécution dans cet État depuis 1999. Cet homme était dans le quartier des condamnés à mort
depuis vingt-cinq ans.
Ronnie Gardner avait été condamné à mort en 1985 pour le meurtre de Michael Burdell. Les ultimes recours portés devant les
tribunaux n'ont eu aucun effet. Le Comité des grâces et des libérations conditionnelles a annoncé le 14 juin qu'il rejetait la
demande de grâce de Ronnie Gardner. Les appels en faveur d'un sursis temporaire à l'exécution ont alors été envoyés au
gouverneur de l'Utah qui, en vertu de la Constitution de cet État, a le pouvoir de gracier des condamnés, bien qu'il ne puisse pas
commuer une condamnation à mort. Le 17 juin, le gouverneur Gary Herbert a rejeté la demande de report d'exécution. Dans une
lettre adressée aux avocats de Ronnie Gardner, il a déclaré : « Après avoir étudié attentivement ce dossier, j'estime qu'il n'y a
rien, dans les documents fournis ce matin, qui n'ait pas déjà fait l'objet d'un examen et d'une décision de la part du Comité des
grâces et des libérations conditionnelles et d'un grand nombre de juridictions. M. Gardner a pu bénéficier pleinement et de
manière équitable d'un réexamen de son dossier par de nombreux tribunaux ».
Les avocats de Ronnie Gardner étaient récemment parvenus à recueillir les déclarations de quatre jurés présents lors du premier
procès. L'une d'entre eux a affirmé que si elle avait eu connaissance des circonstances atténuantes concernant l'éducation de
Ronnie Gardner, marquée par le dénuement et la violence, et des éléments d'expertise faisant état de lésions cérébrales, qui
n'ont pas été présentés lors du procès, elle aurait peut-être voté pour une peine de réclusion à perpétuité. Elle a ajouté que, si la
réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avait été proposée à l'époque (comme elle l'est actuellement),
« l'issue aurait pu être différente ». Un autre juré de ce procès s'est montré encore plus clair : « Si j'avais eu connaissance de ces
circonstances atténuantes il y a 25 ans, j'aurais voté pour la prison à vie. » Un troisième a expliqué que si la réclusion à
perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avait existé en 1985, « c'est ce qu'[il] aurai[t] choisi ». Une quatrième
jurée, qui était à un stade avancé de sa grossesse lors du procès, a révélé : « J'ai été le dernier juré à accepter de voter pour la
peine capitale. Je me suis sentie contrainte à me prononcer en faveur de la peine de mort. À un certain moment pendant les
délibérations, je me suis enfermée dans les toilettes pour fuir la pression que je ressentais. J'ai accepté de voter pour la peine de
mort uniquement parce que je voulais rentrer chez moi. » Elle a ajouté qu'elle était favorable à la commutation de la peine
capitale prononcée contre Ronnie Gardner et a déclaré : « Si je devais voter aujourd'hui, je ne me laisserais pas influencer et je
voterais pour la perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. »
Avant d'être exécuté, Ronnie Gardner, âgé de 49 ans, a été attaché sur une chaise, une cagoule sur la tête et une cible en tissu
blanc épinglée sur le cœur. Il a ensuite été fusillé par cinq policiers dont l'identité n'a pas été dévoilée et qui s'étaient portés
volontaires. L'un des fusils était chargé à blanc mais les tireurs ignorent lequel. Le décès de Ronnie Gardner a été prononcé à
00 h 17.
Cette affaire a beaucoup intéressé les médias car Ronnie Gardner avait choisi d'être passé par les armes plutôt qu'exécuté par
injection létale. Il avait cependant confié à son avocat qu'il avait opté pour cette méthode non pas pour faire parler de lui, mais
parce qu'il préférait qu'il en soit ainsi.
Amnesty International est catégoriquement opposée à la peine de mort, en toutes circonstances et dans tous les pays, quelle que
soit la méthode d'exécution ou la nature du crime pour lequel cette peine a été prononcée. Depuis la reprise des exécutions
judiciaires aux États-Unis en 1977, les autorités de ce pays ont procédé à 1 217 exécutions, dont 29 cette année. Six ont eu
lieu dans l'Utah, dont la première effectuée aux États-Unis après la décision rendue par la Cour suprême en 1976 qui a permis la
reprise des exécutions : Gary Gilmore a été fusillé par un peloton d'exécution le 17 janvier 1977 après avoir refusé d'interjeter
appel de sa condamnation à mort. Trois des cinq hommes exécutés dans l'Utah depuis lors étaient également des « volontaires »
qui avaient renoncé à leurs voies de recours et « consenti » à leur exécution. Celle de Ronnie Gardner est la première dans l'Utah
depuis 1999, et la première exécution « non consentie » dans cet État depuis 1992.
Dans un message adressé à Amnesty International, l'un des avocats de Ronnie Gardner a écrit : « Je tiens à dire que quelques
semaines avant le week-end [du 12 et 13 juin], nous nous sommes rendus au Comité des grâces pour consulter leurs dossiers. Il
y avait une énorme pile de lettres venant des quatre coins du monde, qui demandaient au Comité de commuer la sentence de
Ronnie Lee. Nous avons appris qu'ils recevaient entre 60 et 70 lettres par jour… Merci beaucoup pour votre soutien. »
Aucune action complémentaire n'est requise de la part des membres du Réseau Actions urgentes. Un grand merci à
tous ceux qui ont envoyé des appels.
Informations complémentaires sur l'AU 113/10, AMR 51/052/2010, 18 mai 2010

Dans quelle langue voulez-vous lire le rapport ?